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24 janvier 2021

Séance de rattrapage en films et en séries

Après un long moment sans avoir pu bénéficier d'une minute pour réaliser quelques visionnages intéressants, les vacances d'hiver m'ont permis de faire une bonne séance de rattrapage, et diminuer un tant soit peu ma pile de films/séries à voir... 


The Abominable Dr Phibes (1971)
Réalisation : Robert Fuest
Avec Vincent Price, Joseph Cotten, Virginia North, Terry-Thomas, Peter Jeffrey,...

Brisé par la mort de son épouse sur une table d'opération plusieurs années auparavant, Anton Phibes, docteur en théologie et éminent organiste, orchestre une vengeance abominable sur les neuf médecins et infirmière, qu'il tient pour responsable du drame : chacun d'entre eux mourra suivant l'une des dix plaies d'Egypte décrits dans la Torah...

Voilà bien longtemps que je devais voir ce film de Robert Fuest, passé au véritable statut de mythe du cinéma d'horreur, dans la directe lignée des films de la Hammer. En tête d'affiche, un Vincent Price absolument effroyable en génie assoiffé de vengeance, défiguré par un horrible accident qui n'a pas laissé sa raison indemne... L'abominable Dr Phibes est un film dont la trame s'inspire à plus d'un titre du Fantôme de l'Opéra, ou des grandes figures du cinéma d'horreur de cette époque, dans lequel on reconnaît volontiers, dans les visuels outranciers, la patte de la Hammer. Alors certes, c'est un véritable festival de sang synthétique, peut-être un chouia excessif, mais dont le scénario est vraiment intéressant, et le personnage principal tout à fait digne d'intérêt. Vincent Price, avec son regard terrifiant, ses poses énigmatiques, ses sourires malveillants, est l'atout principal de ce film, sans compter quelques belles trouvailles au niveau du ressort de l'histoire, qui font que l'on ne s'ennuie pas une seconde. Sans compter, quelques perles humoristiques glissées ça et là, qui ont l'art de détendre magnifiquement l'atmosphère en quelques phrases bien senties. Alors certes, le film accuse sans doute un peu son âge, mais je n'ai malgré tout pas boudé mon plaisir. Il est à noter que le film a également bénéficié d'une suite "The Return of the Abominable Dr Phibes", toujours à voir... A suivre...





The Entertainer (1960)
Réalisation : Tony Richardson, d'après la pièce de John Osborne
Avec Laurence Olivier, Joan Plowright, Albert Finney, Alan Bates,...

Archie Rice est un artiste de cabaret, dont les spectacles passés de mode n'intéressent plus grand monde. Seulement, au grand désespoir de sa famille, ce dernier persiste à monter sur scène, malgré la banqueroute... 

The Entertainer (en français, Le Cabotin), est un film résolument dépressif, dont le personnage principal campé par Laurence Olivier se révèle être profondément détestable. Archie Rice est un artiste raté, égoïste monstrueux,  qui en raison de pitoyables désirs de grandeur, entraîne toute sa famille vers le fond. A vrai dire, de la première à la dernière image, on ne peut s'empêcher de le trouver méprisable, tant il s'ingénie à tout faire de travers, sans qu'il puisse presque s'en empêcher. Laurence Olivier, très loin ici de ses rôles flamboyants, excelle pourtant à se faire détester dans ce rôle de salaud pathétique, personnage central de ce film d'auteur tout en monochrome, qui offre aussi une très belle réflexion sur le métier d'artiste et ses cruels revers. Ci-dessous, un extrait emblématique, où l'acteur, dans une scène qui l'oppose à Joan Plowright (Mme Olivier à la ville, mais campant ici la fille d'Archie Rice), partage avec dépit sa vision du métier... 


Svengali (1983) 
Réalisation : Anthony Harvey, d'après le roman "Trilby" de George du Maurier
Avec Peter O'Toole, Jodie Foster, Elizabeth Ashley, Larry Joshua, Pamela Blair...

