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14 juillet 2020

Les visionnages du (dé)confinement - bis...

Emma
Autumn de Wilde (2020)
d'après le roman de Jane Austen



Prévue pour une sortie en salle en avril 2020, cette nouvelle adaptation d'Emma de Jane Austen, a finalement été diffusée sur les plateformes de streaming légales durant le confinement. Pas certaine donc qu'elle ait trouvé facilement son public... Je dois dire que j'étais très curieuse de cette nouvelle adaptation dont le ton avait l'air d'être radicalement différent d'une adaptation plus traditionnelle, et dont l'esthétique irréprochable présentée dans le trailer augurait de très belles images. Effectivement, comme annoncé, le ton est relativement sensuel, mais malgré tout plutôt léger. J'ai été assez étonnée de l'aspect assez décomplexé de certaines scènes, mais très satisfaite aussi de l'ironie très assumée des personnages. Emma n'est sans doute pas le roman de Jane Austen que je préfère, car il comporte l'héroïne la plus tête à claques de la littérature anglaise, mais j'ai été vraiment charmée par le jeu à la fois tellement piquant et sérieux d'Anya Taylor-Joy (actrice bien connue pour son rôle de Casey dans Split et Glass), qui est parvenue à me réconcilier avec le personnage... D'autre part, je n'ai pas été très emballée par le Mr Knightley de Johnny Flynn, qui m'a laissée un peu de marbre... Il faut dire que lorsque l'on passe après Jeremy Northam et Mark Strong, il y a pas mal de boulot pour apporter une quelconque nouveauté à ce personnage parfois très moralisateur. L'acteur campe un Mr Knightley assez tendre, quoique toujours assez critique, même si je trouve qu'il manque cruellement de charisme, ce qui est d'ailleurs le cas de tous les protagonistes masculins du film... Quant à l'esthétique, elle se révèle tellement irréprochable que l'on se croirait dans un tableau de Constable... Un petit bijou visuel, qui comporte donc son lot de surprises, avec quelques bémols tout de même sur ses têtes d'affiche.




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La Tour Sombre 
Nikolaj Arcel (2017)
d'après le roman de Stephen King


Je suis certaine qu'il y en a qui vont hurler au scandale quand je vais dire que j'ai bien aimé ce film... On va quand même avouer qu'il s'agit là d'une grosse machine bruyante et pas très subtile, à la sauce blockbuster hollywoodien. Et on hurlera au scandale parce que décidément, cette adaptation de la Tour Sombre n'a vraiment qu'un très vague rapport avec le roman dont il se dit issu. Personnellement, j'ai lutté pour venir à bout du premier tome de la saga du maître King, ce qui n'était vraiment pas bon signe (mais je ne suis pas du tout une inconditionnelle), et oserais-je dire que le récit est tellement obscur qu'il y a des pans entiers de l'histoire qui me sont un peu tombés des mains. Je m'en excuse d'avance auprès des fans, d'ailleurs, mais je suis au regret d'avouer que je n'ai pas du tout accroché. Par contre, le film m'a suffisamment intrigué pour me pousser à lire le roman aussitôt. En réalité, j'ai plutôt été très interpellée par le duo des personnages principaux, d'un côté Roland Deschain, le Pistolero, interprété par Idris Elba, et de l'autre, l'Homme en noir, le ténébreux mage Walter O'Dim, campé par Matthew McConaughey. Malgré de très grosses faiblesses de scénario et des retournements de situation un peu bâclés, l'opposition des deux personnalités m'a immédiatement ravie. Et que dire du visuel impeccable qui entoure le fameux Homme en noir, impitoyable et doté d'un humour à froid irrésistible. Alors certes, ce n'est pas le film du siècle, mais on passe volontiers deux heures fort agréables, en compagnie d'un méchant ténébreux et pince-sans-rire à souhait... 



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Joker
Todd Philips (2019)


Le moins que l'on puisse dire, c'est que je me suis pris un énorme claque en regardant ce film. Je ne m'attendais pas du tout à ça, car ce n'est pas un film de super-héros, et a fortiori, pas un film de super-vilain non plus... Joker retrace l'histoire d'Arthur, un pauvre type aux allures pathétiques, atteints de troubles mentaux, comédien raté allant de petits boulots en petits boulots minables. A vrai dire, pendant la première demi-heure, je me suis demandée s'il s'agissait bien du même Joker, éternel némésis de Batman dont il était question, tant le traitement du personnage sort des sentiers battus... Joker est un film crépusculaire et d'une violence psychologique rare, choquant et fascinant, à mi-chemin du film d'auteur, à la réalisation hypnotique, aux prestations d'acteurs magnifiques. Joaquin Phoenix est littéralement magnétique dans ce rôle à la fois pitoyable et sublime, qui montre la longue descente aux enfers d'un pauvre type aux allures de victime, jusqu'à son "ascension" folle et sanglante, qui vous laisse vraiment pantois derrière votre écran... A noter aussi la gestuelle tellement marquante et fascinante du personnage, la chorégraphie et la bande originale, qui sont à elles seules de purs chefs-d'oeuvre. Une curiosité et une merveille de réalisation !



