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24 janvier 2021

Séance de rattrapage en films et en séries

Après un long moment sans avoir pu bénéficier d'une minute pour réaliser quelques visionnages intéressants, les vacances d'hiver m'ont permis de faire une bonne séance de rattrapage, et diminuer un tant soit peu ma pile de films/séries à voir... 


The Abominable Dr Phibes (1971)
Réalisation : Robert Fuest
Avec Vincent Price, Joseph Cotten, Virginia North, Terry-Thomas, Peter Jeffrey,...

Brisé par la mort de son épouse sur une table d'opération plusieurs années auparavant, Anton Phibes, docteur en théologie et éminent organiste, orchestre une vengeance abominable sur les neuf médecins et infirmière, qu'il tient pour responsable du drame : chacun d'entre eux mourra suivant l'une des dix plaies d'Egypte décrits dans la Torah...

Voilà bien longtemps que je devais voir ce film de Robert Fuest, passé au véritable statut de mythe du cinéma d'horreur, dans la directe lignée des films de la Hammer. En tête d'affiche, un Vincent Price absolument effroyable en génie assoiffé de vengeance, défiguré par un horrible accident qui n'a pas laissé sa raison indemne... L'abominable Dr Phibes est un film dont la trame s'inspire à plus d'un titre du Fantôme de l'Opéra, ou des grandes figures du cinéma d'horreur de cette époque, dans lequel on reconnaît volontiers, dans les visuels outranciers, la patte de la Hammer. Alors certes, c'est un véritable festival de sang synthétique, peut-être un chouia excessif, mais dont le scénario est vraiment intéressant, et le personnage principal tout à fait digne d'intérêt. Vincent Price, avec son regard terrifiant, ses poses énigmatiques, ses sourires malveillants, est l'atout principal de ce film, sans compter quelques belles trouvailles au niveau du ressort de l'histoire, qui font que l'on ne s'ennuie pas une seconde. Sans compter, quelques perles humoristiques glissées ça et là, qui ont l'art de détendre magnifiquement l'atmosphère en quelques phrases bien senties. Alors certes, le film accuse sans doute un peu son âge, mais je n'ai malgré tout pas boudé mon plaisir. Il est à noter que le film a également bénéficié d'une suite "The Return of the Abominable Dr Phibes", toujours à voir... A suivre...





The Entertainer (1960)
Réalisation : Tony Richardson, d'après la pièce de John Osborne
Avec Laurence Olivier, Joan Plowright, Albert Finney, Alan Bates,...

Archie Rice est un artiste de cabaret, dont les spectacles passés de mode n'intéressent plus grand monde. Seulement, au grand désespoir de sa famille, ce dernier persiste à monter sur scène, malgré la banqueroute... 

The Entertainer (en français, Le Cabotin), est un film résolument dépressif, dont le personnage principal campé par Laurence Olivier se révèle être profondément détestable. Archie Rice est un artiste raté, égoïste monstrueux,  qui en raison de pitoyables désirs de grandeur, entraîne toute sa famille vers le fond. A vrai dire, de la première à la dernière image, on ne peut s'empêcher de le trouver méprisable, tant il s'ingénie à tout faire de travers, sans qu'il puisse presque s'en empêcher. Laurence Olivier, très loin ici de ses rôles flamboyants, excelle pourtant à se faire détester dans ce rôle de salaud pathétique, personnage central de ce film d'auteur tout en monochrome, qui offre aussi une très belle réflexion sur le métier d'artiste et ses cruels revers. Ci-dessous, un extrait emblématique, où l'acteur, dans une scène qui l'oppose à Joan Plowright (Mme Olivier à la ville, mais campant ici la fille d'Archie Rice), partage avec dépit sa vision du métier... 


Svengali (1983) 
Réalisation : Anthony Harvey, d'après le roman "Trilby" de George du Maurier
Avec Peter O'Toole, Jodie Foster, Elizabeth Ashley, Larry Joshua, Pamela Blair...

Zoe est une jeune chanteuse au talent prometteur. Dans le but de lui faire signer un contrat avec une maison de disques, on lui impose de suivre des cours de chant auprès d'Anton Bosnyak, un intraitable professeur de musique, dont elle va très rapidement tomber amoureuse.