Zoe est une jeune chanteuse au talent prometteur. Dans le but de lui faire signer un contrat avec une maison de disques, on lui impose de suivre des cours de chant auprès d'Anton Bosnyak, un intraitable professeur de musique, dont elle va très rapidement tomber amoureuse.

C'est grâce au tout récent visionnage de l'excellent Svengali de 1931 avec John Barrymore, que je me suis intéressée à cette adaptation du roman de George du Maurier, transposée dans un contexte moderne. Avant de me lancer dans le visionnage de cette version comportant un alléchant casting, j'avais lu quelques excellentes critiques qui m'avaient mise en confiance. A dire vrai, même si je n'ai pas détesté ce film d'Anthony Harvey, je ne l'ai pas franchement adoré non plus. J'ai trouvé le scénario un peu trop convenu, et certainement beaucoup trop adouci, lorgnant clairement du côté de la romance, pour qu'il puisse me convaincre tout à fait. Pour tout dire, cette adaptation n'a qu'un très lointain rapport avec l'histoire d'origine, puisqu'il n'y est pas question d'hypnose, ni de manipulation quelconque de la part du personnage campé par Peter O'Toole. Il s'agit plutôt d'une histoire d'amour un peu compliquée entre un professeur de musique au caractère épouvantable et sa jeune élève dans laquelle il croit déceler un talent extraordinaire. Ce qui n'est vraiment pas une évidence à l'écoute, car si Jodie Foster chante juste, elle ne chante pourtant pas très bien, et franchement, j'ai eu toutes les peines du monde à croire en l'histoire qui se déroule dans le film... Sur le papier, la romance pouvait se révéler intéressante, mais cela ne fonctionne pas du tout. Les acteurs ont plutôt l'air de se demander ce qu'ils font dans cette galère... L'élément qui rappelle un tant soit peu les psychologies des personnages d'origine, outre le fait qu'il est parfois question des personnages de Svengali et de Trilby créés par du Maurier, est que Zoe se retrouve dans l'incapacité de monter sur scène ou même de chanter si son mentor n'est pas dans la salle. Les scénaristes ont vraiment choisi de faire passer à la trappe tout l'aspect lugubre des manipulations de l'histoire originale, en choisissant d'affadir le propos et le contexte, qui perdent vraiment tout leur intérêt. Décidément, rien ne vaudra jamais l'adaptation emblématique d'Archie Mayo...



His Dark Materials - saison 2 (2020) 
D'après la trilogie de Philip Pullman 
Avec Dafne Keen (Lyra), Amir Wilson (Will), Ruth Wilson (Mrs Coulter), Lin-Manuel Miranda (Lee Scoresby), Andrew Scott (Jopari), Ariyon Bakare (Lord Boreal), James McAvoy (Lord Asriel),...

Après avoir créé une "déchirure" entre les mondes, Lord Asriel disparaît, suivi par Lyra. La jeune fille se retrouve à Cittàgazze, une ville inconnue, désertée par tous les adultes, qui en ont été chassés par des Spectres "mangeurs d'âmes". Elle y fait la rencontre de Will Parry, une jeune homme, qui semble comme elle, issu d'un autre monde... 

J'avais beaucoup aimé la saison 1 de cette série diffusée par la BBC durant l'automne 2019, et issue du premier volet de la trilogie de  Philip Pullman, "Les Royaumes du Nord". A tel point d'ailleurs que j'avais entamé peu après la lecture des romans, dont je n'avais lu que le premier tome. Cette saison 2 correspond quant à elle, de manière très logique au très beau second volet de Pullman, "La Tour des Anges". Cette série est infiniment respectueuse du roman, et retranscrit avec brio le magnifique récit de Pullman, et les réflexions profondes vers lesquelles celui-ci nous mène à travers les aventures de Lyra et de Will par-delà les mondes... Les interprétations sont extraordinaires, des plus jeunes interprètes, extrêmement attachants, à Lin-Manuel Miranda, campant le personnage de Lee Scoresby, touchant au-delà du possible, à Airyon Bakare, dans la peau d'un Lord Boreal pour le moins glaçant. Et que dire de l'instable et terrifiante Mrs Coulter de Ruth Wilson, débordant d'un charisme magnifique...  J'attendais également avec beaucoup d'impatience le personnage de Mary Malone, scientifique de notre Oxford moderne, qui parvient, grâce à Lyra, à faire parler "la matière noire" qu'elle étudie dans son laboratoire de physique. Les interprétations, le scénario et les images sont soignés et retranscrivent merveilleusement la foison de concepts philosophiques ainsi que la profondeur du drame développés par Pullman, au-delà même des mésaventures vécues par ses héros. Autant dire que j'attends avec impatience la saison 3, issue du dernier volet de la trilogie, "Le Miroir d'Ambre". A suivre... !




