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17 juillet 2014

Holmes, vous avez dit Holmes ?

Après plusieurs années consécutives riches en adaptations holmesiennes de tout genre (Sherlock et Elementary pour la télévision, puis les films de Guy Ritchie pour le cinéma), il semble que la franchise Holmes ne soit pas encore tout à fait épuisée...

Tout d'abord, on trouve cette série russe, dont j'ai appris l'existence par hasard sur youtube, diffusée fin 2013-début 2014, avec Igor Petrenko (Sherlock Holmes) et Andrej Panin (John Watson) :

"Sherlock Holmes" - version russe (2013)
source : www.sshf.com
Après visionnage d'extraits de quelques épisodes, ainsi que du trailer (disponible sur youtube en russe, sous-titrés en anglais, voir liens ci-dessous), il apparaît que la série louche nettement au niveau de l'ambiance, et du style bohème de Holmes, sur les films de Ritchie et le Holmes de Robert Downey Jr. On est loin, très loin même, du personnage du canon, tiré à quatre épingles.

Reste que la série paraît assez agréable, énergique, explosive même, non dénuée d'humour, mais qu'il faut s'armer d'une bonne dose de courage pour visionner chaque épisode d'1h20 environ en langue russe... 

L'acteur interprétant Watson étant décédé il y a quelques mois, on ignore si la série sera reconduite pour une seconde saison.

Le trailer pour s'en faire une petite idée : 

















Lien vers le 1er épisode

Ensuite, on annonce pour 2015, la sortie d'un film de Bill Condon, "Mr Holmes", avec Sir Ian McKellen à l'affiche, pour interpréter le détective à un âge avancé.
Adapté d'un roman de Mitch Cullin, en voici le résumé que l'on peut trouver depuis peu sur imdb :

"The story is actually set in 1947, following a long-retired Holmes living in a Sussex village with his housekeeper and rising detective son. But then he finds himself haunted by an unsolved 50-year old case. Holmes memory isn't what it used to be, so he only remembers fragments of the case: a confrontation with an angry husband, a secret bond with his beautiful but unstable wife."


On peut évidemment se poser un nombre extraordinaire de questions sur le scénario, d'autant plus que le roman dont il est tiré est très peu connu.

Très peu de photos sont disponibles pour l'instant. On attend en tout cas avec impatience une date officielle de sortie...

01 juillet 2014

Elementary - saison 1 (CBS)


Elementary - saison 1 (CBS)

Une vingtaine d'épisodes de 45 minutes composent cette première saison d'Elementary, énième avatar de Sherlock Holmes, en version remasterisée à la sauce XXIème siècle, avec la particularité que notre cher détective se trouve cette fois flanqué d'un Watson en version féminine, pour résoudre des enquêtes sordides dans les sombres venelles new-yorkaises. 

Il me faut être honnête, je n'ai pas franchement détesté cette version sans doute parce que je m'attendais à bien pire... Johnny Lee Miller incarne un détective surdoué, ex-drogué, surveillé de près par sa marraine d'abstinence, le Dr Joan Watson, campée par Lucy Liu. Cette cohabitation forcée ne devait durer que quelques semaines, le temps pour Sherlock de reprendre sa vie en mains ; or, Joan se prend au jeu de l'étrange métier de consultant de son "patient", et une singulière complicité aidant, Joan finit par rester en devenant l'associée de Holmes. 

Bien sûr, on aurait le temps de hurler au scandale à chaque faux-pas du scénario, sur le fait que Watson soit une femme, ou sur les moeurs très légères de Holmes, mais à vrai dire, on n'en a pas réellement envie. Car, nous sommes très loin sur le fond, comme sur le forme, de Holmes, du vrai, celui qui évoluait, strict et sévère, dans les brumes du Londres victorien.

Johnny Lee Miller campe un personnage certes original, mais perpétuellement sur le fil, une sorte d'enfant capricieux et turbulent qu'il faut sans cesse surveiller ou recadrer. Lucy Liu est une sorte de catalyseur d'émotions, une grande soeur bienveillante, quoiqu'un peu monocorde. On aurait pu s'attendre à toutes sortes d'ambiguités au sein de cette cohabitation, or il n'en est rien, et c'est tant mieux. Cette série se concentre principalement sur les intrigues, qui tiennent plus des Experts que de Sherlock Holmes, un peu aussi sur l'addiction de Holmes à l'héroïne, sur ses amours malheureuses avec Irène Adler (si, si), et j'en passe. Hélas, trois fois hélas, je pense qu'Elementary, même s'il s'agit d'une série plaisante à regarder, sans trop de prises de tête, ne remplit guère sa mission. C'est une série policière, point. Quant à dire qu'il s'agit d'une série holmesienne, j'aurais plus de réserves à ce sujet... Comme on peut le craindre de manière très légitime, il était très difficile de passer après "Sherlock", version BBC : quelle originalité nouvelle pouvait être tirée d'une deuxième transposition moderne, et à si peu de temps d'intervalle... ? La série Elementary a donc quelque peu glissé dans la facilité, et ne parvient donc pas à rendre son personnage-phare aussi charismatique qu'on le voudrait...



06 novembre 2013

Sherlock - saison 3 - ENFIN !


On n'y croyait vraiment plus... Mais enfin, ça y est ! La BBC a dévoilé la première photo de promo de la saison 3 de Sherlock, annoncée pour janvier 2014. 

Très belle photo, qui n'est pas sans rappeler, manifestement l'un des tableaux les plus connus du peintre américain Edward Hopper, "Nighthawks" (1942). Hopper, c'est le peintre de la solitude et du vide presque artificiel. Magnifique inspiration pour annoncer cette saison 3, et le retour de Sherlock Holmes... !



03 novembre 2013

Le Mystère Sherlock, de J.M. Erre

Résumé de l'éditeur :

"L'éminent professeur Bobo est en quête d'un détective. Parmi les dix étudiants réunis à l'hôtel Baker Street, un seul aura l'immense honneur d'être nommé titulaire à la première chaire de Sherlock Holmes-éologie de la Sorbonne. Et quoi de mieux, pour passer ces profils à la loupe, qu'un bon crime à résoudre ? Qu'importe le cadavre, pourvu qu'on ait l'indice ! Meurtre, motif, trahison, rebondissement, suspense et humour (anglais) : "Elémentaire, mon cher Watson !"

***
Ah ! Il n'y a pas à dire, "Le Mystère Sherlock" est une sacrée expérience littéraire... ! C'est un roman fou, déjanté, iconoclaste, regorgeant d'humour noir. Il est particulièrement difficile de résumer ce roman qu'on lit, en ricanant nerveusement 99 % du temps, voire en éclatant franchement de rire toutes les cinq minutes ! Mais une chose est sûre, l'auteur connaît magnifiquement son sujet, et est probablement un holmesien plus qu'averti, ce qui n'en rend la lecture que plus jubilatoire ! Bref, que l'on soit néophyte ou non, ce roman est délicieusement disjoncté !