C'est grâce au tout récent visionnage de l'excellent Svengali de 1931 avec John Barrymore, que je me suis intéressée à cette adaptation du roman de George du Maurier, transposée dans un contexte moderne. Avant de me lancer dans le visionnage de cette version comportant un alléchant casting, j'avais lu quelques excellentes critiques qui m'avaient mise en confiance. A dire vrai, même si je n'ai pas détesté ce film d'Anthony Harvey, je ne l'ai pas franchement adoré non plus. J'ai trouvé le scénario un peu trop convenu, et certainement beaucoup trop adouci, lorgnant clairement du côté de la romance, pour qu'il puisse me convaincre tout à fait. Pour tout dire, cette adaptation n'a qu'un très lointain rapport avec l'histoire d'origine, puisqu'il n'y est pas question d'hypnose, ni de manipulation quelconque de la part du personnage campé par Peter O'Toole. Il s'agit plutôt d'une histoire d'amour un peu compliquée entre un professeur de musique au caractère épouvantable et sa jeune élève dans laquelle il croit déceler un talent extraordinaire. Ce qui n'est vraiment pas une évidence à l'écoute, car si Jodie Foster chante juste, elle ne chante pourtant pas très bien, et franchement, j'ai eu toutes les peines du monde à croire en l'histoire qui se déroule dans le film... Sur le papier, la romance pouvait se révéler intéressante, mais cela ne fonctionne pas du tout. Les acteurs ont plutôt l'air de se demander ce qu'ils font dans cette galère... L'élément qui rappelle un tant soit peu les psychologies des personnages d'origine, outre le fait qu'il est parfois question des personnages de Svengali et de Trilby créés par du Maurier, est que Zoe se retrouve dans l'incapacité de monter sur scène ou même de chanter si son mentor n'est pas dans la salle. Les scénaristes ont vraiment choisi de faire passer à la trappe tout l'aspect lugubre des manipulations de l'histoire originale, en choisissant d'affadir le propos et le contexte, qui perdent vraiment tout leur intérêt. Décidément, rien ne vaudra jamais l'adaptation emblématique d'Archie Mayo...



His Dark Materials - saison 2 (2020) 
D'après la trilogie de Philip Pullman 
Avec Dafne Keen (Lyra), Amir Wilson (Will), Ruth Wilson (Mrs Coulter), Lin-Manuel Miranda (Lee Scoresby), Andrew Scott (Jopari), Ariyon Bakare (Lord Boreal), James McAvoy (Lord Asriel),...

Après avoir créé une "déchirure" entre les mondes, Lord Asriel disparaît, suivi par Lyra. La jeune fille se retrouve à Cittàgazze, une ville inconnue, désertée par tous les adultes, qui en ont été chassés par des Spectres "mangeurs d'âmes". Elle y fait la rencontre de Will Parry, une jeune homme, qui semble comme elle, issu d'un autre monde... 

J'avais beaucoup aimé la saison 1 de cette série diffusée par la BBC durant l'automne 2019, et issue du premier volet de la trilogie de  Philip Pullman, "Les Royaumes du Nord". A tel point d'ailleurs que j'avais entamé peu après la lecture des romans, dont je n'avais lu que le premier tome. Cette saison 2 correspond quant à elle, de manière très logique au très beau second volet de Pullman, "La Tour des Anges". Cette série est infiniment respectueuse du roman, et retranscrit avec brio le magnifique récit de Pullman, et les réflexions profondes vers lesquelles celui-ci nous mène à travers les aventures de Lyra et de Will par-delà les mondes... Les interprétations sont extraordinaires, des plus jeunes interprètes, extrêmement attachants, à Lin-Manuel Miranda, campant le personnage de Lee Scoresby, touchant au-delà du possible, à Airyon Bakare, dans la peau d'un Lord Boreal pour le moins glaçant. Et que dire de l'instable et terrifiante Mrs Coulter de Ruth Wilson, débordant d'un charisme magnifique...  J'attendais également avec beaucoup d'impatience le personnage de Mary Malone, scientifique de notre Oxford moderne, qui parvient, grâce à Lyra, à faire parler "la matière noire" qu'elle étudie dans son laboratoire de physique. Les interprétations, le scénario et les images sont soignés et retranscrivent merveilleusement la foison de concepts philosophiques ainsi que la profondeur du drame développés par Pullman, au-delà même des mésaventures vécues par ses héros. Autant dire que j'attends avec impatience la saison 3, issue du dernier volet de la trilogie, "Le Miroir d'Ambre". A suivre... !




The Ancient Magus Bride (2017-2018)
Anime de Norihiro Naganuma
D'après le manga shônen de Kore Yamazaki (titre japonais : Mahou Tsukai no Yome)

Chise Hatori, une jeune fille de 16 ans, est vendue aux enchères au puissant sorcier Elias Ainsworth, qui souhaite en faire son apprentie. Achetée pour une somme faramineuse, la jeune fille ignore alors qu'elle est une "slay vega", un être humain capable d'attirer à lui la magie en grande quantité, sans pouvoir la maîtriser. 