The Ancient Magus Bride (2017-2018)
Anime de Norihiro Naganuma
D'après le manga shônen de Kore Yamazaki (titre japonais : Mahou Tsukai no Yome)

Chise Hatori, une jeune fille de 16 ans, est vendue aux enchères au puissant sorcier Elias Ainsworth, qui souhaite en faire son apprentie. Achetée pour une somme faramineuse, la jeune fille ignore alors qu'elle est une "slay vega", un être humain capable d'attirer à lui la magie en grande quantité, sans pouvoir la maîtriser. 

Cela faisait quelques temps que mon attention avait été attirée par ce shônen de Kore Yamazaki, et en particulier par l'anime qui semble avoir rencontré un énorme succès au Japon, tout comme en Europe. J'ai donc décidé de m'y mettre, et une fois la série entamée, je n'ai pas pu m'arrêter : j'ai visionné les 24 épisodes en à peine deux jours... C'est dire si je me suis fait "happée" par ce conte fantastique pour le moins ambigu, au centre duquel évolue une jeune japonaise orpheline et mal-aimée, apprentie d'un puissant sorcier millénaire ... Alors oui, cette série est addictive, parce qu'elle est tout à bord visuellement très belle, et observe quelques similitudes avec des oeuvres de Miyazaki. Ensuite, en dépit de son rythme très lent, il faut avouer que son contexte en est assez équivoque. Tout d'abord en raison de son rapport à la mort et au sacrifice, en quelque sorte glorifiée dans cet anime (mais j'ai l'impression qu'il s'agit là d'un point commun à beaucoup de mangas). Ensuite, sous couvert de romance, il y a un bon lot de scènes plutôt dérangeantes, car il est clair que le sorcier Elias, dont on pense qu'il est plutôt du côté de la lumière que de l'ombre (quoique ce point ne soit pas tout à fait certain) n'en observe pas moins un comportement tout à fait abusif. Ce manga, comme beaucoup de ce genre, possède son lot d'ambivalences, qui laissent planer un énorme doute sur l'équilibre supposé de ce duo très improbable. Elias n'est pas humain et n'en appréhende guère les sentiments, il ne définit d'ailleurs pas les modifications qui s'opèrent en lui depuis l'arrivée de Chise, petite chose fragile et délicate, en mal d'affection. Il agit selon ses propres intérêts, et se comporte de manière relativement borderline la plupart du temps. Son instinct protecteur frôle la pathologie, et sa jalousie, qu'il n'appréhende pas, se révèle plutôt malvenue. Les réactions qui s'ensuivent sont assez inquiétantes, pour ne pas dire franchement déplacées. Malgré un tempérament d'apparence tantôt placide, tantôt léger, le personnage intrigue par ses revirements assez glauques, que l'héroïne subit avec une relative sérénité. 
Cependant, Chise, d'abord passive et éteinte, évolue magnifiquement durant la seconde partie de la série, quoique le personnage se révèle au final assez fataliste. Inutile de dire que le contexte m'a suffisamment intriguée pour que je m'intéresse dans la foulée au manga papier... Il est à noter que cette série de 24 épisodes sera suive d'une nouvelle saison, probablement d'ici début 2022.


