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12 juin 2020

Les visionnages du (dé)confinement - 1ère partie (et sûrement pas la dernière)


Les dernières semaines se sont révélées extrêmement anxiogènes, et je ne crois pas avoir été la seule à devoir déployer des efforts de concentration suprême pour ouvrir un roman, regarder un film ou encore écrire quoi que ce soit. J'ai donc essayé (en vain) de rattraper mon retard de lecture durant le confinement, et de venir à bout de ma pile de films à voir... et ce n'était pas gagné non plus. 




Invisible man
Leigh Whannell
(2019)


La bande annonce de ce film m'avait beaucoup interpellée à sa sortie : une adaptation moderne de l'Homme Invisible à l'ère #Metoo avait de quoi rendre curieux n'importe qui... Et je n'ai franchement pas été déçue. L'histoire se concentre sur Cecilia, une jeune femme vivant sous l'emprise d'un mari possessif et violent, un scientifique richissime passé maître dans le domaine de l'optique. Après s'être réfugiée, terrorisée, chez l'un de ses amis, la jeune femme apprend que son mari s'est donné la mort en lui léguant une fortune inestimable. Commencent alors d'étranges phénomènes survenant tout autour d'elle, comme si une présence la surveillait, puis la manipulait dans l'ombre... Je dois dire que le film, s'il est impressionnant à regarder, joue aussi magnifiquement avec nos nerfs. Il s'agit plus d'un suspense psychologique qu'autre chose, avec une tension instillée avec brio. Elizabeth Moss retranscrit avec une admirable justesse la terreur ressentie par une femme sous emprise, qui peu à peu, se met à relever la tête... Il y a beau avoir quelques éléments de science-fiction très beaux à l'écran, c'est surtout la transformation du personnage féminin, d'abord victime d'une bourreau invisible reprenant progressivement les rênes de sa propre vie, qui se révèle d'une très belle justesse. Un seul léger bémol  pour la fin de ce thriller psychologique, peut-être un tout petit peu trop attendue.

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Dracula 2000
Wes Craven
(2000)

Pitié, ne me jetez pas la pierre. Rien que le titre fait doucement rigoler : Dracula 2000...on dirait le nom d'un médicament générique. Je savais d'avance que j'allais regarder une daube, mais je n'ai pas pu m'en empêcher. Il était là, à portée de main, et j'avais envie de visionner un film sans prise de tête (on sent, là, que j'essaye de me justifier ?). Plus sérieusement, en regardant cette version de Wes Craven, je me suis sentie replongée dans mon adolescence, tant on y sent les influences télévisuelles de l'époque, que ce soit dans ce visuel très typé, ou ce scénario un peu biscornu et discutable qui rappelle certains épisodes de Buffy contre les vampires. Dracula 2000 fait clairement figure de film pour ados (et visiblement sponsorisé par feu-Virgin Megastore, ça m'a fait comme un pincement au coeur). Et franchement, même si le scénario est horriblement bateau et que les dialogues sont parfois affligeants de bêtise, je n'ai vraiment pas boudé mon plaisir... Parce que Gerard Butler en Dracula, eh bien, c'est visuellement plutôt réussi, et si l'histoire n'avait pas été autant passée à la moulinette, il y a quelques bonnes idées, et l'une ou l'autre très belle scène (je pense surtout à la course-poursuite dans le cimetière entre Dracula et Mary) qui valent tout de même le détour. Franchement, ce n'est pas le film du siècle, mais cela m'a rappelé avec délice les visionnages crapuleux de mon adolescence...

Dracula Gerard Butler Dracula 2000 Photographie par Johannes_12 ...

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The dead don't die
Jim Jarmusch
(2019)

J'ai toujours beaucoup aimé les films de Jim Jarmusch que j'ai eu l'occasion de voir, que ce soit Only lovers left alive ou Paterson (de loin, mon préféré). La caractéristique principale de ces films est premièrement qu'il ne s'y passe pour ainsi dire pas grand chose, et que deuxièmement, ils se regardent au second, voir au troisième degré. Ce sont de véritables ovnis, et The dead don't die n'échappe pas à la règle. Avec ce film, Jim Jarmusch se moque visiblement de lui-même, tout comme il adore prendre ses acteurs à contre-pied... Mon principal intérêt dans ce film était surtout Adam Driver (que j'adore), qui au volant de sa Smart (rien que le visuel vaut le coup d'oeil), campe un policier débonnaire d'une petite ville des Etats-Unis envahie par des zombies...Avec un casting cinq étoiles qui ne se prend pas du tout au sérieux, The dead don't die est une sorte de farce gore, un peu potache, qui sur fond d'angoisse apocalyptique, se moque de manière assez jubilatoire des films de série Z... Une curiosité... 

The Dead Don't Die is slow and weird ... like a zombie | Movies ...

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Downton Abbey
Michael Engler
(2019)

J'ai été une grande fan de la série en son temps, et j'étais assez curieuse de voir le film de la franchise, sorti en 2019. A vrai dire, il s'agit plutôt d'une suite, qui s'inscrit dans la lignée de la dernière saison, et qui s'articule autour d'une visite royale chez les Crawley de Downton Abbey... Le film, tout à fait dans l'esprit de la série, réunit tous ses personnages récurrents, à commencer par le très digne comte de Grantham et sa très chère et insupportable fille Lady Mary... Dans le cadre de la visite royale, domestiques et habitants de la grande maison font bloc, comme toujours, lorsque des événements secouent leur quotidien so british. Le film se déguste comme une assiette de scones devant une tasse de thé bien chaud... On ne s'en lasse pas.