Un petit extrait, afin de vous donner quelques aperçus de l'humour ambiant ...

"Une tempête de neige avait commencé pile au moment du démarrage de la Volkswagen grabataire de Herr Fribourgstein, le doyen des taxis de Meiringen, prodige célébré par le rejet dans l'atmosphère de l'équivalent de la production annuelle de CO2 du Mozambique. Ensuite, le déchaînement neigeux s'était intensifié au gré des accélérations de l'épave qui devait avoir un compte à régler avec la couche d'ozone. C'était comme si mère Nature, à coups de flocons-mammouths, voulait éliminer de la surface de la Terre cette antiquité polluante, véritable crachat à la figure du développement durable. Mais les essuie-glaces mérovingiens tenaient le choc, les pneus cloutés artisanalement se gaussaient du verglas, et le taxi montait sans faillir la route menant à l'hôtel Baker Street, sous les applaudissements enthousiastes de quelques autochtones hydratés au schnaps. A l'instar de ses supporters, Herr Fribourgstein carburait à l'antigel goût prune à 46° (fait maison), seul moyen de pratiquer sans stress le patinage artistique au bord des précipices suisses dans un tacot en fin de vie."

A lire absolument !

18 juin 2013

Sherlock sur France 2 pour l'été !

Qu'on se le dise : Sherlock saison 2 sera diffusé sur France 2 cet été, à partir du 3 juillet à 20h45, suivi d'une rediffusion de la saison 1 à partir de 22h15.
On retrouvera donc le détective, brillamment incarné par Benedict Cumberbatch et son acolyte et ami le docteur Watson (Martin Freeman), dans les épisodes suivants : "Un scandale à Buckingham", "Les chiens de Baskerville", et "La chute du Reichenbach".


Préparez vous à des rebondissements lors de cette éprouvante saison 2, qui ne sont pas étrangers à la présence du machiavélique Jim Moriarty, interprétéé par le très glaçant Andrew Scott.


La saison 3, toujours en préparation Outre-Manche, est annoncée pour l'hiver 2013-2014 sur BBC One, et serait apparemment la dernière saison de la série.

07 juin 2013

Holmes (1854/+1891?) Livre III : L'ombre du doute


Après avoir entendu de troublantes révélations sur le passé de Holmes, Watson, assailli par de doutes profonds, décide de poursuivre son enquête sur les routes de France. A Pau, il découvre que son ami avait, dans sa prime jeunesse, été peintre au Grand Hôtel Vernet, en utilisant un prête-nom et logeant chez une ancienne nourrice de la famille, s'avouant orphelin.
De son côté, Wiggins poursuit ses investigations à Londres, où il fait la connaissance du docteur Parks, qui par le passé, fut étroitement lié à la famille Holmes, en particulier à la mère du détective.

Lorsqu'en France, la nourrice de Holmes subit une tentative d'assassinat, Watson se retrouve plongé dans la terreur et la confusion.

***
Voilà des mois que cette BD est sortie, et je n'ai jamais pris le temps d'en faire une critique, car elle la mérite amplement. D'autant plus que l'attente entre le tome 2 et le tome 3 fut interminable, pour ne pas dire, intenable...

Pour définir ce tome 3, je reprendrai le dernier terme du résumé : confusion. Plus cette série avance, et plus j'ai l'impression que le lecteur nage en pleine incertitude. Il est de plus en plus complexe de dérouler l'écheveau du mystère qui entoure la mort (ou la disparition) de Holmes.
Tout d'abord, ses parents, comme on l'a vu dans le second volet, ne font d'ailleurs qu'épaissir le brouillard qui nimbe l'intrigue, par des révélations dont on ne sait au juste si elles sont véritables ou non. La mère du détective, passablement étrange et froide, dont on apprend que Holmes aurait volontiers souhaité oublier l'existence, ne fait qu'ajouter au trouble ressenti par Watson et donc le lecteur. Dans le troisième tome, l'intrigue est au point mort - ou presque. On sait que tous les agissements du docteur Watson sont épiés, que ses moindres faits et gestes sont rapportés à un personnage demeurant dans l'ombre. Qui est-il ? On pense le savoir, ou est-ce une illusion destinée à égarer davantage le lecteur ? On le saura sans doute dans le tome 4...
Puis, il y a le docteur Parks, qui à Londres en apprendra sans doute beaucoup à Wiggins sur la nature de ses relations à la famille Holmes, mais aussi des ombres qui semblent planer sur cette famille pour le moins singulière.

Que cache si prudemment la famille Holmes ? Le détective aurait-il donc simuler sa mort, et pour quelles raisons, si Moriarty n'est effectivement pas celui que l'on croit ?
Inutile de dire que, décidément, le tome 4 se conclut sur plus d'énigmes qu'il n'en a résolu... 

Au-delà de l'intrigue plutôt retorse, le dessin monochrome est toujours aussi somptueux, et ne peut que susciter l'admiration. 

06 mars 2013

The theme takes shape, Watson.

Uniquement parce que j'ai visionné une nouvelle fois cette adaptation de 2003 du Chien des Baskerville, et que je ne résiste pas à poster quelques petites perles. Le Sherlock Holmes (blond !) de Richard Roxburgh est un tel condensé à la fois de froideur hautaine, de condescendance, et d'inconscience face au danger que c'en est jubilatoire. Bref, une délicieuse et terrifiante relecture du roman, qui demeure mon adaptation préférée, malgré ses défauts, et malgré qu'aucune à ce jour n'ait jamais pu retranscrire parfaitement la merveilleuse ambiance de l'oeuvre originale...
Reste que cette version donne à voir un Holmes qui se démarque assez de tout ce qui a pu être fait jusque là, (si on excepte bien entendu Benedict Cumberbatch, s'il est parfait dans son genre, n'est pas réellement un Holmes "canonique" !), très sûr de lui, absolument imbuvable, et en même temps parfois tellement "pied dans le plat" quand il s'agit des relations humaines que c'en serait presque attendrissant... 
Holmes : What do you make of it, Watson ?

Watson : It's bewildering. The change of the footprints, for example. Why should a man be walking on tiptoe ?


Holmes : Don't be an idiot, Watson. He wasn't walking on tiptoe, he was running ! Running for his life. Running until he burst his heart and fell dead upon his face. Only a man who's crazed with fear would run away from the house instead of toward's it. Whom was he waiting for ? Why was he waiting in the dark walk on a freezing night and not in his own house, the night before he was due to take his departure for London ?
The theme takes shape, Watson. It has a certain character of its own.

