25 avril 2018

Twin Peaks saison 3 : the return

Twin Peaks, saison 3 - série de David Lynch et Mark Frost

S'il était compliqué de résumer les deux premières saisons de Twin Peaks, il se révélera complètement impossible de faire un pitch cohérent de cette troisième saison, toujours conçue par David Lynch et Mark Frost. Plus de vingt-cinq ans se sont écoulés depuis la diffusion des premières saisons de cette série, passée au statut de mythe. Très honnêtement, j'attendais énormément de cette troisième saison, et dans la hâte de retrouver la galerie de personnages tout aussi inquiétants ou délirants les uns que les autres, cette trame si fantasmagorique, et ce ton si unique qui oscille entre drame fantastique, thriller et comédie, je me suis engouffrée dans ce visionnage en tâchant de naviguer entre les spoilers qui inondaient la toile. Je partais donc sans aucun autre a priori que l'excellent souvenir que j'avais gardé de mon visionnage de la série originale.  Dès le premier épisode de cette saison 3, le ton est donné : on va naviguer dans l'absurde et le cauchemardesque. Vous avez ressenti le malaise de votre vie en regardant le dernier épisode de la saison 2 ? Rassurez-vous : vous ressentirez un malaise similaire durant l'entièreté de ce "reboot" ! C'est sanglant, bizarre, incohérent comme un cauchemar... Les personnages d'origine sont là, comme rentrés à coup de chausse-pied dans un univers complètement détricoté. On a beau dire, Twin Peaks a été à son époque d'une très grande originalité, car cette série cassait joyeusement les codes de tout ce que l'on connaissait jusqu'alors. Lynch a sans doute voulu se démarquer en présentant quelque chose de nouveau, qui ne sentirait pas le réchauffé. Mais il s'agit de David Lynch, ne l'oublions pas, l'empereur du non-sens et des trames tarabiscotées. Alors je confirme, c'est nouveau, ce n'est pas du réchauffé, mais en réalité, à force de vouloir trop sortir des sentiers battus, on obtient quelque chose de tellement décousu et de tellement malsain, qu'on reste en état hypnotique devant l'écran, sans trop savoir ce que l'on regarde... Au bout d'un moment, j'ai arrêté de m'interroger sur le scénario et ses trous béants, ce serait comme tenter de justifier et de donner sens à une suite de mauvais rêves. A vrai dire, je n'ai continué le visionnage que pour savoir si toutes ces incohérences finiraient pas se structurer à un moment donné. J'ai terminé le dix-huitième épisode sans avoir eu le moindre éclaircissement en la matière, en continuant à me demander si je venais de visionner du cinéma d'auteur ou un incommensurable navet... On pourra arguer du fait que Lynch et Frost travaillent toujours plus par symbolisme et par ellipses, évitant les écueils d'une narration linéaire, sans doute trop traditionnelle à leur goût. Mais je vous dis, le symbolisme n'excuse pas tout. Je suis d'ordinaire très bon public, et il m'est arrivé, à certains moments d'apprécier certains aspects de cette narration déstructurée, mais le problème est que le spectateur est trop déstabilisé pour appréhender au final quoi que ce soit. A force de vouloir être volontairement obscur, le scénario a perdu forcément de son charme ou même de son bien-fondé. On assiste donc à une suite de scènes issues de délires malsains, laissant loin derrière elles les heureux mélanges de genre des deux saisons originales de Twin Peaks. Cependant si le but était de mettre le spectateur à tout prix mal à l'aise, le pari est plutôt tristement réussi... 



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