Cela faisait quelques temps que mon attention avait été attirée par ce shônen de Kore Yamazaki, et en particulier par l'anime qui semble avoir rencontré un énorme succès au Japon, tout comme en Europe. J'ai donc décidé de m'y mettre, et une fois la série entamée, je n'ai pas pu m'arrêter : j'ai visionné les 24 épisodes en à peine deux jours... C'est dire si je me suis fait "happée" par ce conte fantastique pour le moins ambigu, au centre duquel évolue une jeune japonaise orpheline et mal-aimée, apprentie d'un puissant sorcier millénaire ... Alors oui, cette série est addictive, parce qu'elle est tout à bord visuellement très belle, et observe quelques similitudes avec des oeuvres de Miyazaki. Ensuite, en dépit de son rythme très lent, il faut avouer que son contexte en est assez équivoque. Tout d'abord en raison de son rapport à la mort et au sacrifice, en quelque sorte glorifiée dans cet anime (mais j'ai l'impression qu'il s'agit là d'un point commun à beaucoup de mangas). Ensuite, sous couvert de romance, il y a un bon lot de scènes plutôt dérangeantes, car il est clair que le sorcier Elias, dont on pense qu'il est plutôt du côté de la lumière que de l'ombre (quoique ce point ne soit pas tout à fait certain) n'en observe pas moins un comportement tout à fait abusif. Ce manga, comme beaucoup de ce genre, possède son lot d'ambivalences, qui laissent planer un énorme doute sur l'équilibre supposé de ce duo très improbable. Elias n'est pas humain et n'en appréhende guère les sentiments, il ne définit d'ailleurs pas les modifications qui s'opèrent en lui depuis l'arrivée de Chise, petite chose fragile et délicate, en mal d'affection. Il agit selon ses propres intérêts, et se comporte de manière relativement borderline la plupart du temps. Son instinct protecteur frôle la pathologie, et sa jalousie, qu'il n'appréhende pas, se révèle plutôt malvenue. Les réactions qui s'ensuivent sont assez inquiétantes, pour ne pas dire franchement déplacées. Malgré un tempérament d'apparence tantôt placide, tantôt léger, le personnage intrigue par ses revirements assez glauques, que l'héroïne subit avec une relative sérénité. 
Cependant, Chise, d'abord passive et éteinte, évolue magnifiquement durant la seconde partie de la série, quoique le personnage se révèle au final assez fataliste. Inutile de dire que le contexte m'a suffisamment intriguée pour que je m'intéresse dans la foulée au manga papier... Il est à noter que cette série de 24 épisodes sera suive d'une nouvelle saison, probablement d'ici début 2022.


15 janvier 2019

TAG : les 10 films essentiels : 2ème partie

Voici la suite de l'article consacré au TAG des dix films essentiels, dont la première partie se trouve ici.

6. The Phantom of the Opera, de Joel Schumacher (2004)

J'aurais vraiment été malhonnête de ne pas en parler dans ce tag... C'est ce film qui m'a permis de (re)découvrir le Fantôme de l'Opéra, puisque j'avais lu le roman quelques années avant de voir le film en 2005. Le roman, jouant plus sur l'intrigue et le sensationnel que sur la tragédie du personnage principal, ne m'avait pas durablement marquée. C'est un voyant le film de Joel Schumacher, lui-même issu de la comédie musicale du même nom, baroque et flamboyante, que j'ai découvert ce personnage omniscient, génial, grandiloquent et tragique, qui depuis, n'a jamais cessé de me fasciner...

Retenir une scène en particulier a, à nouveau, été très difficile, puisque le film dans son entièreté, même si l'on peut lui reprocher son casting vocal très moyen, est une merveille visuelle, et est teinté d'un tel romantisme dramatique, qu'il est réellement très compliqué de faire un choix. Malgré tout, je pense que la scène qui m'a le plus émue au visionnage est celle où le Fantôme découvre que sa "protégée" Christine, en aime un autre. Le prestation de Gerard Butler dans cette scène est vraiment admirable : son personnage passe en une minute du désespoir à une rage meurtrière. On voit ses sanglots se transformer progressivement en exaspération, en colère, en destruction. L'acteur a magnifiquement retranscrit dans cette séquence le fait qu'Erik, le Fantôme de l'Opéra, pense, agit et vit perpétuellement dans des extrêmes. C'est ce qui rend ce personnage si digne d'intérêt... 

Si le personnage vous intéresse, n'hésitez pas à cliquer dans la liste des tags "The phantom of the Opera" sur ce blog ;)

Le Fantôme de l'Opéra (Gerard Butler) pleure sur son amour perdu

7.Dracula, de Tod Browning (1931)

Là encore, je ne pouvais pas passer outre... Je ne vais pas trop m'étendre sur le sujet, puisqu'il y a déjà pas mal d'articles consacrés au plus célèbre des vampires sur ce blog. Cependant, à nouveau, j'ai choisi ce Dracula en particulier parce que c'est justement à cause de Béla Lugosi que je dois mon addiction à ce mythe. Cet acteur magnétique, au regard inquiétant et à la gestuelle si caractéristique a si bien instauré l'image de ce dandysme d'un autre âge qu'il est et restera pour longtemps et beaucoup le Dracula de référence. De même ce film bénéficie d'une réalisation offrant des monochromes splendides, faisant en sorte que chaque plan est presque une oeuvre d'art...