***



Holmes : (clears throat) To Watson : I have a box for Les Huguenots tonight.

*silence*

(continue) I thought a little dinner at Mancini's on the way

*silence*
Watson : The answer to your question is no.
Holmes : What ?
Watson : No, I don't trust you. But Mancini's would be nice.


21 novembre 2012

Dernières lectures...

The D. Case or the Truth about The Mystery of Edwin Drood, de Carlo Fruttero & Franco Lucentini.


Difficile, à vrai dire, de donner un avis circonstancié sur ce livre, aussi intéressant pouvait-il paraître de prime abord, sur ce sujet qui constitue probablement l'un de mes plus grands intérêts du moment. En quelques mots, le cadre de cet ouvrage, oscillant entre fiction et essai littéraire. Une convention "droodienne" organisée à Rome, réunit les plus grands esprits logiques de notre temps : de Sherlock Holmes à Hercule Poirot, en passant Prophiri Petrovitch, tout droit sorti de Crimes & Châtiments. Leur mission : découvrir à travers le récit, les différents indices laissés par Dickens pour parvenir à lever enfin le voile sur le mystère Drood.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, ce récit m'a passablement ennuyée... Tout d'abord, le contexte de départ, qui m'a paru assez anarchique, et ensuite la structure en elle-même, manquant de surprise et d'originalité. D'une part, le lecteur n'apprendra rien de profondément révolutionnaire sur le sujet, et d'autre part la moitié de ce volumineux ouvrage est presque entièrement consacré à y recopier l'entièreté des chapitres écrits par Dickens, dans le but de structurer une analyse progressive des éléments d'intrigue. Cela m'a semblé d'une inutilité criante, d'autant que lorsque l'on se frotte à ce genre d'ouvrages plutôt pointus, il paraît presque logique que l'on ait pris connaissance au préalable du matériau de base. Le seul réel avantage que j'y ai perçu est de m'être attardée sur un chapitre dont je n'avais à ma lecture de Dickens pas saisi la subtilité. A vrai dire, peut-être n'est-ce là qu'un effet de la relecture, et absolument pas de l'analyse qui le suit, car elle n'y apporte réellement aucun éclairage supplémentaire. Je pense à l'arrivée d'Edwin Drood à Cloisterham, chez son oncle, et à la scène où ils évoquent Rosa autour d'un repas frugal. Il est assez comique - ou inquiétant, c'est à voir - de constater avec quelle énergie John Jasper s'acharne à briser les noix qu'ils partagent tandis que son neveu parle avec légèreté de sa fiancée... On sent poindre un léger énervement chez le maître de chapelle ... ^_^
En tout cas, cela m'a permis de constater à quel point il y avait un second degré désarmant chez Dickens, qui parvient à glisser presque un aspect comique dans les instants où ils y auraient tout lieu de s'inquiéter...
Hélas, j'avoue avec honte n'avoir pas tenu la longueur, vu le peu d'intérêt général et le manque manifeste d'esprit novateur en la matière. 

A l'ombre de la Seiglière, de Michel Blondonnet

Une fois encore, j'avoue avoir abandonné ce livre en cours de route. Je m'essaye rarement à la littérature dite "de terroir", et malgré tout le bien que j'avais pu en entendre de-ci de-là, je ne suis pas parvenue à fixer mon attention sur les problèmes de famille, d'agriculture et de gestion de patrimoine rencontrés par les protagonistes.












Défi à Sherlock Holmes, de Béatrice Nicodème

Roman déniché dans le rayon jeunesse du libraire, je ne savais pas réellement à quoi m'attendre avec ce livre, aux accents immédiatement très respectueux de l'esprit original. Lorsque je repense à cette lecture, avec quelques jours de recul, la première caractéristique qui me vient à l'esprit est bel et bien la vision très académique de Holmes et de Watson présentée par l'auteur, prise dans le sens le plus noble du terme. J'ai probablement aimé ce livre jusqu'au dernier chapitre. L'intrigue est menée tambour battant, jusqu'à une conclusion finale en apothéose qui est très agréable et originale, sans pour autant dénaturer le fond. Au final, je me retrouve désappointée sur un détail, peut-être infime pour certains, mais qui m'a paru plutôt écrasant pour ma part... Détail que je ne dévoilerai pas ici, puisque le livre est nouveau, et qu'il est toujours très désagréable de découvrir des spoilers d'une manière inopinée. Cela dit, j'ai passé un excellent moment à la lecture, avec un seul et unique bémol sur les cinq dernières pages.

Phantom : the novel of his life, de Susan Kay

On pourra dire que j'aurai attendu longtemps avant d'oser entreprendre la lecture de ce livre, considéré par beaucoup d'adorateurs du personnage d'Erik, le fantôme de l'opéra, comme son honorable et géniale "biographie". Cependant, j'avais lu aussi beaucoup d'autres avis, moins enthousiastes ceux-là. Je dois dire, que malgré des premiers chapitres, lacrimaux à souhait, sur l'enfance malheureuse de ce personnage qui fendraient le coeur à n'importe qui, y compris les lecteurs les plus néophytes sur le sujet, je me range décidément plutôt du côté des déçus. Je ressors donc de la lecture de ce roman, pourtant très soigné, plutôt désabusée, voire presque avec un sentiment de trahison, qui me fait mieux comprendre les critiques les plus nuancées que l'on peut en lire. En d'autres termes, ce roman m'a presque dérangée. Erik enfant, au-delà de sa difformité physique - est effrayant. Très ou trop avancé pour son âge, il terrifie sa mère, par ses dons hors du commun. Cela dit, sans faire de la psychologie de supermarché, Susan Kay a réussi un véritable tour de force en parvenant à expliquer l'influence terrible qu'auront les  huit premières années de sa vie sur l'obsession qu'il nourrira plus tard pour Christine, et qui le conduiront d'une manière plus générale, à devenir ce personnage sans demi-mesure, qui ignorera tout de la frontière qui existe entre le bien et le mal. Doté d'une intelligence hors normes, que le reste du monde ne pourra jamais appréhender, il se développe dans son âme une sorte de dédoublement inquiétant : enfant sensible et tendre, il sera méprisé, rejeté, battu, exposé comme un monstre de foire ; il créera un monde régi par des règles qu'il aura établi, mais un monde effondré sur lui-même, asphyxiant, au bord de l'implosion permanente. Le lecteur apprend finalement des choses sur sa vie, sur sa relation aux autres, à sa mère, qu'il aurait peut-être préférer ignorer. Erik est sans conteste un personnage inquiétant, Gaston Leroux l'a suffisamment bien décrit pour qu'on en soit convaincu, cependant, il m'a laissé chez Susan Kay une impression plus sinistre et plus ambigue que son incarnation de héros tragique et frollien originelle. Rappelons simplement l'essentiel : le roman laisse un souvenir très marquant, car il est indéniablement bon. Mais au-delà de la qualité de l'écriture, de la narration, et surtout de la psychologie très aboutie des personnages, l'impression générale demeure celle d'un récit lugubre et délétère. 