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Jesus Christ Superstar 
Live in Concert NBC
Comédie musicale (2017) d'Andrew Lloyd Webber et Tim Rice 



J'aime beaucoup la comédie musicale Jesus Christ Superstar, d'Andrew Lloyd Webber, que j'ai découvert il y a seulement quelques années, via la version live avec Tim Minchin datant de 2012. Il existe plusieurs autres versions filmées, dont cette représentation live avec John Legend dans le rôle-titre, et tournée en 2017 dans les studios de la chaîne NBC, avec de visibles moyens pharaoniques. Le fait est que si on se fie aux commentaires fort peu élogieux que l'on peut glaner un peu partout sur la toile à son sujet, on ne serait pas du tout tentés de la voir, mais étant donné que j'ai énormément l'esprit de contradiction et qu'il y avait aussi Ben Daniels au casting dans le rôle de Ponce Pilate, je n'ai pas pu m'empêcher de la regarder... Et rien que pour Ben Daniels, j'aurais fait n'importe quoi... 😅 Mais le fait est que cette version est vraiment (vraiment) excellente ! Alors certes, ce ne sont pas des voix traditionnelles de comédie musicale, très posées et travaillées, ce sont des voix "soul", et cela donne une toute nouvelle dimension aux sonorités et aux airs les plus connus. Et j'ai été émue comme ce n'est pas permis. Cette comédie musicale a toujours le don de me faire pleurer à chaudes larmes, et cette version remporte vraiment la palme. John Legend a une voix vraiment extraordinaire, chaude et belle, qui se brise d'émotion lors des scènes les plus bouleversantes et les plus tristes, et qui m'a vraiment touchée en plein coeur... Sa version de Gethsemane est sans doute l'une des plus émouvantes que j'ai entendues. Quant au reste du casting, Brandon Victor Dixon, qui interprète Judas, celui-ci n'est pas en reste, car sa voix donne littéralement des frissons. J'ai eu l'excellente surprise de retrouver Norm Lewis en Caïphe, avec son ton de basse immanquable et toujours tellement impressionnant, mais aussi, comme je l'ai déjà mentionné plus haut, Ben Daniels, qui sans être chanteur professionnel, offre une prestation tout à fait remarquable, à la fois rock'n roll mais aussi très émotionnelle... On notera aussi la présence plus que surprenante d'Alice Cooper qui fait une apparition éclair dans le rôle d'Hérode... Une très jolie surprise que cette version, tellement dynamique, belle et pleine de sentiments.



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Jane Eyre
Delbert Mann (1970)


Voici l'une des rares versions anglophones de Jane Eyre que je n'avais pas encore vue, et c'est à présent chose faite. Au casting, on retrouve entre autres Susannah York, et George C. Scott (interprète bien connu de Patton, au cinéma) dans les rôles principaux, et aux commandes de la BO, le fameux John Williams. Je n'attendais pas grand chose de cette adaptation, car j'avais pu en voir quelques extraits sur youtube ces dernières années, et j'avais toujours eu le sentiment que cette version était désespérément froide... Sentiment qui m'a été confirmée par mon récent visionnage complet de ce film. Il est effectivement d'un détachement peu cohérent avec la passion latente des personnages, mais la palme en revient surtout à George C. Scott qui soit a l'air aussi figé qu'un bloc de granit, soit a l'air de se demander ce qu'il fait là. Je ne crois pas que je garderai cette adaptation dans les plus mémorables du genre...

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Ladyhawke
Richard Donner (1985)


Ce film a fait les beaux jours de mon enfance, avec son romantisme échevelé, son visuel et son contexte d'heroic fantasy tellement uniques pour l'époque... Ladyhawke retrace l'histoire du chevalier solitaire Etienne Navarre (Rutger Hauer), ancien capitaine de la garde de l'évêque d'Aquila, traversant le pays avec à son bras, un magnifique faucon, qui n'est autre que la forme diurne de son amour perdu, Isabeau d'Anjou (Michelle Pfeiffer). Tous deux victimes d'une malédiction jetée par l'évêque d'Aquila, Etienne se transforme en loup la nuit et Isabeau, en faucon le jour... Une histoire donc d'un magnifique romantisme, servie par des images splendides qui n'ont guère pris une ride, ainsi que par un casting d'exception... La bande originale a peut-être quant à elle, un peu vieilli, mais plus de 35 ans après sa sortie, je frissonne toujours autant en regardant ce film, rediffusé il y a peu sur TCM... Un petit bijou romanesque comme on n'en fait plus... Il me donne subitement envie de ressortir toutes les perles eighties du même genre : Dark Crystal, Willow, Legend ou encore Labyrith...


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19 août 2019

Bilan des dernières lectures ( >> août 2019) - 1ère partie

Voilà un loooong moment que je n'ai rien posté sur ce blog... Et pourtant, ce n'est pas le manque de lectures qui en est la cause... La preuve est que j'ai renoncé à lister tous les livres qui me sont passés sous la main depuis ma dernière chronique. Pour faire simple, je me contenterai d'un petit commentaire assez succinct sur les volumes qui m'auront agréablement marquée. Voici donc un petit florilège des lectures de ces derniers mois...