07 janvier 2020

Bilan des derniers visionnages : un marathon de séries !

A l'image du dernier bilan lectures, cela fait un certain moment que je ne me suis pas attelée à une rétrospective visionnages...  Et je ne parlerai ici que des séries qui me sont passées sont les yeux ces derniers mois, et pour certaines, il y a un petit moment déjà... Je vous ferai grâce de celles que j'ai commencé sans jamais les terminer (Carnival's Row, Z, American Gods,...), ou celles dont je ne me souviens pas suffisamment pour en parler dans ces pages... :p Je ne me concentrerai donc que sur celles qui ont retenu toute mon attention... 

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Lucifer, saison 4 
(Netflix) - 2019

J'avoue, je suis la série Lucifer depuis le tout début. Cette série à cheval entre l'intrigue policière et un contexte fantastique, commençait vraiment à s'essouffler au bout de ses 3 premières saisons, la dernière en date, produite par la Fox, et comptant plus de vingt épisodes, ayant une conclusion pour le moins ratée. Lorsque Netflix a repris la production d'une saison 4, avec 10 épisodes seulement, j'avoue avoir eu un peu peur, mais j'ai été agréablement surprise : les scénaristes ont enfin compris que ce qui intéressait réellement les téléspectateurs étaient non pas les intrigues policières, mais l'aspect fantastique de la série, et les interactions tellement jubilatoires des deux personnages principaux, le détective Chloe Decker (Lauren German), qui en pince pour un propriétaire de boîte de nuit toujours collé à ses basques, Lucifer Morningstar, qui n'est autre que le Diable en personne, échappé de ses Enfers où il s'ennuie... La saison 4 éclipse un peu les enquêtes policières et lorgne donc clairement sur le fantastique et le statut de diable de Lucifer (campé par le charmant et cabotin Tom Ellis), aux prises avec son amour pour Chloe et son rôle de maître des Enfers.... Une très jolie saison, qui s'est fort bien rattrapée des manquements précédents, et qui en annonce une cinquième (et ultime), à venir en 2020.
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Good Omens 
(Amazon Prime video / BBC) -2019

J'ai regardé cette série l'été dernier, mon visionnage n'est donc plus très "frais" dans mon esprit, mais je trouvais proprement honteux de ne pas en parler dans cet article. Parce que cette mini-série de 6 épisodes est tout juste irrésistible ! Adaptée d'un roman à quatre mains, de Neil Gaiman et Terry Pratchett ("De bons présages", en français), cette série loufoque retrace les tentatives plutôt foireuses de l'ange Aziraphale (Michael Sheen méconnaissable teint en blond...), et du démon Crowley (inénarrable David Tennant) pour élever correctement l'Antéchrist, et éviter ainsi la fin du monde... Cette série complètement folle, surprenante et  intelligente, qui joue habilement avec les clichés religieux est une véritable perle : le duo improbable formé par l'ange blond, libraire et amateur de bonne chère, et le démon fan de Queen, pilote d'une antique Bentley, et ne terrorisant rien d'autre que ses plantes vertes, est absolument irrésistible. On notera aussi la prestation remarquable et plus effrayante qu'elle n'y paraîtrait, de John Ham (le Don Draper de Mad Men) dans le rôle de l'Archange Gabriel, qui derrière son sourire carnassier, se voit doter d'un bon nombre de répliques et de scènes savoureuses. 

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The War of the Worlds
(BBC) - 2019