09 janvier 2012

Sherlock Holmes (comic book)

Titre original : The Trial of Sherlock Holmes


Scénarisé par Leah Moore et John Reppion.
Mis en images par Aaron Campbell.
(Panini Comics - 2011)


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***
Le grand détective Sherlock Holmes est réclamé au chevet de Sir Henry, un ancien commissaire du yard à l'agonie. Ce dernier a reçu une lettre inquiétante, disant qu'il serait assassiné chez lui le lendemain à 7 heures précises. L'inspecteur Lestrade, accompagné de Holmes et du Dr Watson, se chargent de la surveillance du vieil homme jusqu'à l'heure fatidique. Quand un coup de feu retentit, alors que Holmes est demeuré seul avec Sir Henry et que l'on découvre celui-ci assassiné, tout semble accuser le détective. 
Est-il réellement le responsable de cet assassinat ? Ou s'agit-il d'une conspiration ?

***
Voilà encore une bien jolie découverte, faite dans le très surprenant rayon Comics... Car en réalité, cet ouvrage graphique n'a de comics que le nom. Il possède tous les ingrédients de la bande dessinée classique, qui est donc très "européanisée", si je puis dire.
Véritable petit bijou visuel, The Trial of Sherlock Holmes, intitulée très sobrement Sherlock Holmes en français est en réalité une excellente surprise, là où l'on pouvait s'attendre à un énième pastiche sans envergure, ni nouveauté. Le scénario est bien mené, et l'intrigue tout à fait efficace, sans être le moins du monde alambiquée. La plus belle réussite à ce niveau est sans doute le soin et le grand respect dont les auteurs ont fait preuve en abordant les personnages originaux. Certains auteurs brillants s'y sont déjà cassés les dents... Il ne s'agit sans doute pas d'une oeuvre à la hauteur du HOLMES de Cecil et Brunschwig (dont le 3ème tome se fait désespérément attendre), mais on est face à une indéniable réussite dans le divertissement, mais aussi dans l'aspect graphique très soigné. L'importance accordée aux clairs/obscurs n'est également pas pour déplaire les admirateurs du genre, avec malgré tout des couleurs de fond très lumineuses, qui empêchent de rendre le résultat final trop "dépressif".

A lire et à découvrir !

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Un 4ème de couverture qui en dit long sur le splendide contenu graphique...

10 décembre 2011

Sherlock (BBC) : serie 2

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On l'attendait de pied ferme cette nouvelle saison du brillantissime Sherlock, selon Moffat et Gatiss...  !

Le format de la première saison sera conservé, à savoir 3 épisodes de 90 minutes chacun, qui mettront toujours en scène Benedict Cumberbatch et Martin Freeman dans les rôles principaux.

Les titres des épisodes de cette seconde saison paraissent plutôt alléchants :

A Scandal in Belgravia (diffusion : 1er janvier 2012 à 20h10 sur BBC One)

The hounds of the Baskervilles (diffusion : 8 janvier 2012)

The Reichenbach falls (diffusion : 15 janvier 2012)

Ma principale préoccupation pour l'instant, est de savoir comment les deux brillants créateurs de cette série auront traité le personnage d'Irene Adler (interprétée par la troublante et vénéneuse Laura Pulver), mais surtout et essentiellement sa relation avec Holmes...
Une avant-première de A scandal in Belgravia a eu lieu à Londres le 8 décembre. Un résumé de l'évènement se trouve sur ce lien, dans lequel il n'y a aucun spoiler important.



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Sherlock (Benedict Cumberbatch) et Irene Adler (Laura Pulver)

Une autre nouvelle pour le moins excellente est la date de sortie de la saison 2 en dvd pour le 23 janvier 2012, déjà disponible en pré-commande sur amazon.co.uk !

Un petit aperçu de cette nouvelle saison (quelques secondes seulement), contenant principalement des extraits de l'épisode 2.

04 mai 2011

The further adventures of Sherlock Holmes : The Angel of the Opera, by Sam Siciliano

The Angel of the Opera

1994 - Réédition Titanbooks mars 2011
306 pages de pur bonheur.

***

1890.
Sherlock Holmes, accompagné de son ami et cousin le docteur Henry Vernier, se rend à Paris à la demande des nouveaux directeurs de l'Opéra Garnier, messieurs Richard et Moncharmin.
Des évènements étranges se produisent dans l'ombre des coulisses, tandis que des lettres de menace envoyée par un certain Fantôme se succèdent... Le célèbre détective se voit confié la délicate mission de découvrir le secret qui se cache derrière ce "spectre", qui semble faire sa loi jusque dans les profondeurs les plus insondables de l'édifice.