Le pensionnat de Mlle Géraldine : tomes 1 à 5, de Gail Carriger


Sophronia Temminnick est véritable garçon manqué et sa mère se désespère d'en faire un jour une dame accomplie dans cette Angleterre si rigide de la fin du XIXe siècle. Afin de tenter de parfaire son éducation, la jeune fille est envoyée au pensionnat de Mlle Géraldine, spécialisé dans la formation des dames de qualité. Cette école-dirigeable, suspendue dans les airs, où l'on est sensé faire d'elle une lady, est en réalité un centre de formation pour jeunes espions en jupons...

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Oh que voilà une très jolie série Young Adult de 5 tomes, drôle et pleine de piquant, écrite par l'américaine Gail Carriger... Il y a quelque chose de frais et de bon enfant dans Le Pensionnat de Mlle Géraldine, qui associe de manière très heureuse Harry Potter et Enola Holmes, le tout en version steampunk... Alors oui, on pourrait penser que le mélange est un peu fou - et il l'est sans doute, mais la série est tellement addictive, tellement bien construite, que l'on enchaîne les tomes sans trop s'en rendre compte, tant l'intrigue est originale et les personnages attachants. Pas de noirceur excessive, quoique la série comporte son lot de complots, d'assassinats, de vampires et de loups-garous, mais une véritable lecture détente, pleine de divertissements et délicieusement rafraîchissante.

Rêver, de Frank Thilliez

Abigaël est une experte en psychologie légale, atteinte d'une forme sévère de narcolepsie. Lorsqu'elle perd tragiquement son père et sa fille dans un accident de voiture, dont elle sort presque indemne, ses cauchemars prennent progressivement le pas sur sa vie, et se mêlent à la traque du tueur d'enfants qu'elle menait depuis des mois.

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D'ordinaire, je lis très peu de polars, mais celui-ci m'ayant été conseillé chaleureusement par une amie, je m'y suis donc mis avec enthousiasme... Et je n'ai pas été déçue, car une fois commencé, il m'a été impossible de le lâcher ! Ce fut donc pour moi deux jours de lecture intensive, et joyeusement addictive. Evidemment, c'est un polar très noir, et aussi très singulier, car la ligne du temps est entièrement déconstruite, ce qui est parfois déstabilisant, mais qui fait aussi toute l'originalité de ce roman aux contours troubles et délétères. D'ordinaire, très peu pour moi les histoires de tueurs en série, d'assassins d'enfants, et de meurtres un peu gluants... La réalité est déjà suffisamment horrible à mon sens pour encore en voir dans ses lectures, mais tout l'intérêt du livre repose dans la narration particulièrement intelligente et assez inhabituelle pour un polar. J'ai donc voulu enchaîner un peu plus tard avec l'Anneau de Moebius, du même auteur, qui se base également sur une certaine déconstruction du récit, mais qui en raison de son contexte un peu nauséabond, m'est complètement tombé des mains... Comme quoi, Rêver fait vraiment figure d'exception... 

Nosferatu contre Dracula : étude et analyse cinématographique, d'Olivier Smolders

Le livre se présente comme une petite analyse de l'image du vampire à travers le cinéma, en se basant sur la toute première adaptation à l'écran de Dracula, à savoir le Nosferatu de Murnau, mais à vrai dire, il s'agit plutôt d'un plaidoyer pour la défense de ce personnage, dont il est demeure la plus primitive et la plus ténébreuse des transpositions de Dracula à l'écran. Personnellement, même si j'apprécie toujours de lire des analyses littéraires ou cinématographiques, je n'ai pas accroché à tous les propos de l'auteur, qui conteste assez fermement l'interprétation de Lugosi dans le rôle... Et là, c'était la chose qu'il ne fallait me dire... :) Parce que, Belà Lugosi, c'est chasse gardée, verboten, gefärhlich : on ne touche pas ! Cela dit, le livre demeure très intéressant puisqu'il évoque les différentes adaptations, leur chronologie, influences, etc. Une curiosité pour les amateurs du prince des vampires...






Le Vampyre, de John Polidori - suivi de Lord Ruthwen ou Les Vampires, de Cyprien Bérard

Alors, il me faut être honnête, j'étais enthousiaste à l'idée de lire enfin le mythique Vampyre de John Polidori. Pour vous expliquer le contexte : c'est lors d'un séjour commun en Suisse que Byron, Polidori, Percy Shelley et Mary Wollstonecraft Godwin (future Shelley), en proie à un ennui profond, se lancent comme défi d'écrire un récit fantastique. Mary Shelley écrit Frankenstein, Byron pose les bases d'un récit vampirique qu'il abandonne, mais que Polidori achèvera. Ce récit de quelques dizaines de pages, et somme toute assez moyen, n'est vraiment pas marquant. Il l'est plutôt pour l'aura de mystère qui entoure sa création, mais en dehors de cela, il retombe plutôt à plat, malgré le petit succès qu'il semble avoir connu à l'époque de sa parution. Et ce n'est pas la séquelle écrite par Cyprien Bérard en 1820 qui va rattraper le coup, et que j'ai achevé assez péniblement... Le mythe du vampire est retombé comme un soufflé, et mon enthousiasme avec...