Cela faisait un long moment que j'attendais cette adaptation du roman de H.G. Wells, réalisée pour la BBC, avec Elinor Tomlinson (Poldark), Rafe Spall, Robert Carlyle et Ruppert Graves (Sherlock). Les adaptations du roman ont rarement été transposées dans un cadre contemporain au récit original, c'est-à-dire, aux alentours des années 1900, et c'est justement cet aspect qui m'interpellait dans cette toute récente version, déclinée en une mini-série de 3 épisodes, récemment diffusée sur TF1, quelques semaines après sa première diffusion sur BBC One. Entre des effets spéciaux tout à fait convaincants et un scénario très soigné, quoique revu par rapport au texte d'origine, j'ai absolument adoré cette mini-série crépusculaire, où quelques scènes m'ont tout de même glacé le sang et sont parvenues à me mettre tout à fait mal à l'aise... Le pari est donc réussi avec cette narration inattendue, et sa conclusion aussi, pas du tout convenue, qui vous laisse comme un profond goût d'amertume. Une très belle réalisation donc encore pour la BBC, qui semble renouer ces derniers temps, de manière très heureuse, avec les grands "dramas" dont elle a le secret.

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The Man in the High Castle, saison 4 (finale)
(Amazon Prime Video) - 2019

Je l'attendais également de pied ferme, cette quatrième et ultime saison de The Man in the High Castle, inspirée du roman de Philip K. Dick, dont j'ai déjà chroniqué les trois premières saisons ici. Comme les images promotionnelles le laissaient présager, ce 4e volet se centre principalement sur le personnage de l'Obergruppenführer John Smith, devenu Reichmarshall (soit le plus haut grade de l'armée nazie), après bien des retournements de situations et de nombreuses manoeuvres obscures. Et je vais dire tant mieux, car le personnage, campé par Rufus Sewell, est certainement le plus intéressant de la série, avec le terrible inspecteur japonais Kido (Joel de la Fuente). Les personnages secondaires (et très énervants) ont disparu pour donner plus de corps à ceux qui le méritaient, et à qui les scénaristes ont permis une très belle conclusion. La série, au contexte toujours aussi obscur, est une véritable merveille, quoique sa narration ne soit pas toujours simple à suivre. Elle est cependant un bonheur à regarder pour la tension qu'elle instille et les magnifiques portraits de personnages qu'elle présente. La série a en tout cas réservé une conclusion très réussie à ses grands figures d'antagonistes.

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A Christmas Carol
(BBC) - 2019

Diffusée de manière assez logique aux alentours de Noël sur BBC One, cette nouvelle adaptation du classique de Dickens, se présente une nouvelle fois sous la forme d'une mini-série de 3 épisodes. Je n'ai pas lu le roman original, et n'aurai donc pas la prétention de dire si elle lui est fidèle ou non. Je peux simplement assurer que j'ai été vraiment impressionnée par cette série à l'ambiance définitivement gothique, et qui a su, à mon humble avis, donner une nouvelle dimension à cette histoire, que l'on a volontiers qualifiée - sans doute à tort - de conte pour enfants. A dire vrai, l'histoire de la "rédemption" de Scrooge est tout sauf lumineuse, même si à l'instar de toutes les histoires de Dickens, elle se termine relativement bien. L'oncle Scrooge est campé ici par Guy Pearce, qui n'est donc pas, au contraire de précédents interprètes du personnage, un vieil homme acariâtre et repoussant. Il s'agit plutôt d'un homme dans la force de l'âge, désabusé plus qu'autre chose, et qui l'est devenu à la suite de violences de tous ordres subies dans son enfance, et dont la logique conséquence est un manque de foi criant en une potentielle bonté de la nature humaine. Ce qui n'enlève en rien l'aspect détestable de sa conduite... Cependant, l'histoire des trois esprits de Noël qui se présentent consécutivement à lui pour tenter de tempérer la nature de son âme, ou simplement de la racheter, m'a parfois fait froid dans le dos. L'atmosphère de la série est très noire, et a donc le don de refaçonner le personnage de Scrooge avec un regard neuf, sans doute plus moderne, qui n'est pas pour déplaire. Une excellente découverte de la fin de l'année 2019 ! Mais il est à noter qu'aucune sortie DVD n'est prévue pour l'instant, ce qui est fort dommage. 