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The Exorcist
saisons 1 et 2
(2017-2018)


Je suis tombée tout à fait par hasard sur cette série The Exorcist, déclinée en 2 saisons (merci les recommandations Prime). Je ne suis pas spécialement une addict de films d'horreur, voire même pas du tout, et je crois bien ne jamais avoir vu le cultissime film d'origine, datant de 1973, avec Max Von Sydow. La série se concentre sur deux prêtres d'origine et de tempéraments radicalement différents, l'un d'origine mexicaine, responsable d'une pauvre paroisse de Chicago, mais jeune et ambitieux, campé par le ténébreux Alfonso Herrera et l'autre, Irlandais brut de décoffrage, exorciste expérimenté dans la cinquantaine, abîmé de manière irrémédiable par les horreurs qu'il a vues et vécues, interprété par Ben Daniels. Faisant face à un probable cas de possession démoniaque dans une famille de sa paroisse, le père Tomas Ortega (Alfonso Herrera) confronté à un refus de son diocèse, cherche désespérément un exorciste pas trop regardant sur les procédures. D'abord sceptique, le père Marcus Keane, mis en retraite forcée après un exorcisme qui a mal tourné, accepte finalement de l'aider. Les deux hommes vont devoir faire face à une véritable infestation de démons qu'ils vont avoir du mal de contenir. La première saison, qui joue beaucoup sur le sensationnel et les visions horrifiques, se concentre principalement sur l'exorcisme d'une jeune femme, et sur une série de complots démoniaques  se développant au sein même de l'Eglise. Elle se laisse agréablement regarder, grâce au duo de personnages principaux, qui fonctionne à merveille, et dont on suit l'évolution avec plus d'intérêt que les exorcismes en eux-mêmes... En cela, la deuxième saison est de loin meilleure que la première, car elle s'attarde beaucoup plus sur l'aspect psychologique des protagonistes, et regorge au final, de nettement moins d'horreurs en tout genre. D'autre part, j'ai toujours eu un énorme coup de coeur pour l'acteur britannique Ben Daniels, que j'ai toujours trouvé magnifique de charisme (voir les séries Jamaica Inn ou la saison 2 de The Paradise) malgré des rôles parfois un peu compliqués ou contestables. Son talent ne se dément pas dans ce rôle de prêtre désabusé, aux méthodes un peu musclées, mais avec de très belles nuances de caractère. Alors certes, la série n'est sans doute pas le meilleur cru télé du siècle, mais elle reste un très bon divertissement, et bénéficie de développements psychologiques très soignés sur sa seconde saison... Mais, attention âmes sensibles s'abstenir...



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A suivre...



19 mars 2007

L'Homme Invisible d'H.G. Wells

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Le résumé
Par une rude journée d’hiver, un singulier personnage arrive dans la petite ville d’Iping. Son visage, entièrement recouvert de bandages, laisse supposer que celui-ci est entièrement défiguré. Cependant, cet homme taciturne, qui se révèle bientôt être aussi violent qu’imprévisible va disparaître, ne laissant sur place que ses vêtements et ses bandages… Ce personnage insaisissable va terroriser la région, tandis que la police, impuissante, est à ses trousses…

Mon avis


J’ai lu ce livre il y a 12 ans, et j’en avais gardé un souvenir agréable mais assez vague.

J’avais dans l’esprit l’image de ce personnage torturé et malheureux qu’était l’homme invisible, sans doute façonnée par une série quelconque des années 80 qui avait détourné le personnage de base… En réalité, le lecteur est face à ce médecin passionné de physique, Griffin, qui a découvert l’invisibilité. Au lieu de faire profiter le monde scientifique de sa découverte, celui-ci n’a trouvé d'avantages à son état que la supériorité qu’il implique sur autrui et les crimes qui peuvent donc être commis en toute impunité…
Le personnage étrange, taciturne, est entraîné dans une folie destructrice qui le pousse à commettre tout d’abord des petits larcins pour pouvoir subsister, mais ce sentiment de puissance l’envahissant, Griffin est sujet à des accès de colère aussi subits que dangereux, qui le conduisent au meurtre.
On a beaucoup déformé cette histoire dans le cinéma et dans les séries, et c’est assez dommage. Le livre est tout à fait passionnant, et le personnage principal l’est tout autant, malgré la profonde antipathie qu’il suscite chez le lecteur. A aucun instant on peut prendre pitié de cet homme, victime volontaire de son propre génie, qui s’inocule volontairement ce poison qui le conduira d’abord à la folie, puis à la mort.

La scène finale où Griffin est enfin rattrapé par la police me laissera un souvenir impérissable…

Je crois que la meilleure adaptation à ce jour reste celle de 1933 de James Whale avec Claude Rains. Plus récemment, le film The Hollow Man, librement inspiré du mythe, m’a laissé un bon souvenir également.

A lire et à voir !
L'Homme Invisible, de Herbert George Wells, Le Livre de Poche
1897

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The Invisible Man de James Whale

1933