Jane, de Aline Brosh McKenna et Ramón K. Pérez, d'après Charlotte Brontë (BD)


Après une enfance malheureuse, Jane part vivre à New-York, afin de réaliser des études d'art. Cherchant un petit boulot qui pourra payer son loyer, elle est engagée comme nanny pour prendre soin d'Adele Rochester, la fille d'un puissant homme d'affaires, taciturne et méprisant...

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Comme vous l'aurez sans doute compris, Jane est une transposition moderne de l'oeuvre de Charlotte Brontë au format comics. Malgré toutes mes craintes concernant cette adaptation de contexte, je dois dire que les auteurs s'en sont plutôt bien sortis. Le dessin est très agréable, et comme je l'ai dit, tout à fait dans la veine américaine, avec un scénario pour le moins efficace. Cependant, même si j'ai beaucoup apprécié la lecture, lorsque je prends un peu de recul, je m'aperçois que la trame choisie est tout de même relativement convenue, si on la compare au schéma de n'importe quelle série américaine un tant soit peu bien menée. Il y a des intrigues amoureuses, des rebondissements, des assassinats, des complots... Bref, tout ce qui finalement marche très bien auprès du lecteur d'aujourd'hui, mais qui a déjà été vu cent fois. On peut le dire, les transpositions modernes d'oeuvres classiques font parfois un peu grincer des dents... En perdant le contexte victorien, avec son lot de codes stricts, d'interdits et de dissimulations, on perd aussi un peu du charme de l'histoire originale, qui présentait un personnage féminin très fort, très indépendant, qui parle de mensonges, de liaisons adultères, et de bigamie, dans une époque où il n'était pas vraiment de bon ton d'en faire étalage... Jane Eyre, à son époque, a eu toutes les peines du monde à trouver son public, allant jusqu'à choquer une majeure partie de son potentiel lectorat. On comprendra qu'il y a donc un fossé entre les interdits victoriens, qui n'ont plus lieu d'être aujourd'hui, et ceux que cette version moderne présente. On tombe inévitablement dans une trame, qui en se voulant toujours proche du matériau de base, reste très convenue sur la forme. Je pense que cette version de Jane Eyre, si elle n'est pas révolutionnaire, pourrait peut-être amener des lecteurs vers l'original s'ils ne la connaissent pas... 

Judas, d'Amos Oz


Schmuel Asch, étudiant sans le sou dans le Jérusalem de la fin des années 50, est engagé par Atalia Abravanel, pour tenir compagnie à son beau-père invalide quelques heures par jour, en échange d'un petit salaire et d'un logement gratuit... Schmuel, sous le charme de la jeune femme, accepte de tenir compagnie au vieux philosophe, tandis qu'apparaissent à travers leurs conversations touchant à la politique et à l'histoire, les évocations douloureuses de la création d'Israël, et de la figure récurrente du traître... 

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C'est à la nouvelle de la mort d'Amos Oz il y a quelques mois, que je me suis enfin décidée à lire l'un de ses romans les plus emblématique, Judas. Cela a été un énorme coup de coeur, tant pour le style de l'oeuvre, que pour les trois personnages principaux, Atalia en tête, figure de femme forte, taciturne, nimbée d'une aura de mystère, qui fascine inévitablement. Et puis, il y a évidemment l'histoire très douloureuse de la création de l'état d'Israël qui est évoquée tout au long de ce roman, des controverses qu'elle a soulevé et qu'elle soulève toujours, à travers des récits décomplexés sur les exactions des uns et des autres et sur les positionnements difficiles de certains sionistes, perçus comme des traîtres à leur patrie. Evidemment, je suis loin d'être une spécialiste du conflit israëlo-palestinien, mais j'ai compris énormément de choses à travers ce livre, à travers ses personnages si nuancés et complètement stigmatisés par les décisions et les violences d'un état balbutiant. Un très grand et un très beau roman, que je recommande vraiment chaleureusement.

La révolte, de Clara Dupont-Monod

Reléguée dans l'ombre de son second mari, le roi d'Angleterre Henry II, et interdite par lui à régner sur son pays d'Aquitaine, Aliénor fomente une révolte terrible, qui fera se soulever les fils contre le père... Lutte intestine, sanglante, qui sera réprimée dans le sang...

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La révolte est certes un récit historique, mais extrêmement romancé sur la forme. Les faits sont évidemment exacts, mais c'est surtout la manière si belle et si puissante de présenter ces personnages emblématiques, qui font de ce roman une magnifique évocation, inspirante et ténébreuse de ces épisodes de l'histoire croisée de France et d'Angleterre. L'originalité de ce récit réside dans le fait qu'il est rédigé au présent et qu'il est mené par Richard Coeur de Lion, le fils préféré d'Aliénor, cette reine au tempérament d'acier, si extrême, si résolu, qui a fait vaciller à plusieurs reprises le trône de son second époux, le roi d'Angleterre. Les personnages évoqués par Clara Dupont-Monod sont terriblement vivants, des époux ennemis à leurs enfants manipulés, prisonniers d'une lutte de pouvoirs entre une mère tentaculaire et un père despote... Un magnifique roman, que l'on referme difficilement !