En réfléchissant à une scène spécifique, j'ai retenu celle du balcon, qui m'est immédiatement venue à l'esprit. Dans cette séquence, le vampire, souhaitant rejoindre Mina, se poste un instant sur la terrasse baigné de brume menant à sa chambre, enveloppé de la large cape, qui est devenue la marque de fabrique de Lugosi et l'un des accessoires indispensables de Dracula dans l'inconscient collectif. Le réalisateur fait ensuite un gros plan sur le visage et les yeux de l'acteur, qui sous couvert d'un masque extrêmement inquiétant, exerce une fascination spectaculaire... Cette très belle scène, se déroulant dans un silence total, sans musique de fond, (c'est une des particularités de ce film qui ne bénéficie quasiment d'aucune bande originale), teinte cette oeuvre d'une aura assez lugubre et chargée...

Béla Lugosi dans Dracula : éternelle image du vampire

8. Star Wars : The Force Awakens, de J.J Abrams (2015)

Comme je l'ai mentionné dans la première partie de l'article, Star Wars n'est pas une franchise que j'ai apprécié toute jeune. J'y suis venue assez tard parce que je n'avais pas gardé un bon souvenir d'enfance de mes premiers visionnages, et la prélogie - qui soyons honnêtes, bénéficie d'un scénario assez aléatoire et de dialogues vraiment navrants - n'a pas aidé à ce que je me penche plus tôt sur la question. C'est grâce au film de J.J. Abrams que j'ai vraiment sauté à pieds joints dans la saga Skywalker...

J'ai adoré le film, les personnages, le scénario, l'image, la réalisation, la B.O., absolument tout en réalité, et ce malgré le flot continuel de haine que l'on peut lire partout sur la toile au sujet de cette nouvelle trilogie. Les deux personnages principaux, Rey et Kylo Ren, interprétés par Daisy Ridley et Adam Driver sont tout à fait fascinants, et plus encore la relation assez conflictuelle et ambiguë qu'ils entretiennent (ou pas :p)... Après l'opposition du fils et du père, du maître et de l'élève, voilà ici un concept tout neuf dans la saga Skywalker : adieu le manichéisme d'origine (je suis tout blanc ou tout noir), voilà ici le juste milieu, l'équilibre, les hésitations, les tentations subtiles... Cet aspect tout naturellement introduit dans The Force Awakens, 7e volet de la série, révolutionne un peu les codes de cette histoire qui suivait jusqu'alors un schéma narratif sans grande surprise. Nous avons d'un côté un personnage noir qui n'assume pas du tout ses actes, qui oscille, qui hésite, qui souffre de ce grand pouvoir qu'il possède et qui le rend instable, et de l'autre une héroïne au caractère fort, résolu, qui apprend elle-même à se connaître, à se construire, dans des tourments similaires. J'avoue que la scène qui a été la plus jubilatoire dans ce film a été toute la séquence dans la forêt, lorsque Kylo Ren a laissé tombé le masque et qu'il voit en Rey le même potentiel que le sien, et globalement à peu près les mêmes souffrances... L'opposition farouche entre les deux personnages, la rage de l'une et l'incompréhension de l'autre, le tout baigné dans cette atmosphère bleue et froide, conférée par cette forêt couverte de neige, est tellement dramatique, que je n'ai pu qu'adhérer et adorer !

Kylo Ren et Rey : les deux faces d'une même pièce ?

9. Richard III, de Laurence Olivier (1955)

J'ignore si je peux parler de Richard III comme d'un visionnage agréable, mais l'un de ceux qui m'aura marquée durablement, c'est certain ! Cette pièce historique bien connue de Shakespeare (que l'on classe parfois d'ailleurs dans les tragédies du maître anglais), est en grande partie responsable de l'image désastreuse que l'on a de ce roi emblématique, ambitieux, conspirateur, assassin et fratricide, ... Le Richard III de Laurence Olivier est glaçant, malgré sa réalisation en couleurs : c'est bien simple, même si on est assez fasciné et curieux du personnage, on est inévitablement mal à l'aise sur la durée. Laurence Olivier le campe comme un être assez retors, mais si caricatural qu'on le prend assez peu au sérieux à l'ouverture du film. La légèreté du ton contrebalance de manière assez formidable l'horreur des propos... Lorsque les machinations se mettent en place, et que l'on voit progressivement tous les héritiers de la couronne tomber comme des mouches, la fantaisie des manières et l'aspect presque grotesque de son ton, font que l'on ressent comme une aura malfaisante  traverser l'écran. Pour tout vous dire, à mon premier visionnage, le film, qui n'est pourtant pas très impressionnant visuellement, m'a fait faire des cauchemars horribles ! Il n'y a pas à dire, si le personnage historique en lui-même m'a toujours intéressée en raison des controverses qu'il soulève, Laurence Olivier lui a conféré, dans le contexte de la pièce et de son adaptation, un magnétisme mauvais, qui grâce à ses paradoxes, impressionne plus l'imagination du spectateur que ne l'aurait faite une représentation plus simpliste. 