***

Voilà donc une nouvelle fois un pastiche holmesien qui réunit à la fois ces deux personnages de la littérature pour lesquels j'éprouve tant d'admiration. Autant dire immédiatement que je craignais de retrouver un schéma identique à celui utilisé par Nicholas Meyer dans son Sherlock Holmes et le Fantôme de l'Opéra, qui s'était contenté de reprendre la trame du roman de Gaston Leroux, sans y apporter de réelles innovations.
Bien entendu, Sam Siciliano a également greffé son récit sur celui de Leroux, à la fois d'une manière tout à fait respectueuse de l'original, tout en étant délicieusement transgressif. Je m'explique.
Tout d'abord, la principale innovation concerne Sherlock Holmes. Au-delà des apparences véhiculées par un insconscient collectif parfaitement biaisé, l'auteur le présente dans sa version la plus ambivalente possible. Le personnage est fort heureusement dispensé de ces habituelles dérives addictives, ce qui n'est pas pour me déplaire, puisque cet élément je le répète, n'est utilisée que très rarement dans le canon, et qu'il est loin de conditionné son caractère fantasque. On le présente tout d'abord comme ce modèle d'apparente froideur, de logique et d'intelligence implaccables qui sont les fondations essentielles de sa personnalité. Puis ensuite comme un être capable d'une certaine véhémence, considérée comme une extrémité à laquelle le conduit une nature très impétueuse, voire dirais-je presque passionnée. Il ferait presque figure de personnage byronnien, qui se contraint à réfréner perpétuellement sa nature profonde, pour se prémunir d'un environnement destructeur. Ame incomprise, qui se contente de vivre dans une solitude qui le préserve en quelque sorte des sentiments trop personnels. Il n'y a à vrai rien de bien incohérent dans ce postulat, puisque j'ai toujours considéré Sherlock Holmes, non pas comme un personnage romantique puisqu'il m'en paraît loin sur la forme, mais comme une nature passionnée et originale sur le fond. Il est capable d'extrémité, d'accès de très grande humanité, de réelle abnégation, qui paraissent toujours si peu en accord avec ses apparences si rigides. Alors, je crois que l'on peut réellement accepter en tant que lecteur, de voir cet aspect de sa nature se révéler dans le cadre d'un pastiche, à plus forte raison lorsque celui-ci est traité avec la plus grand des considérations.
Ensuite, ce récit se voit également privé de l'habituel Docteur Watson en tant que compagnon et narrateur, ce qui est pout sa part très surprenant. Sans doute l'auteur avait-il besoin d'originalité, mais aussi d'un autre regard, correspondant à son nouveau point de vue de narration concernant Holmes. D'où l'introduction de ce Docteur Vernier, qui malheureusement se voit souvent relégué dans le rôle du faire-valoir. Personnage très sympathique, mais néanmoins fort distrait, ne disposant que de maigres ressources logiques, il ne parvient pas vraiment à s'élever, mais je pourrais trouver comme excuse que ce n'était pas le but réel du roman.
Le volet le plus plaisant évidemment est la fusion littérale de l'univers de Holmes et de celui du Fantôme, ou plus simplement de l'univers leroussien. L'auteur réussit à les faire cohabiter merveilleusement, alors que cela n'apparaît pas si aisé. Alors que l'on pouvait reprocher à Nicholas Meyer de simplement présenter des personnages dans leur plus grande naïveté, Sam Siciliano a pris le parti de les faire paraître sous un jour nouveau, avec leur lot de qualités et de défauts. Ainsi, on retrouvera une Christine Daaé bien éloignée de son image de jeune fille candide aux grands yeux clairs... Elle demeure certes fragile, délicate, mais avec une belle résolution d'âme, qui se trouve dénuée de cette innocence enfantine qu'on lui a trop souvent prêtée. Que diable, elle est chanteuse d'opéra, et plaçant son art au-dessus de tout, elle ne dédaignera pas quelques remarques acerbes à ceux qui méprisent sa voix et sa jeunesse ! Sa nature plus impétueuse, lui fera gagner davantage l'intérêt du lecteur. Mais il se pourrait aussi qu'elle s'égare dans des choix intéressés, en y perdant un peu de sa pureté éthérée.
La transformation la plus surprenante de la trame demeurera celle du Vicomte Raoul de Chagny, qui tout en conservant ses apparences d'amoureux transis, se montre d'un monstrueux égoïsme et d'une immaturité qui a particulièrement tendance à porter sur les nerfs des protagonistes, jusque sur ceux du lecteur. Les adeptes se régaleront de cette appréciation à contre-courant du prince charmant aux sentiments désintéressés... Personnage perpétuellement indécis, animé d'une obstination et de caprices enfantins, il paraît difficile de lui accorder la moindre sympathie. Il est d'ailleurs particulièrement malaisé d'accorder au couple qu'il forme avec Christine le moindre crédit...
Mais venons-en au fantôme, à cet Erik si monstrueux, si fou et si malfaisant que nous a brossé Leroux dans son oeuvre.  Je me suis particulièrement régalée des scènes qui opposent Sherlock Holmes et Erik, auxquelles l'auteur a accordé un soin tout particulier. Il a tempéré d'une part les humeurs fantasques d'Erik et son narcissisme éclatant, par davantage de dérives mélancoliques, et forcé d'autre part l'humanisme d'un détective qui semble avoir tout perdu de son arrogance intellectuelle. A dire vrai, il n'y a pas réellement d'opposition entre les deux hommes, mais bien une sorte d'indicible similitude, qui fait se transformer la traque du monstre, par une réelle main tendue vers le gouffre de l'insondable solitude du traqué. Si cette situation n'est pas incohérente en soi, puisqu'il arrive à Holmes de soustraire certains coupables à la justice (voir par exemple le récit du Pied du Diable). Mais c'est justement à ce moment que le récit dérive, au moment même où l'auteur "lâche" la trame de Leroux.
Afin de ne pas dévoiler la fin de ce pastiche délicieux, je concluerai simplement en disant que la fin n'a pas eu pour moi la même saveur que le reste du récit. Je persiste à penser qu'il y a quelque chose d'incohérent dans cette conclusion trop heureuse. Le Fantôme fait définitivement partie des personnages voués au tragique (voir l'article de Lorinda sur son blog à ce sujet), et l'imaginer avec une fin trop convenue, ce serait l'imaginer perdre de vue son absolu, et tout l'obsessionnel qui s'y trouve lié. Ce serait donc remettre en question sa nature. Et cela, définitivement, il est difficile d'y adhérer.
Mais il demeure néanmoins un livre d'une excellente facture, très original sur son contenu, offrant une vision nouvelle des personnages originaux, sans pour autant les altérer.

23 juillet 2010

Sherlock - le trailer officiel

Le trailer de la nouvelle série SHERLOCK, disponible sur le site de la bbc et sur youtube :



N'oubliez pas, le premier épisode, c'est pour ce dimanche 25 juillet à 22h (heure France et Belgique) sur BBC One !

Sherlock rocks ! ^_^ (on Muse !)

14 juillet 2010

Sherlock - la nouvelle série BBC

Image hébergée par servimg.com

Les informations s'étaient singulièrement concrétisées depuis le mois de mars...

Après diverses remises en question de l'épisode pilote, la nouvelle série de Steven Moffat (scénariste de Dr Who) et Mark Gatiss, sera finalement diffusée dans un premier temps dans un format de 3x90', dès ce mois, a priori entre le 24 et le 30 juillet.

Le premier épisode, intitulé A Study in Pink (évidemment en référence à la première histoire du canon A Study in Scarlett), réalisé par Paul McGuigan, comptera toujours au casting, comme cela avait été annoncé au départ, Benedict Cumberbatch (Sherlock), Martin Freeman (Watson), et Rupert Graves (DI Lestrade), et Una Stubbs (Mrs Hudson).

Deux autres épisodes intitulés The Blind Banker (réal. : Euros Lyn)  et The Great Game (toujours par Paul McGuigan) suivront. Pour l'instant, on ignore la périodicité de la diffusion des épisodes suivants.

Le site Digitalspy a mis en ligne les deux premières images de la série :

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On peut consulter le dossier de presse de la série sur le site officiel de bbc drama  : BBC press pack

D'autre part, une vidéo d'extraits a été diffusée sur youtube il y a quelques jours, puis a été malheureusement supprimée pour des raisons de droits d'auteur. Je posterai le trailer dès que celui-ci aura été officialisé par la BBC.