A suivre...










03 janvier 2019

TAG : Les dix films essentiels : 1ère partie

Une fois n'est pas coutume, pour casser la monotonie des articles, voici un petit TAG bien sympathique, glané au hasard du web, sur lequel j'ai trouvé très agréable de réfléchir...

Le but : citer dix films qui ont eu un impact significatif sur vous lors du premier visionnage, que vous l'ayez vu enfant, adolescent ou adulte. Afficher une image, qui ne soit pas l'affiche du film, mais d'une scène-clé essentielle à vos yeux, par exemple. Pas de longue explication, juste le sentiment général qui s'y trouve lié...

1. Hamlet, de Laurence Olivier (1948)

C'est le premier film qui m'est venu à l'esprit lorsque j'ai réfléchi à ce tag. Il est certainement l'oeuvre qui a le plus marqué mon adolescence et mon rapport au théâtre classique. J'ai déjà parlé de ce film ici, je ne vais donc pas trop m'étendre sur le sujet, mais il est vrai que son esthétique unique, son ambiance lugubre et asphyxiante a énormément conditionné ensuite mes goûts en matière de films, de récits, et d'art en général (maintenant que j'y pense, ce doit être à cause d'Hamlet que j'adore le monochrome...) Ce film est à mon sens la plus merveilleuse adaptation de la pièce, d'autant qu'elle véhicule une sorte d'aura ténébreuse qui a tendance à imprégner le spectateur longtemps après le visionnage. La scène-clé qui m'a le plus marquée dans ce film est la scène du premier acte, durant laquelle le spectre du défunt roi apparaît à son fils sur les hauteurs des remparts du château d'Elseneur. Le fantôme du monarque apparaît dans une brume épaisse, sur un fond d'un noir d'encre aussi n'aperçoit-on que les contours du personnage, hormis le reflet de deux yeux incandescents sous un heaume... La voix de l'apparition qui semble comme émaner des profondeurs n'est pas étrangère au malaise que l'on ressent au visionnage (pour l'anecdote, cette voix est en réalité celle de Laurence Olivier, qui avait enregistré le texte sur une bande magnétique, qu'il a simplement passé au ralenti au montage : comme quoi, ce sont parfois les effets les plus simples qui se révèlent les plus efficaces) ... Glaçant et magistral...


I am thy father's spirit,
Doomed for a certain term to walk the night
And for the day confined to fast in fires
Till the foul crimes done in my days of nature 
Are burnt and purged away. [...]


2. Dune, de David Lynch (1984)

Pour le coup, il s'agit ici d'un film d'enfance, et un film bizarroïde s'il en est. Tout le monde a, je pense, déjà entendu parlé de Dune, l'interminable série de romans de science-fiction de Frank Herbert. Il s'agit ici de l'une des adaptations sans doute les plus folles (peut-être pas forcément la plus fidèle au roman) - forcément me direz-vous, car elle a été pensée et réalisée par David Lynch - mais aussi la plus noire. J'ai vu ce film vers l'âge de 7 ou 8 ans, si je me souviens bien, et malgré qu'il soit assez horrible à voir pour un jeune public, je l'avais absolument adoré. Pas de visuel très sanglant, mais un nombre faramineux d'assassinats, d'intrigues politiques et familiales, de grosses bestioles rampant dans les sables, sur fond de trafic d'une drogue appelée l'épice et donnant un pouvoir incommensurable à celui qui la consomme, notamment celui de voyager dans l'espace sans déplacement...  L'intrigue est particulièrement retorse, donc, mais très onirique et symbolique, surtout quand je la considère a posteriori. J'ai eu toute mon enfance une admiration sans bornes pour le personnages de Paul Atréides (Kyle MacLachlan, ci-dessous), alias le Muad'Dib, sorte de messie attendu par le peuple des Fremens, habitant la planète Dune. Le personnage, omniscient, charismatique, voire légèrement tyrannique, est absolument fascinant. J'ai vraiment dû faire un choix cornélien pour retenir un plan en particulier, car il y a énormément de scènes essentielles dans ce film, qui dans mon enfance, a toujours eu ma préférence par rapport aux films de la franchise Star Wars, que j'ai (re)découvert plus tard. La scène en question se déroule dans le désert d'Arrakis, autre nom de la planète Dune, lorsque Paul, pour prouver au peuple des Fremens qu'il est le messie tant attendu, se doit de maîtriser le ver des sables géants, qui sécrète l'épice. Paul "appelle" donc la créature, horriblement dangereuse, tandis qu'au loin, les Fremens observent la scène...
A vrai dire, rien que le fait d'en parler me donnerait presque envie d'écrire un article à part entière sur le sujet... :) Il se pourrait bien qu'un jour je m'y mette... 

