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17 juillet 2009

Phantom : Love never dies

The Phantom of the Opera

Si vous êtes un "phan" (abréviation pour les grands fanatiques de The Phantom of the Opera), vous en aurez sans doute entendu parler... Andrew Lloyd Webber, créateur de l'une des comédies musicales les plus populaires de Broadway et du West End , faisant salle comble tous les soirs depuis sa création il y a 23 ans, a écrit une sequel au Phantom, intitulée Love never Dies.

Cette musical se basera non pas sur l'oeuvre de Leroux (puisqu'au vu de sa conclusion, les personnages ne peuvent réellement plus évoluer), mais en partie sur le roman de Frederick Forsyth "Le Fantôme de Manhattan"

Voici le résumé de cette nouvelle musical, communiquée par Webber dans le magazine Playbill :

"In 1907 New York, the mysterious 'Maestro' who runs the theatre at Coney Island announces a one-off concert by legendary Parisian soprano Christine Daaé. Her arrival in New York with husband Raoul, Victome de Chagny and son Gustave, and their subsequent meeting with the 'Maestro,' bring the cataclysmic events of 10 years earlier at the Paris Opera crashing back into all their lives."

Grâce aux informations glânées ça et là, il apparaît que la comédie musicale s'ouvrira à Londres début 2010, à l'Adelphi Theatre (où était joué "Joseph & the amazing technicolor dreamcoat", une autre musical de Webber). Le cd devrait être disponible dans les bacs pour les fêtes de Noël 2009.

Au casting, Christine sera interprétée par Sierra Boggess, qui a déjà joué le rôle dans le show spectaculaire "Phantom", à l'affiche à Las Vegas.

Sierra Boggess dans The Point of no return

Quant au rôle d'Erik, celui-ci a été confié au talentueux et sympathique Ramin Karimloo, l'actuel interprète du fantôme sur la scène londonienne (Et accessoirement, le plus jeune acteur a avoir interprété ce rôle, puisqu'il a seulement 30 ans).

Ramin Karimloo dans The Music of the Night

Au risque de paraître people, je ne résiste pas à poster une petite photo des deux interprètes "au naturel" ^_^ :

Sierra Boggess et Ramin Karimloo

Un site officiel est ouvert depuis plusieurs mois, mais aucune information particulière n'est disponible jusqu'à présent : http://www.loveneverdies.com/

Aucun aperçu, aucune photo pour l'instant. Inutile de préciser que la confidentialité sera préservée jusqu'à la dernière seconde.

A suivre...

25 juin 2007

Le fantôme de Manhattan



De Frederick Forsyth

Résumé

Aux portes de la mort, Antoinette Giry, l’ancienne maîtresse du corps de ballet de l’Opéra Garnier, se confie au prêtre qui l’assiste dans ses derniers instants. Près de 30 ans auparavant, celle-ci a libéré un pauvre être à moitié défiguré de la cage où le tenait enfermé un forin dénué de scrupules. Celui-ci s’est caché et « hanté » les dessous de l’Opéra, créant ainsi la légende du « fantôme ». Après la fameuse représentation de Don Juan Triomphant, durant laquelle la soprano Christine Daaé fut enlevée par le mystérieux personnage, celui-ci s’enfuit, laissant la jeune chanteuse aux bras du vicomte de Chagny, tandis que la police perd la trace du ravisseur.

Treize ans plus tard, le lecteur se trouve projeté dans le New-York du début du Xxe siècle, et plus précisément à Manhattan, qui est devenu l’empire de grands financiers. Le plus puissant, mais aussi le plus impitoyable, est un personnage obscur, insaisissable, que nul n’a jamais vu, répondant au nom d’Erik Mulheim. Après avoir reçu une lettre singulière venue de Paris, Erik se lance à corps perdu dans le financement et la construction d’un nouvel opéra à Manhattan, devant surpasser le fameux Metropolitan. Pour l’inauguration, il exige que celle qu’on appelle désormais la Divina, soit présente pour interpréter le rôle titre dans une œuvre inédite qu’il aura composé. Ignorant l’identité du commanditaire, Christine Daaé, devenue la vicomtesse de Chagny, arrive avec son fils Pierre à New-York, où elle sera à nouveau confrontée à son terrible Maestro.

Mon avis

Malgré ses 200 pages, ce roman, ou plutôt ce récit à plusieurs voix, comporte une foule de détails et d’évènements se succédant à une vitesse effrénée… L’ascension sociale d’Erik, sa haine de la race humaine grandissante, tout cela est retranscrit dans un quasi délire qui donnerait presque le tournis. Le retour de Christine dans sa vie, et la révélation d’Antoinette Giry, le replonge dans de nouveaux tourments, ouvrant une fois de plus ses blessures les plus profondes.

Soyons clairs, cependant. Il s’agit bien d’une « sequel » de la comédie musicale d’Andrew Lloyd Webber, et non du roman de Leroux, puisque dans ce dernier, le malheureux héros de l’histoire finit par mourir après le départ de Christine. Dans l’adaptation musicale, le fantôme disparaît, après avoir enlevé Christine et finalement l’avoir laissé partir avec le vicomte de Chagny, ce qui laisse présager l’existence d’une suite. Frederick Forsyth écrit ici un roman fantasque (malgré que l’histoire d’origine l’était déjà suffisamment…) et presque palpitant. Pour être honnête, malgré mes réticences, je dois dire qu’une fois le livre commencé, je n’ai pas pu le lâcher. J’étais très curieuse de ce que pouvait contenir cette suite, et de voir comment l’auteur allait traiter ce qu’il était advenu du fantôme après ces années d’errance et de solitude loin de l’opéra, chose que je considérais dans ma pauvre petite tête férue de fantômanie, comme tout bonnement inimaginable. Or, je me suis laissée prendre au jeu de cette histoire peu probable, de ce mélodrame romantique à l’écriture épurée. Certes, le style est quasi journalistique, qui ne restera sans doute pas dans les annales de la littérature, mais il m’a emportée malgré tout. Je l’ai dévoré en quelques heures, sans pouvoir le refermer. Depuis le début, je m’attendais absolument à cette sensationnelle révélation qui est faite au fantôme. Il n’y avait finalement rien de bien étonnant là-dedans, au vu des scènes finales de la comédie musicale qui en disent long sur les sentiments des personnages principaux… ^^

Bref, c’est un récit plaisant, mais pas transcendant. Disons qu’il s’agit d’une séquelle admissible, qui a la pudeur de respecter dans le sens le plus noble du terme, les personnages , contrairement à Susan Kay qui livre, aux dires des lecteurs, dans son « Phantom », des scènes dont on se serait volontiers passé.

Par contre, j’émettrai un avis grave sur l’Epilogue. Dans ce chapitre, l’auteur explique comment il en est venu à écrire une suite, et pourquoi il a détourné l’histoire originale… Je vous assure que le pauvre Gaston Leroux en prend pour son grade, parlant de son récit comme d’une suite d’invraisemblances, fondées sur un scénario maladroit. J’ai assez peu apprécié le fait que l’on assassine une œuvre et son auteur d’une façon aussi délibérée. Certes, son roman n’a pas la trempe d’un grand classique à la Hugo, mais il demeure incontournable dans la littérature française. Or Frederick Forsyth s’acharne à démontrer que le récit original est un non-sens. Qui est-il pour oser remettre en cause un roman qui a déjà fait ses preuves en un siècle d’existence, qui a inspiré une dizaine de films, et la fameuse comédie musicale dont il prétend étendre l’intrigue ? A priori, un auteur de polars en manque d’imagination…