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D'après les extraits, l'ambiance de la série promet d'être particulèrement noire et assez aseptisée, une version moderne finalement de ce que pourrait être le monde de Conan Doyle au XXIe siècle...

Les deux personnages principaux, campés par les excellents Benedict Cumberbacth (nominé pour un BAFTA pour son excellente prestation dans Small Island) et Martin Freeman (vu dans Hot Fuzz, the Office, et Love Actually), promettent de s'approcher au plus près de leur homologues originaux, avec évidemment toutes les implications modernes que l'on peut imaginer.
Le Sherlock présenté dans cette série paraît offrir une magnifique palette d'expressions purement holmesienne, avec la rigueur et l'intelligence froide qu'on lui connaît, avec une juste dose d'inconscience et d'amusement.
Le peu que j'en ai vu à travers le trailer m'a immédiatement plu. On ne demande qu'à voir... !

EDIT du 15/07 : Le premier épisode de SHERLOCK - A STUDY IN PINK, sera diffusé le dimanche 25 JUILLET à 9.00 PM (heure locale), soit 22h00 en France, Suisse et Belgique.

Une interview très intéressante de Ben. Cumberbatch est disponible sur ce site : Geeksyndicate

MORE TO COME.

30 juin 2010

Sir Arthur Conan Doyle, écrivain, médecin militaire, détective... et spirite.

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Je sors tout récemment de la lecture de La vie fantastique de Sir Arthur Conan Doyle, de John Dickson Carr, aussi l'envie d'écrire un petit article sur le créateur de Sherlock Holmes, du Professeur Challenger, ou du Brigadier Gerard, m'a immédiatement saisi...

La biographie de John Dickson Carr (que j'ai eu la chance de dénicher dans une bouquinerie dans une ancienne édition grand format, aujourd'hui introuvable), m'a un peu gênée sur certains aspects. Certes, l'holmesien convaincu connaît bon nombre de passages de la vie de cet écrivain de génie qu'était Conan Doyle, mais j'ai trouvé  plusieurs éléments d'un parti-prix assez déconcertant (voir les passages relatifs aux évènements qui ont précédé la première guerre mondiale), et c'est ce qui m'a finalement apporté quelques contrariétés et un sentiment d'incertitude quant à l'objectivité de l'auteur. Mais ce n'est pas ce livre qui m'intéresse dans ce post.

Arthur Conan Doyle (1859-1930), ce géant écossais de plus d'un mètre quatre-vingt, qui se destine tout d'abord à une carrière de médecin, après avoir réussi assez brillamment ses études à l'université d'Edimbourg, se tourne vers l'écriture... et vers la création du personnage qui le rendra célèbre dès 1887, le premier détective privé de l'histoire, j'ai nommé Sherlock Holmes.
Même si le premier volet de ce que l'on appelera plus tard 'le canon' connaît un succès plutôt moyen. C'est avec l'écriture du Signe des Quatre et des premiers récits courts que publie le Strand Magazine, que le succès lui arrive comme un électrochoc. Il n'y croit pas. Il ne peut pas croire que Sherlock Holmes puisse plaire aux lecteurs, qu'une littérature plutôt moyenne selon ses dires, puisse recontrer un tel succès, et que son éditeur lui propose de surcroît des sommes astronomiques pour continuer à en écrire... Car Conan Doyle a une véritable passion :  le roman historique. Mais les récits qu'il propose sur ce thème sont systématiquement refusés, ou ne connaissent pas le succès qu'ils méritent...
L'auteur connaît donc une période de rejet de son personnage, pourtant terriblement aimé et populaire, en vient à le détester, pensant qu'Il l'empêche d'écrire des choses meilleures, n'attendant qu'une chose : se débarasser de lui une fois pour toutes ! Après avoir déjà pensé à le tuer, il se ravise après en avoir parlé à sa mère, première adoratrice convaincue du détective, qui le sermonne comme un petit garçon, en entendant son fils évoquer une telle ignominie ! Mais il parviendra à ses fins malgré tout quelques années plus tard en le faisant sombrer - a priori définitivement - dans les chutes de Reichenbach.
Sous la pression des lecteurs, et du Strand, Conan Doyle écrit le Chien des Baskerville en 1892, et ressucite un peu plus tard le détective dans "La maison vide". Sa popilarité grandissant, l'auteur parvient à faire publier ses autres oeuvres (Micah Clarke, la Compagnie Blanche, les Réfugiés),qui connaissent finalement un succès très honorable... Sans compter les différents récits, contes et nouvelles, et les fameuses aventures du Professeur Challenger, qu'il publia entre 1912 et  1928  et qui eurent également un très grand succès.

Quand on s'aperçoit de l'étendue de son oeuvre, on a peine à s'imaginer qu'il pouvait trouver encore le temps de s'engager comme médecin militaire lors de la Guerre des Boers en Afrique du Sud, s'instaurer justicier dans le cadre d'affaires criminelles (voir la fameuse affaire George Edalji), se présenter aux élections du Parlement ou encore s'insinuer dans la politique internationale. Un homme énergique, presque hyperactif, que l'on aurait du mal à percevoir en se fiant à l'homme que l'on voit sur les  photographies de l'époque, et que l'on confondrait volontiers avec un certain Dr Watson...

Durant la guerre 14-18, Conan Doyle perd l'un de ses fils, son frère aîné Innes, et son beau-frère. Depuis quelques temps, il s'intéressait déjà au spiritisme. La perte de ses proches parents va le rapprocher plus encore de ce mouvement très en vogue mais aussi très contesté, auquel il va se dévouer corps et âme jusqu'à la fin de sa vie, s'épuisant jusqu'aux dernières semaines en conférences dans le monde entier...
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En matière de bibliographie, il est aussi très intéressant de lire "Conan Doyle Détective" de Peter Costello, ou encore le tout récent "L'homme qui était Sherlock Holmes : une biographie de Joseph Bell" d'Ely Liebow, qui s'intéresse davantage à la vie du professeur de chirurgie de Conan Doyle, mais dont une partie est consacrée au passage de l'écrivain sur les bans de l'université d'Edimbourg.

A suivre...

12 novembre 2009

Sherlock Holmes et le Club des Sports Dangereux

BD de la série "Baker Street" de Barral et Veys, Tome 2
Parue chez Delcourt

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Cette fois, Sherlock Holmes et son acolyte le Dr Watson sont sollicités par l'inspecteur Lestrade de Scotland Yard pour résoudre le meurtre étrange de l'un des membres du Club des Sports Dangereux...