Paul Atréides, le Muad'Dib attendu sur Arrakis

3. Notorious, d'Alfred Hitchcock (1946)

Encore un autre film d'adolescence, découvert grâce au Cinéma de minuit, que j'ai vu, vu et revu à un point que la VHS en était devenue toute usée... Notorious, traduit en français par Les Enchaînés (titre vraiment ridicule, s'il en est), raconte l'histoire de deux agents des services secrets américains, Devlin et Alicia, campés par Cary Grant et Ingrid Bergman, partant à la traque aux anciens nazis réfugiés en Amérique du Sud. Dans le but de mettre au jour leur laboratoire de raffinement de minerais d'uranium, la jeune espionne parvient à se faire épouser par le chef de leur réseau, interprété par Claude Rains. Tout se déroule à peu près pour le mieux jusqu'au jour où elle est progressivement empoisonnée par son mari à coups d'arsenic...
Notorious, malgré l'excellente excuse d'être un film d'intrigue et d'espionnage, est avant tout un petit bijou romantique à l'état brut... On dirait presque que l'histoire de groupuscule nazi n'est qu'une excuse pour des scènes à faire fondre nos coeurs de midinette à l'écran. Parce que les deux espions, ben, ils s'aiment, mais c'est compliqué... :) L'une est une ancienne alcoolo repentie, doublée du fait qu'elle est d'origine allemande, mais bonne comme le pain, et l'autre est un gars inaccessible, parfaitement glacial, qui sait bien que ce n'est pas une bonne idée, ah non, vraiment pas, de s'enticher de sa partenaire... Alors, bref, ce film est un déluge de romantisme, avec amours contrariées à la clé. La scène qui me vient tout naturellement en tête est celle où Devlin, malgré l'interdiction de sa hiérarchie, part à la rescousse d'une Alicia empoisonnée, et retenue captive dans la maison de son nazi de mari... C'est beau, c'est pur, c'est d'un romantisme fou, et pourtant sans jamais d'excès. C'est vraiment un film dont je ne me lasse pas.

Notorious : encore un plaisir coupable, tiens...

4. Jane Eyre, de Robert Stevenson (1944)


Décidément, la plupart des films qui m'ont marquée durablement ont été visionnés pendant l'adolescence... J'ai vu celui-ci durant l'été sur la chaîne Club-RTL qui diffusait auparavant tous les mercredis soirs, un classique du cinéma... Je ne connaissais à l'époque pas du tout Jane Eyre, ni l'histoire d'ailleurs, que j'ai découvert en visionnant ce film avec Orson Welles et Joan Fontaine. Le lendemain, je commençais le roman (merci la bibliothèque familiale), qui m'a tenu en haleine pendant 3 jours, durant lesquels je ne faisais absolument que lire... Ce roman est non seulement celui qui m'a permis de connaître la littérature victorienne, mais qui m'a aussi plongé dans la passion de la lecture tout court. Alors certes, le film a des défauts (et je vous passe vraiment l'horreur totale de la VF), mais il a une magnifique atmosphère. J'ai particulièrement été marquée par le scène lors de laquelle Jane et Helen, au pensionnat de Lowood, sont punies pour avoir fait preuve de rébellion et de vanité... On les voit donc porter des poids à bout de bras, en tournant en rond dans la cour de l'école, sous une pluie diluvienne. Cet épisode est d'ailleurs absent du roman, mais il permet de résumer en quelques images fortes les privations et les humiliations subies par Jane au pensionnat.



5. Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban, d'Alfonso Cuarón


C'est décidément ce film de la série qui m'a rendue accro à la saga. Auparavant, je n'avais pas lu les romans, et ne connaissais l'histoire que de manière très imparfaite. Le Prisonnier d'Azkaban, avec son esthétique irréprochable, sa noirceur, ses personnages attachants et troubles, m'a vraiment marqué l'esprit. La scène-clé qui me vient à l'esprit est sans doute celle du train, arrêté par les détraqueurs venus d'Azkaban. Je me souviens avoir été glacée par l'apparition de ces créatures désincarnées dans le compartiment de Harry, lorsque toutes les vitres se recouvrent de givre, et que l'on voit une main noueuse, osseuse, se glisser sur la porte pour l'ouvrir. Une véritable vision de cauchemar et un grand moment d'angoisse... :p 



La deuxième partie, c'est par ici.

03 juillet 2013

The Autobiography of Jane Eyre : une websérie !

Certains d'entre vous ont certainement entendu parler de The Lizzie Bennet Diaries, l'adaptation moderne de Pride & Prejudice dans un format vlog ou websérie, qui a été l'un de plus grand succès youtube du début de l'année 2013. Ce genre de séries se composent d'un épisode de quelques minutes, posté toutes les semaines, et tâche de retranscrire dans notre époque et sa saturation de média de tous ordres, certains grands classiques, avec tous les risques que cela comporte. Mais voilà : c'est en réalité complètement addictif pour le spectateur internaute... Si j'ai manqué les débuts The Lizzie Bennet Diaries, et son immense popularité (près d'un demi-million de vues pour chaque épisode), une nouvelle websérie a vu le jour il y a quelques semaines : The Autobiography of Jane Eyre.
Cette série, plus modeste, avec un budget proche du néant total, cofinancée, écrite et gérée par ses comédiens et son équipe de production, offre un nouvel aspect de la série made in web !  Dès la première vidéo, soyons honnêtes, j'ai été "accrochée", voire scotchée par l'aspect très intimiste de la production, et par le talent de la comédienne, Alysson Hall, qui tient le rôle de Jane Eyre, qui affiche tour à tour détermination, volonté, tristesse, insouciance, dans des confidences si touchantes qu'elles en paraissent presque authentiques. La série en est à son 14e épisode, et Mr Rochester que tout le monde évidemment attendait au tournant, a fait son apparition. Il est clair que les créateurs jouent avec les pieds des internautes : trois semaines que Rochester apparaissait à demi-caché, soit par un mauvais angle de caméra, soit parce que la caméra est tombée par terre (Mr Rochester, il ne fallait pas essayer de renverser Jane avec votre voiture... ^_^), soit parce qu'il tourne le dos à l'objectif. Pendant un temps, nous avons donc vu un avant-bras tatoué, son dos... et ses chaussettes (si, si). On en sait désormais (un peu) plus sur ce personnage emblématique, ainsi que sur la maison où Jane est engagée pour s'occuper d'Adèle, où il semble se tramer des choses pour le moins étrange.