Il y a évidemment plusieurs scènes marquantes dans ce film, et même glaçantes, je dirais... Mais, j'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour la séquence durant laquelle Richard III demande la main de la future reine Anne, interprétée par la très lumineuse Claire Bloom... Pas encore sortie du veuvage (son mari aurait potentiellement été assassiné par Richard), celle-ci le repousse avec haine et dédain... Il parvient cependant, en quelques phrases bien senties, et en ajoutant tout le dramatisme voulu, à lui faire reconsidérer la question... Cette scène est assez terrible, car elle résume à elle seule les pires ressorts de manipulation du personnage.

Laurence Olivier en Richard III : le roi qui en faisait trop... 

10. Les vestiges du jour, de James Ivory (1993)

Il est difficile de ne pas aimer les films de James Ivory... Cette manière de raconter les histoires simplement, sans grande fioriture, dans cette ambiance si délicieusement anglaise, est tellement délicate et inégalable. J'ai adoré Howard's End, et surtout A Room with a view, qui sont deux perles du réalisateur, mais ma préférence va tout droit à The remains of the day (Les vestiges du jour, en français), adapté du roman de Kazuo Ishiguro. Vous avez aimé Downton Abbey? Vous aimerez ce film, qui vous brosse des portraits de personnages avec leurs petits soucis, leurs grands problèmes, leur magnificence et leur bassesse, dans l'Angleterre de l'entre-deux guerres. Tout n'y est que retenue, subtilité et le jeu des deux acteurs principaux, magistraux dans ce registre, servent magnifiquement ce film à l'atmosphère feutrée. La scène qui m'a le plus marquée est celle où Miss Kenton, la gouvernante campée par Emma Thompson, surprend Mr Stevens (Anthony Hopkins), le majordome rigide et glacial, en train de lire un roman sentimental... Les deux personnages, qui ne cessent d'aller d'occasions manquées en frustrations, sont tellement beaux et subtils dans cette scène, qu'elle vous ferait presque monter les larmes aux yeux... 

Emma Thomson et Anthony Hopkins dans Les Vestiges du jour

J'en ai donc fini pour ma part avec cette délicieuse liste, et je tague donc ... qui le souhaite !!!

03 janvier 2019

TAG : Les dix films essentiels : 1ère partie

Une fois n'est pas coutume, pour casser la monotonie des articles, voici un petit TAG bien sympathique, glané au hasard du web, sur lequel j'ai trouvé très agréable de réfléchir...

Le but : citer dix films qui ont eu un impact significatif sur vous lors du premier visionnage, que vous l'ayez vu enfant, adolescent ou adulte. Afficher une image, qui ne soit pas l'affiche du film, mais d'une scène-clé essentielle à vos yeux, par exemple. Pas de longue explication, juste le sentiment général qui s'y trouve lié...

1. Hamlet, de Laurence Olivier (1948)

C'est le premier film qui m'est venu à l'esprit lorsque j'ai réfléchi à ce tag. Il est certainement l'oeuvre qui a le plus marqué mon adolescence et mon rapport au théâtre classique. J'ai déjà parlé de ce film ici, je ne vais donc pas trop m'étendre sur le sujet, mais il est vrai que son esthétique unique, son ambiance lugubre et asphyxiante a énormément conditionné ensuite mes goûts en matière de films, de récits, et d'art en général (maintenant que j'y pense, ce doit être à cause d'Hamlet que j'adore le monochrome...) Ce film est à mon sens la plus merveilleuse adaptation de la pièce, d'autant qu'elle véhicule une sorte d'aura ténébreuse qui a tendance à imprégner le spectateur longtemps après le visionnage. La scène-clé qui m'a le plus marquée dans ce film est la scène du premier acte, durant laquelle le spectre du défunt roi apparaît à son fils sur les hauteurs des remparts du château d'Elseneur. Le fantôme du monarque apparaît dans une brume épaisse, sur un fond d'un noir d'encre aussi n'aperçoit-on que les contours du personnage, hormis le reflet de deux yeux incandescents sous un heaume... La voix de l'apparition qui semble comme émaner des profondeurs n'est pas étrangère au malaise que l'on ressent au visionnage (pour l'anecdote, cette voix est en réalité celle de Laurence Olivier, qui avait enregistré le texte sur une bande magnétique, qu'il a simplement passé au ralenti au montage : comme quoi, ce sont parfois les effets les plus simples qui se révèlent les plus efficaces) ... Glaçant et magistral...


I am thy father's spirit,
Doomed for a certain term to walk the night
And for the day confined to fast in fires
Till the foul crimes done in my days of nature 
Are burnt and purged away. [...]