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Comment résumer cet excellent tome 2 de Barral et Veys, qui enchaîne les perles satyriques, les propos désobligeants, voire iconoclastes ? Cela paraît très difficle de décrire en quelques phrases simples l'originalité, la drôlerie de cette BD, qui demeure sans doute l'un des pastiches les plus brillants et les plus intelligents que l'on ait pu faire sur le sujet holmesien.

Encore une fois, le détective paraît en totale incapacité à résoudre une enquête, le docteur Watson menace de quitter l'appartement du 221b, Mme Hudson paraît toujours énormément préoccupée par le contenu des bouteilles de whisky, et Lestrade, la tête coincée dans un casque en raison d'une allergie aux kiwis, semble déterminer à provoquer une crise cardiaque à un Holmes en pleine dépression...

Comme vous l'aurez compris, il s'agit d'une enquête loufoque (mais finalement pas tant que ça...), où l'on se regale les yeux à chaque case, où l'on rit aux larmes devant des dialogues terriblement ironiques et piquants, qui malmènent pour notre plus grand plaisir les deux personnages les plus éminents de la littérature victorienne... !

28 août 2009

Le Fantôme de Baker Street de Fabrice Bourland

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Les détectives Andrew Singleton et James Trelawney recoivent un jour une singulière visite. La dame élégante qui se présente ce matin de 1932 dans leur salon n'est autre que Lady Jean Conan Doyle, la veuve du fameux créateur de Sherlock Holmes. En mourant, son mari lui a confié un message des plus singuliers , tandis que des phénomènes étranges se trament au n°221 de Baker Street, qui semble hanté par un bien curieux pensionnaire... Pendant ce temps à Londres, d'horribles crimes, imitant les lugubres forfaits de certains personnages de la littérature victorienne, sont perpétrés avec une régularité sinistre. Singleton et Trelawney vont se retrouver plongés dans une enquête où la frontière entre la réalité et la fiction ne paraît plus si infranchissable...

***
Voilà bien un livre dont le titre et le résumé de l'éditeur m'avaient fort intriguée. Je vais tâcher de ne pas réitérer ici les arguments du très bon article de Gabriel sur le sujet... Mais mon enthousiasme en demi-teinte méritait un article sur cet ouvrage, qui sur le concept, est plutôt réussi. Difficile d'éviter les spoilers pour exprimer le fond de ma pensée, aussi veuillez m'excuser si je dévoile une partie de l'intrigue dans ce qui suit...
L'idée de ce livre est foncièrement plaisante et originale : à savoir celle qui voudrait que les personnages de romans ont une existence éthérée dont la force et la consistance varient avec l'enthousiasme que les lecteurs leur portent... Quel sentiment sublime que celui qui voudrait que ces héros n'existent plus uniquement dans l'imaginaire, mais que la force de la pensée collective leur confèrent un statut d'esprit indépendant !
C'est un concept qui laisse rêveur, et les matérialisations spirites qui sont restranscrites dans ce roman ne peuvent que donner au lecteur une délicieuse impression de voeu enfin exaucé...
Mais comme je l'ai dit, mon avis est légèrement nuancé, car même si le principe du roman et sa trame sont jubilatoires, le style l'est un peu moins. L'écriture est relativement fluide, agréable, mais manque indéniablement de maturité. Les deux personnages principaux, qui ne sont pas sans rappeler le tandem Holmes-Watson, même s'ils paraissent attachants, ne parviennent pas à être réellement pris au sérieux.
Quant à l'issue du récit, qui j'aurais imaginé en apothéose, elle m'a laissée sur ma faim.
En deux mots : la grandeur de l'idée et le style du récit ne coïncident pas suffisamment pour que ce livre soit un grand livre.
Reste une histoire originale, décalée et charmante que je conseille à tous les amoureux de la littérature victorienne et de Sherlock Holmes.

30 juin 2009

La Solution à 7%, de Nicholas Meyer

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Depuis son mariage avec Mary Morstan, le Dr Watson n'a guère l'occasion de voir très souvent son ami, Sherlock Holmes. Un soir, ce dernier s'invite dans son cabinet, et se dit poursuivit par son ennemi héréditaire, le professeur Moriarty. Mais l'agitation de Holmes, ses propos incohérents, font redouter le pire à Watson : le détective s'est drogué au-delà de toute mesure. Son addiction a atteint un stade irréversible, et désormais c'est sa vie qui semble en danger.
Avec le concours de Mycroft, Watson décide d'emmener son ami se faire soigner à Vienne, par un éminent spécialiste - et le seul à ce jour - du traitement de la toxicomanie, le Dr Sigmund Freud.


***


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J'ai pris connaissance de ce livre de Nicholas Meyer, grâce aux conseils de Gabriel, qui avait publié sur son blog une excellent article sur l'adaptation qui en a été faite en 1976.
Ce film splendide, était non seulement servi par une pleiade d'acteurs géniaux (Robert Duvall, Charles Gray, Alan Arkin, Laurence Olivier et le fabuleux Nichol Williamson), mais également bénéficiait d'un scénario très original, efficace et qui mettait en lumière une facette peu connue et pas très honorable de Sherlock Holmes.


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La première moitié du roman est en tout point semblable au film qui en a été tiré. Ensuite, l'intrigue s'en écarte assez fortement, puisque qu'à l'origine le personnage interprété par Vanessa Redgrave n'existe pas sous cette forme dans le roman, et je vais presque dire que c'est tant mieux. Même si l'intrigue a une grande place dans ce récit, elle n'est finalement qu'un prétexte pour présenter Holmes sous un nouveau jour, en l'humanisant d'une façon quasiment brutale au lecteur. L'auteur y présente son héros (et celui de Conan Doyle) particulièrement affaibli, ayant beaucoup perdu de sa superbe. Pour un holmesien, c'est un principe plutôt difficile à accepter, mais Nicholas Meyer y parvient avec brio, car le personnage est toujours traité avec le plus grand des respects.