Difficile d'adapter ce classique victorien, avec son carcan de conventions sociales, dans le monde d'aujourd'hui, penserez-vous. En réalité, pour l'instant, l'histoire fonctionne, car particulièrement bien écrite et pensée, malgré le manque visible de moyens, et l'aspect très "amateur" de cette production d'origine canadienne, si on la compare avec celle des Lizzie Bennett Diaries, avec ses scénaristes et comédiens rémunérés. Cependant, je dois dire que l'on y croit davantage pour cette raison. Il y a quelque chose de très vrai, d'authentique même, dans cette série, aussi modeste soit-elle. Je vous assure en tout cas qu'une fois visionnée, vous ne la lâcherez plus !

Pour plus d'infos, voici le site officiel de la série : http://theautobiographyofja.wix.com/jane-eyre
où sont référencés l'entièreté des transmedias par lesquels Jane s'exprime (tumblr, instagram, twitter), ainsi que les autres personnages de l'histoire, et avec lesquels les internautes peuvent donc interagir... Le concept ne manque pas d'audace et d'originalité...

Chaque épisode est posté tous les mercredis à 18h, sur le compte youtube de la série.


13 juillet 2012

Lectures de ces dernières semaines...

Comme j'ai l'habitude de le faire à présent, je vous livre dans ce billet, en vrac, les dernières lectures du moment.


L'homme qui rit, de Victor Hugo. (*****)

Sur les excellents conseils de Lorinda, je me suis attaquée à ce merveilleux roman de Hugo, qui trônait paisiblement depuis des mois (peut-être des années ?) sur le dessus de ma vertigineuse pile de livres à lire... Après avoir lu les posts de son blog avec attention et délectation, je me suis donc plongée à nouveau avec délice dans la merveilleuse prose de l'auteur. Et je l'en remercie !
L'homme qui rit, fable humaniste à la fois tendre et terrible, regorgeant de personnages haut en couleur ou d'une noirceur à frémir, fait partie de ces romans qu'il est réellement difficile d'oublier. A l'égal de Notre-Dame de Paris et des Misérables, L'homme qui rit fait partie sans doute des plus beaux romans de l'auteur. On pourra certes lui reprocher certaines longueurs, mais le style est tellement unique, tellement lyrique, que l'on ne peut être que définitivement charmé et transporté. Au-delà des descriptions psychologiques d'une finesse et d'une justesse splendides, il y a un sentiment très net qui s'émane de ces lignes : la magnifique galerie de personnages que l'on apprend à placer, au fil de la lecture, du côté de la lumière ou de l'ombre. Qui sera, en définitive, appelé vers l'abîme, ou vers les nuées célestes ? Qui sera le juste ? Est-ce que l'innocence et le bon droit suffiront pour vaincre la noirceur du monde et des hommes ?
Lady Josiane, Lord Dirry-Moir, Barkilphedro, les pairs d'Anglettere qui se gausseront d'un Gwynplaine redevenu Lord Clancharlie ; puis il y a Dea, la véritable lumière de ce roman, l'âme véritable de ce monde déréglé, la pureté et l'innocence qui émane, seule, de cette fange. Une sorte d'ange venu du ciel, qui voit "avec les yeux de l'âme", et qui de ses frêles mains, tirera Gwynplaine vers le haut. Mais lorsque Barkilphedro vient extraire le jeune homme de sa vie errante, pour le précipiter dans l'arène d'un monde dont il n'a jamais perçu le danger ou la bassesse, Gwynplaine pour la première fois, entrevoit le doute, le désir, l'ambition, la grandeur, et son personnage jusqu'alors lumineux, se voile.
Au-delà d'un roman historique, comme on le dit souvent sur la condition du peuple et sur la révolution, L'homme qui rit est bien plus, à mes yeux, une merveilleuse réflexion sur l'âme et la nature humaines.