2. Dune, de David Lynch (1984)

Pour le coup, il s'agit ici d'un film d'enfance, et un film bizarroïde s'il en est. Tout le monde a, je pense, déjà entendu parlé de Dune, l'interminable série de romans de science-fiction de Frank Herbert. Il s'agit ici de l'une des adaptations sans doute les plus folles (peut-être pas forcément la plus fidèle au roman) - forcément me direz-vous, car elle a été pensée et réalisée par David Lynch - mais aussi la plus noire. J'ai vu ce film vers l'âge de 7 ou 8 ans, si je me souviens bien, et malgré qu'il soit assez horrible à voir pour un jeune public, je l'avais absolument adoré. Pas de visuel très sanglant, mais un nombre faramineux d'assassinats, d'intrigues politiques et familiales, de grosses bestioles rampant dans les sables, sur fond de trafic d'une drogue appelée l'épice et donnant un pouvoir incommensurable à celui qui la consomme, notamment celui de voyager dans l'espace sans déplacement...  L'intrigue est particulièrement retorse, donc, mais très onirique et symbolique, surtout quand je la considère a posteriori. J'ai eu toute mon enfance une admiration sans bornes pour le personnages de Paul Atréides (Kyle MacLachlan, ci-dessous), alias le Muad'Dib, sorte de messie attendu par le peuple des Fremens, habitant la planète Dune. Le personnage, omniscient, charismatique, voire légèrement tyrannique, est absolument fascinant. J'ai vraiment dû faire un choix cornélien pour retenir un plan en particulier, car il y a énormément de scènes essentielles dans ce film, qui dans mon enfance, a toujours eu ma préférence par rapport aux films de la franchise Star Wars, que j'ai (re)découvert plus tard. La scène en question se déroule dans le désert d'Arrakis, autre nom de la planète Dune, lorsque Paul, pour prouver au peuple des Fremens qu'il est le messie tant attendu, se doit de maîtriser le ver des sables géants, qui sécrète l'épice. Paul "appelle" donc la créature, horriblement dangereuse, tandis qu'au loin, les Fremens observent la scène...
A vrai dire, rien que le fait d'en parler me donnerait presque envie d'écrire un article à part entière sur le sujet... :) Il se pourrait bien qu'un jour je m'y mette... 

Paul Atréides, le Muad'Dib attendu sur Arrakis

3. Notorious, d'Alfred Hitchcock (1946)

Encore un autre film d'adolescence, découvert grâce au Cinéma de minuit, que j'ai vu, vu et revu à un point que la VHS en était devenue toute usée... Notorious, traduit en français par Les Enchaînés (titre vraiment ridicule, s'il en est), raconte l'histoire de deux agents des services secrets américains, Devlin et Alicia, campés par Cary Grant et Ingrid Bergman, partant à la traque aux anciens nazis réfugiés en Amérique du Sud. Dans le but de mettre au jour leur laboratoire de raffinement de minerais d'uranium, la jeune espionne parvient à se faire épouser par le chef de leur réseau, interprété par Claude Rains. Tout se déroule à peu près pour le mieux jusqu'au jour où elle est progressivement empoisonnée par son mari à coups d'arsenic...
Notorious, malgré l'excellente excuse d'être un film d'intrigue et d'espionnage, est avant tout un petit bijou romantique à l'état brut... On dirait presque que l'histoire de groupuscule nazi n'est qu'une excuse pour des scènes à faire fondre nos coeurs de midinette à l'écran. Parce que les deux espions, ben, ils s'aiment, mais c'est compliqué... :) L'une est une ancienne alcoolo repentie, doublée du fait qu'elle est d'origine allemande, mais bonne comme le pain, et l'autre est un gars inaccessible, parfaitement glacial, qui sait bien que ce n'est pas une bonne idée, ah non, vraiment pas, de s'enticher de sa partenaire... Alors, bref, ce film est un déluge de romantisme, avec amours contrariées à la clé. La scène qui me vient tout naturellement en tête est celle où Devlin, malgré l'interdiction de sa hiérarchie, part à la rescousse d'une Alicia empoisonnée, et retenue captive dans la maison de son nazi de mari... C'est beau, c'est pur, c'est d'un romantisme fou, et pourtant sans jamais d'excès. C'est vraiment un film dont je ne me lasse pas.

Notorious : encore un plaisir coupable, tiens...

4. Jane Eyre, de Robert Stevenson (1944)


Décidément, la plupart des films qui m'ont marquée durablement ont été visionnés pendant l'adolescence... J'ai vu celui-ci durant l'été sur la chaîne Club-RTL qui diffusait auparavant tous les mercredis soirs, un classique du cinéma... Je ne connaissais à l'époque pas du tout Jane Eyre, ni l'histoire d'ailleurs, que j'ai découvert en visionnant ce film avec Orson Welles et Joan Fontaine. Le lendemain, je commençais le roman (merci la bibliothèque familiale), qui m'a tenu en haleine pendant 3 jours, durant lesquels je ne faisais absolument que lire... Ce roman est non seulement celui qui m'a permis de connaître la littérature victorienne, mais qui m'a aussi plongé dans la passion de la lecture tout court. Alors certes, le film a des défauts (et je vous passe vraiment l'horreur totale de la VF), mais il a une magnifique atmosphère. J'ai particulièrement été marquée par le scène lors de laquelle Jane et Helen, au pensionnat de Lowood, sont punies pour avoir fait preuve de rébellion et de vanité... On les voit donc porter des poids à bout de bras, en tournant en rond dans la cour de l'école, sous une pluie diluvienne. Cet épisode est d'ailleurs absent du roman, mais il permet de résumer en quelques images fortes les privations et les humiliations subies par Jane au pensionnat.



5. Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban, d'Alfonso Cuarón


C'est décidément ce film de la série qui m'a rendue accro à la saga. Auparavant, je n'avais pas lu les romans, et ne connaissais l'histoire que de manière très imparfaite. Le Prisonnier d'Azkaban, avec son esthétique irréprochable, sa noirceur, ses personnages attachants et troubles, m'a vraiment marqué l'esprit. La scène-clé qui me vient à l'esprit est sans doute celle du train, arrêté par les détraqueurs venus d'Azkaban. Je me souviens avoir été glacée par l'apparition de ces créatures désincarnées dans le compartiment de Harry, lorsque toutes les vitres se recouvrent de givre, et que l'on voit une main noueuse, osseuse, se glisser sur la porte pour l'ouvrir. Une véritable vision de cauchemar et un grand moment d'angoisse... :p 



La deuxième partie, c'est par ici.

23 août 2018

Hamlet, de Laurence Olivier (1948)


Hamlet, de Laurence Olivier (1948)


Adapté par Laurence Olivier, d'après la pièce éponyme de William Shakespeare.

Avec Laurence Olivier (Hamlet), Jean Simmons (Ophelia), Basil Sydney (Claudius), Eillen Herlie (Gertrude), Norman Wooland (Horatio), Felix Aylmer (Polonius), Peter Cushing (Osric),...


Oscar du meilleur film 1948
Oscar du meilleur acteur 1948
Oscar de la meilleure direction artistique 1948
Oscar de la meilleure création de costumes 1948
Lion d'or de la Mostra de Venise 1948
Golden Globe du meilleur acteur
BAFTA du meilleur film 1949

***
A la cour de Danemark, on fête le mariage du roi Claudius et de la reine Gertrude, le frère et l'épouse du précédent monarque, mort deux mois plus tôt. L'héritier du trône, son fils unique Hamlet, voit d'un mauvais oeil ce mariage précipité et souffre en silence de la mort de son père. Une nuit, le spectre du défunt roi lui apparaît sur les remparts du château d'Elseneur et lui apprend qu'il a été assassiné par Claudius,  exhortant son fils à la vengeance. Mais Hamlet, aux prises avec les remords de sa mère, son amour pour Ophélie, la fille du grand chambellan, ainsi que ses propres scrupules, tarde à agir...

***

Hamlet, scénarisé, dirigé, et en partie produit par Laurence Olivier, est le deuxième film de sa fameuse "trilogie shakespearienne", réalisé après Henry V (1944, et ayant également reçu un Oscar d'honneur en 1947), et avant Richard III (1955, récompensé par deux BAFTA). J'ai découvert ce film, ma toute première adaptation shakespearienne à dire vrai, lorsque j'avais 15 ans, de manière tout à fait fortuite. Je me trouvais alors à l'époque dans une période sévère d'addiction aux films rétro, et j'avalais à peu près toutes les oeuvres de cette catégorie qui pouvaient me passer sous les yeux, et Le cinéma de minuit aidant, j'ai fini forcément par tomber sur Sir Laurence Olivier (1907-1989), éminent acteur britannique pourtant assez peu connu dans le monde francophone. Or, ce dernier est une véritable icône Outre-Manche, une espèce de dieu du théâtre et plus particulièrement du répertoire shakespearien. Il fut un adepte de la scène, mais aussi du cinéma (pour Hitchcock, Wyler, Manckievicz, Preminger, Kubrick,...), mais aussi le scénariste et le réalisateur des trois adaptations shakespeariennnes les plus emblématiques du 7ème art, et ce bien avant Kenneth Brannagh.


La trilogie shakespearienne de Laurence Olivier : Henry V, Hamlet, Richard III



Mon premier visionnage de Hamlet par Laurence Olivier, remonte à un peu plus de vingt ans, et fut en réalité un véritable coup de poing. J'ai été en quelque sorte "happée" immédiatement par Shakespeare, par la pesanteur et la symbolique de cette tragédie, sans doute l'une des plus connues du monde. Cette adaptation a quelque chose de tout à fait glaçant et d'unique par rapport à ce qui a été réalisé ensuite. A une époque où la couleur avait pourtant déjà pointé le bout de son nez sur les pellicules, ce Hamlet a été volontairement tourné en noir et blanc, avec des plans d'un esthétisme léché qui s'inspire largement du cinéma expressionniste allemand. Les contrastes saisissants de lumière, la présence presque asphyxiante de ces ténèbres qui cernent les scènes les plus évocatrices de la pièce, donnent une teinte très onirique à l'ensemble, que n'aurait sans doute pas renié certains réalisateurs de films d'horreur des années trente... 