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His Dark Materials, saison 1
(BBC) - 2019

Je ne pouvais vraiment pas passer outre cette adaptation des romans de Philip Pullman, qui sont devenus une véritable référence littéraire et culturelle outre-manche, où elle a connu un très grand succès, à l'instar du Harry Potter de J.K Rowling. J'ai lu il y a quelques années le premier tome de la trilogie, "Les royaumes du nord", et cette toute récente version de la BBC, dont cette première saison correspond, me semble-t-il, à ce premier tome, m'a paru pour le moins fidèle au matériau de base. Je n'ai donc découvert l'histoire de la jeune Lyra et de ses aventures dans les contrées hostiles du Nord qu'à l'âge adulte, ce que je regrette un peu aujourd'hui, car j'ai l'impression d'avoir manqué quelque chose d'essentiel ! Cette toute nouvelle série est beaucoup plus noire et dure que le film réalisé en 2007, intitulé "La boussole d'or", avec Nicole Kidman et Daniel Craig, qui pour sa part n'a jamais connu de suite, et était visiblement passé à côté de son sujet. Les torts sont donc réparés de manière assez magistrale dans cette récente adaptation en 8 épisodes, avec au casting Dafne Keen (Lyra Belacqua), James McAvoy (Lord Asriel), Ruth Wilson (Mrs Coulter) et Lin-Manuel Miranda (Lee Scoresby), pour ne citer que les têtes d'affiche. La réalisation est pointue, les effets spéciaux tout à fait honorables, et le scénario vraiment très addictif. J'ai tout particulièrement apprécié la Lyra de Dafne Keen, forte tête mais bon coeur, et la remarquable Mrs Coulter de Ruth Wilson, littéralement terrifiante, et au charisme indéniable... Quant au Lord Asriel de James McAvoy, que l'on voit finalement assez peu dans cette première saison, il m'a paru très "brut de décoffrage", et inquiétant au possible. La deuxième saison à suivre dans le courant de cette année, se basera apparemment sur le deuxième roman de Pullman, "La tour des anges". Une série à suivre absolument !

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Nos4a2, saison 1
(AMC/Amazon Prime Video) - 2019


Je ne vais pas faire de cette série une critique trop complète, car je l'ai déjà évoquée un peu ici, et aussi parce que Lorinda en a parlé beaucoup mieux que moi sur son blog. Issu du roman éponyme de Joe Hill, l'un des fils de Stephen King, la série retrace l'histoire croisée de Vic McQueen, dotée du pouvoir de retrouver des choses et des personnes disparues, grâce à ses capacités "d'hyper-créative", et celle de Charlie Manx, un vieillard doté de dons d'hyper-créatif lui aussi, qui au volant de sa Rolls Royce "The Wraith", enlève des enfants à leurs familles dysfonctionnelles pour les emmener à Christmasland, un monde fantasmagorique qu'il a créé, et où c'est Noël tous les jours... Cette série a été un très gros coup de coeur, malgré son atmosphère glauque et la bonne dose de malaise ressentie au visionnage. La meilleure surprise de cette série est sans aucun doute le personnage de Manx, campé par Zachary Quinto, une sorte de vampire nouvelle mouture, qui se nourrit de l'énergie ou de l'âme des enfants qu'il enlève, les transformant à leur tour en des êtres dénués de toute humanité et assoiffés de sang. L'opposition entre Vic, qui tente de sauver les enfants disparus, et Manx, est un véritable régal, et satisfera les amateurs de relations complexes et ambiguës. Mais attention, cette série n'est certainement pas à mettre sous tous les yeux, âmes sensibles s'abstenir... Une deuxième saison est annoncée pour 2020, toujours sur primevideo. 