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C'est un livre hautement intéressant pour les éclaircissements qu'il propose sur les défauts de Holmes, son caractère excessif, à la fois mélancolique, solitaire ou exhubérant. Je ne suis pas foncièrement partisante de cette théorie, mais j'en ai lu les détails avec un plaisir non faint.
Sans compter que le roman alterne toujours avec finesse la tristesse ou l'humour, les scènes de réflexion, d'action, qu'elles soient cocasses ou dramatiques.
Le roman est à mon sens encore meilleur que le film, qui est pourtant une très belle réussite.
Avis à tous les holmesiens ! (et même aux autres... ^_^)

24 juin 2009

Le secret de l'éventail - T4 des enquêtes d'Enola Holmes

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Résumé et Avis

Cela fait 10 mois qu'Enola vit seule au coeur de Londres sous l'identité d'Ivy Meshle, se cachant toujours de ses deux frères, qui semblent décider plus que jamais (en tout cas, c'est le cas de Mycroft), à lui faire réintégrer le droit chemin...
Ce tome est tout à fait sublime. D'une part, Enola grandit, c'est indéniable. Le propos est plus mature, plus résolu. La jeune fille a trouvé sa voie et son rythme de vie, et est décidée plus que jamais à conserver son indépendance. Elle est cette fois chargée de retrouver Lady Cecily, qu'elle avait déjà sauvée des griffes d'un mesmériste mal intentionné dans le tome 2. Mais cette fois, Enola n'est plus seule sur l'enquête : son frère Sherlock Holmes a été engagé également pour retrouver la jeune lady. Bon gré, mal gré, ils vont unir leurs efforts pour découvrir où se cache Cecily.
La grande présence du personnage de Sherlock Holmes est sans doute responsable de ma grande affection pour ce tome. Comme toujours, l'auteur respecte à la lettre les personnages créés par Conan Doyle... même si on reste loin de l'image froide que Holmes peut offrir au commun des mortels... une fois que sa soeur se trouve face à lui, le bloc de glace fond comme neige au soleil, mais pas dans un sens péjoratif, ou désespérément banal, comme le suggérerait un étalage de scènes dégoulinantes de bons sentiments. Il n'est absolument pas questions de cela, car le traitement de leurs sentiments respectifs est bien plus subtil. Enola et son frère sont très similaires, et cet état de fait devient de plus en plus manifeste au fil des romans de Nancy Springer. L'admiration à sens unique de la jeune fille des tomes 1 à 3, est à présent payée de retour ... Les scènes entre eux sont tout à fait jubilatoires et en même temps pleine de retenue. Ce jeu d'écriture est la plus belle réussite de ce roman, pour ne pas dire de la saga. Le jeu du chat et de la souris entre Enola et ses frères n'a plus vraiment la même dimension qu'autrefois, et au-delà des enquêtes menées, toujours aussi subtiles et intelligentes (et cette fois peut-être légèrement plus rationnelle), on a hâte de voir les relations fraternelles évoluer aussi brillamment au cours des tomes à venir !

16 juin 2009

Murdoch Mysteries (Les enquêtes de Murdoch)

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Série anglo-canadienne de 2008, avec Yannick Bisson (Insp. William Murdoch), Helene Joy (Dr Julia Ogden), Thomas Craig (Insp. Brackenreid), Jonny Harris (Constable George Crabtree).

Diffusion en cours : Saison 1 sur France 3 tous les dimanches à 20h35 (13 épisodes - ordre de diffusion ???)

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Murdoch Myseries comporte tous les ingrédients pour en faire une série policière efficace et intelligente. Sans être novatrice, la série explore les balbutiements de la police scientifique et de la médecine légale des années 1890.

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Elle ne peut évidemment niée sa parenté à Sherlock Holmes, dont elle s'inspire sans s'en cacher, puisque le personnage de Conan Doyle figure en effet dans l'un des épisodes de cette première saison.

Le personnage principal, William Murdoch, est un brillant inspecteur de la police de Toronto, qui fait preuve d'un esprit logique et de méthodes d'avant-garde, provoquant l'admiration de ses agents, et l'agacement non dissimulé de ses supérieurs... Tout en étant doté d'un charisme très holmesien, William Murdoch en demeure pourtant l'anti-thèse. Personnage sobre, mesuré, bienveillant, avec une bonne dose de sentimentalisme, il dissimule néanmois certaines parts d'ombre, que l'on découvre avec intérêt au fil des épisodes. L'impassibilité de surface et l'apparente froideur mécanique de sa façon d'être dissimulent, a priori, bon nombre de souffrances anciennes... Son personnage s'étoffe, grandit, au fil des épisodes et des enquêtes, pour notre plus grand bonheur.

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Les personnages secondaires sont réussis pour la plupart, de la médecin légiste sûre d'elle, à l'inspecteur Branckereid, haut en couleur pour sa part, aux méthodes plutôt musclées, jusqu'au constable Crabtree, effacé mais efficace.

On peut reprocher à la série une qualité de cadrage plutôt aléatoire, mais globalement le tout reste fort agréable à regarder, et les enquêtes demeurent profondément intéressantes, et leur résolution toujours tangibles.

Une série qui plaira aux inconditionnels de Sherlock Holmes, d'enquêtes policières et de l'ère victorienne.

Prochaine diffusion dimanche 21 juin à 20h35.

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06 mars 2009

Holmes (1854/+1891?) : Les liens du sang

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Résumé

Le docteur Watson, accompagné du jeune Wiggins, poursuit son enquête sur la disparition mystérieuse de son ami, Sherlock Holmes. Il se rend donc dans le domaine familial, afin de parler à ses parents, Siger et Violet Holmes. Il y découvre le père, devenu dément, mais traversé d'étranges éclairs de lucidité, et la mère, personne froide et secrète, qui tente visiblement d'appuyer la thèse de la folie de son fils et des délires paranoïaques qui l'auraient conduit inévitablement à la mort...

Mon avis

Encore des dessins splendides, rehaussés d'aquarelle monochrome, qui imposent d'emblée une ambiance trouble mais délicieusement victorienne... On peut être dérouté par la couverture, très étrange (pas celle que j'ai postée dans cet article, qui est celle du broché coffret Futuropolis), mais ne vous y fiez pas car la beauté du dessin est égale à celle du tome 1...

Dans ce tome, les auteurs développent exclusivement les parents de Sherlock Holmes, où l'on découvre un père autrefois intraitable et plutôt fantasque, ayant perdu l'esprit, et une mère monument de froideur, et que l'on sent pratiquement à la limite de la schizophrénie... Le ton de mystère qui entoure ce tome est assez troublant. Si certains indices plutôt flous sont lâchés en cours de récit, le lecteur navigue dans l'obscurité, et ne sait pas trop où il va... Les éléments sont contradictoires, approximatifs, et il en résulte une enquête totalement au point mort, avec une impression d'incertude complète sur le contenu du tome 3.

Cet ouvrage est réussi, certes, mais manque cruellement de "cliffhanger"...
Et le lecteur assidu ne peut que déplorer l'absence quasi totale d'apparitions de Holmes (comme c'est le cas dans le tome 1, en flashbacks dans l'esprit de Watson... Scènes d'ailleurs du plus bel effet, dans des tons clairs/obscurs devant lesquels on pourrait rester en admiration durant des heures)... Une belle oeuvre, mais qui malheureusement, laisse une impression d'approximation plutôt frustrante...



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