"Where wilt thou lead me? Speak, I’ll go no further."



En d'autres termes, le film de Laurence Olivier est une oeuvre inspirée, et ce à plus d'un titre... L'atmosphère lugubre de l'image est d'ailleurs délicieusement mise en valeur par une bande originale d'une splendeur grandiloquente, conçue par le génial compositeur britannique William Walton, que l'on peut écouter presque dans son intégralité par ici.

Ensuite, il s'agit là de la première adaptation parlante de la pièce, et qui parvient à tenir en deux heures trente, dans un format dit "acceptable" pour une diffusion au cinéma, et surtout qui parvient à éviter les inévitables longueur de l'oeuvre originale qui doit atteindre une durée de 3h30 à 4h au total lorsqu'elle est jouée sur scène... Alors certes, certains ont crié ou crient encore au scandale en constatant les visibles raccourcis empruntés, les personnages passés allègrement à la trappe pour offrir cette oeuvre finalement très accessible. Car ne nous voilons pas la face, Hamlet, au-delà du génie de ses thèmes et de la magnificence de sa langue, comporte son lot de scènes et de personnages ennuyeux, presque facultatifs, et qui auraient presque tendance à éloigner le spectateur de sa thématique principale. Peut-être suis-je partiale sur le sujet, mais après avoir lu l'oeuvre originale un certain nombre de fois, force m'est de constater que les extraits remaniés et les personnages supprimés chez Laurence Olivier sont justement ceux qui vous insupportent à la lecture (Rosencrantz, Guildestern, Fortinbras), et qui ont tendance à faire perdre au personnage central un peu de sa ténébreuse aura. Personnellement, ce remaniement n'est donc pas pour me déplaire, mais je conçois aisément que cela puisse gêner les puristes. Le propos est donc  plus dense, mais le message véhiculé par la pièce originale s'en retrouve plus pertinent et plus puissant aussi.




Au-delà de ces aspects de forme, venons-en au fond. Si Laurence Olivier a réalisé, adapté et produit le film, il en interprète également le personnage principal. Peut-on réellement mettre en doute le fait véhiculé depuis lors qu'il s'agit là de l'une des meilleures interprétations du personnages et aussi l'une des plus abouties ? Vélléitaire, rongé par un écrasant complexe d'Oedipe, cet Hamlet d'une noire mélancolie, attire vers les abîmes où il se trouve tous ceux qu'il approche. Il est de ces personnages que l'on ignore comment classifier, du côté de l'ombre ou de la lumière, et qui oscille perpétuellement dans un entre-deux où il peut ressasser sa légendaire inaction. Hamlet n'est pas un héros, ne l'a jamais été. L'adaptation ne contredira jamais cet état de fait. Elle joue justement dans un registre volontairement incertain, expliquant tantôt ses actes ou ses absences d'actes par sa nature angoissée et insatisfaite, reflet d'une âme capricieuse et vindicative complètement étouffée par l'infantilisation dans laquelle sa mère le revoie dès qu'il fait montre d'une certaine indépendance d'esprit. La pauvre Ophélie (délicieusement interprétée par une toute jeune Jean Simmons, qui avait à peine 18 ans au moment de ce tournage très exigeant), paiera elle aussi le tribut de son inconstance et de sa faiblesse. 


Jean Simmons dans le rôle d'Ophélie

Hamlet en s'évertuant d'éviter un affrontement direct avec son oncle meurtrier, sème un lot impressionnant de victimes collatérales en plus de cette dernière... Il est tellement plus aisé pour ce personnage indécis de rejeter son amertume et sa colère sur son plus proche entourage plutôt que sur le responsable direct de son malheur... On comprend aisément que bon nombre de psychanalystes se soient penchés sur la "tragédie des tragédies" comme l'avait nommée le psychologue russe Lev Vygotsky, auteur d'un magnifique et éclairant essai de 1915 sur le sujet... Le personnage se prête volontiers à l'analyse d'un certain nombre de névroses, n'est-il pas ?

J'invite donc les plus réfractaires à l'oeuvre de Shakespeare à se pencher sur cette adaptation, qui a su merveilleusement retranscrire la force d'un texte magnétique, dans une atmosphère nimbée d'un esthétisme noir.

Pour terminer, quelques extraits pour donner une idée de l'ambiance et du contexte de cette adaptation emblématique...



Oh, that is too, too solid flesh would melt

To be or not to be, that is the question

Statue commémorant le centenaire de la naissance de Laurence Olivier
dans le rôle le plus emblématique de sa carrière, située sur la rive sud de la Tamise,
à proximité du National Theatre, dont le comédien a été le directeur dans les années 70.
Il est à noter également qu'il est un des rares acteurs à avoir été fait baron,
et honoré à sa mort d'un enterrement en grande pompe
à Westminster en 1989... durant lequel a été joué la bande originale... d'Hamlet.