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Sanditon
(ITV) - 2019

Sanditon est le dernier roman de Jane Austen, demeuré inachevé à sa mort en 1817. Ce récit retrace l'arrivée de la jeune Charlotte Heywood dans la ville balnéaire de Sanditon, où elle été invitée par la famille Parker. Mr Parker s'ingénie à faire de la petite ville une destination en vue, à l'image de Bath, et se trouve donc à la tête de la direction de travaux colossaux, dans lesquels il investit jusqu'à son dernier sou... La série qu'en a tiré ici Andrew Davies, bien connu pour avoir été aux commandes de l'emblématique adaptation de Pride & Prejudice de 1995, qui a fait connaître Colin Firth dans le rôle du ténébreux Mr Darcy, se décline quant à elle en une saison de 8 épisodes. Vu la réputation du scénariste, j'allais donc en confiance commencer le visionnage de Sanditon. Mais je ne peux vraiment pas caché mon extrême désappointement vis-à-vis de cette série... Ce qui m'a le plus choqué sont probablement les anachronismes de moeurs qui apparaissent d'emblée ! Nous sommes à la fin du XVIIIe siècle, ou tout début du XIXe, rappelons-le, et cela m'a beaucoup perturbée de voir des jeunes demoiselles les cheveux aux vents, donner des rendez-vous à des hommes célibataires, ou danser la valse (!) collé-serré avec lesdits gentlemen... On a complètement perdu de vue la rigidité des codes de conduite de l'Angleterre sous la Régence, où si une dame était aperçue seule en compagnie d'un homme, elle était presque mise au ban de la société... Alors, voir des scènes carrément explicites, cela passe un peu mal. J'ai l'impression qu'on a mélangé Choderlos de Laclos avec Jane Austen, et excusez-moi, mais on n'évolue pas réellement dans le même cadre... Il n'y a pas plus prude qu'un récit austenien ! 
Je dois dire aussi que j'attendais un peu au tournant le personnage de Sidney Parker, que les auteurs ont voulu faire passer pour une sorte de Mr Darcy, mais on est loin du compte. Les réactions du personnage sont incohérentes, et les retournements de situation passent mal, disons-le. Je pense que la série est malheureusement passé à côté de son sujet, qui est toujours chez Austen, la critique acerbe de société... La série se laisse cependant regarder, même si elle fait bien souvent grincer des dents...

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Dracula
(BBC/Netflix) - 2020


Vous devinez bien que je gardais cette merveille pour la fin... Ceux qui suivent un peu ce blog auront compris que je suis une fan absolue du personnage de Stoker (cela doit se remarquer à ma bannière, je crois :p), et que j'attendais donc de pied ferme cette adaptation sous forme de mini-série, signée par les auteurs de Sherlock, Steven Moffat et Mark Gatiss. Je vais donc tâcher, premièrement, de pas faire de spoilers, car la série est toute récente, et deuxièmement de ne pas trop en dire, car je compte faire un article plus développé dans quelques temps. J'ai été à la fois surprise, charmée, enthousiasmée, terrifiée, par cette nouvelle version de Dracula... Dans mon esprit, je la rapproche beaucoup de Sherlock, car il s'agit non pas d'une énième adaptation, mais d'une complète réécriture du mythe, et les auteurs sont parvenus à créer une forme originale, nouvelle, inattendue, dépoussiérée, qui joue magnifiquement avec les codes du genre. J'ai eu peur, j'ai détourné les yeux quelques fois, j'ai ri aux éclats (si, si), j'ai salué les références d'un sourire complice à mon écran, j'ai espéré, j'ai pleuré... Bref, je suis passée par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, en 3 épisodes d'1h30... La série est indéniablement brillante, intelligente, et moi qui ne jurais que par Béla Lugosi et Jouis Jourdan dans le rôle du vampire le plus connu du monde, j'ai littéralement été enthousiasmée par le danois Claes Bang, tour à tour charismatique, sinistre et cabotin en diable. C'est justement l'équilibre entre ces aspects qui fait de la série une si belle réussite, avec un final splendide, qui m'a laissée interdite et choquée derrière mon écran... Je signale tout de même que la série, qui est à proprement parler, dans le registre de l'horreur, n'est pas à mettre sous tous les yeux. Mais quel bijou ! 

A voir sur Netflix, et disponible en dvd à partir du 3 février 2020.

J'en reparle très bientôt dans un article dédié... 

Avez-vous vu l'une de ces séries ? Donnez-moi votre avis !