A breath of Eyre, Eve Marie Mont (*)

Après L'homme qui rit, j'avais réellement besoin d'une lecture détente... ! A breath of Eyre, roman jeunesse d'Eve Marie Mont a été, au départ une jolie bouffée d'oxygène après une lecture très prenante et très sombre.
Je dis bien "au départ", car j'ai été finalement très déçue de la tournure d'une banalité affligeante qu'a pris ce roman dans ces derniers chapitres. Le principe de ce roman, est de doter son héroïne de 16 ans, passionnée de lecture, du pouvoir de se glisser à loisir dans ses romans favoris (ici Jane Eyre, comme vous l'aurez compris), au point même de ne plus savoir en sortir et d'oublier jusqu'à sa propre identité. Alors, bien entendu, le concept n'est pas nouveau (merci Jasper Fforde et Thursday Next), mais le style était frais, sans prises de tête, et avec malgré tout un très beau recul sur les personnages de Charlotte Brontë, délicieusement réexploités pour le plus grand plaisir de ses lecteurs assidus. Malheureusement, l'histoire tourne court, et on retombe rapidement dans une histoire policée pour adolescents en quête d'identité... Tout cela sent malheureusement le déjà-vu... Si l'on s'est déjà frotté à la littérature jeunesse (Stephenie Meyer, Beth Fanstaskey, Alex Flynn, j'en passe et des meilleures,...), le lecteur s'ennuiera très vite, et on refermera le livre sans vraiment de regret. Il est simplement à noter pour les amateurs, que ce livre est le premier d'une série toujours en cours d'écriture, dont les prochains tomes seront consacrés à La lettre écarlate, de Nathaniel Hawthorne, et (je vous le donne en mille...) Le fantôme de l'Opéra.

6000 nuits, d'André Borbé (*)

Encore une lecture jeunesse, achetée sur la jaquette plutôt jolie, et sur un extrait en quatrième de couverture plutôt accrocheur.
A mi-chemin entre le fantastique et l'anticipation, 6000 nuits retrace l'histoire d'une adolescente (encore !) insomniaque vivant sous l'égide d'un régime totalitaire (Hunger Games !), qui a banni tous les livres ou toute forme d'inventivité (Fahrenheit 451 !).
Un scénario, malgré des redites visibles, plutôt plaisant, mais qui n'a pas su renouveler ou se jouer de ses clichés, le tout noyé dans une écriture au lance-pierre.
Un beau moment de détente, mais sans nouveauté et sans réelle inventivité.



Vienne la nuit, sonne l'heure, de Jean-Luc Bizien (**)
Tome 3 de La Cour des Miracles

On peut dire que j'attendais de pied ferme le tome 3 de cette magnifique série de Jean-Luc Bizien ! Le retour du ténébreux aliéniste Simon Bloomberg se faisait attendre depuis la sortie de La main de gloire il y a trois ans... Et depuis lors, aucune nouvelle. Ce qui aurait presque laisser à penser que la série allait donc s'arrêter sur ce second volet.
Malgré toute mon adoration pour La Cour des Miracles et pour ses personnages principaux (le docteur Bloomberg en tête, et sa gouvernante Sarah Englewood), mon avis sera finalement quelque peu en demie-teinte. Tout d'abord, je ne cacherai pas que j'ai éprouvé un égoïste plaisir à retrouver la belle écriture de Jean-Luc Bizien, et sa manière très "XIXe" de faire raisonner ses personnages. Je m'explique : très souvent, les auteurs modernes qui se frottent au roman historique ou à un contexte littéraire passé, se prennent à faire parler leurs héros ou les faire agir selon la mode du XXIe siècle, ce qui est déplaisant voire même, fortement dérangeant. Jean-Luc Bizien a une écriture pleine de pudeur, et il tâche d'adapter son raisonnement au cadre de son intrigue. Cependant, je regrette une chose dans ce style, justement : l'aspect répétitif de la narration, des termes employés, des expressions retenues. Choses qui ne m'avaient pourtant pas frappées dans les deux premiers tomes. J'ai regretté sincèrement ces petites erreurs et finalement le manque d'inventivité de l'auteur dans ce roman, qui pourtant promettait de belles découvertes sur la personnalité assez obscure de Simon Bloomberg. Tout d'abord, il est à noter que le noeud de l'intrigue est découvert très (trop!) tôt dans la narration du roman, et le dénouement final m'en a paru quelque peu gâché. Il serait néanmoins malhonnête de dire que je tournerai le dos à cette série pour autant, car elle est à la fois originale et respectueuse de son contexte historique. 



28 mai 2012

Jane Eyre, de Cary Joji Fukunaga (2011)

Produit par Focus Features et BBC Films (2011)

avec Mia Wasikowska (Jane Eyre), Michael Fassbender (Edward Rochester), Jamie Bell (St John Rivers), Dame Judi Dench (Mrs Fairfax), Tamzin Merchant (Mary Rivers), Holliday Grainger (Diana Rivers), Sally Hawkins (Mrs Reed), Romy Moore (Adèle), Harry Lloyd (Richard Mason), Imogen Poots (Blanche Ingram)


Bon, je vais vous faire grâce d'un énième résumé de cette sublime histoire écrite par Charlotte Brontë et publiée en 1847 sous le pseudonyme de Currer Bell. Cela ne serait sans doute pas d'une très grande utilité dans le cadre de cet article, puisqu'il sera surtout question ici de l'adaptation tournée par Cary Fukunaga et adaptée par Moira Buffini. 

On avait annoncé, lors du tournage puis de la post-production, que ce film serait un retour aux sources originelles de l'oeuvre, sur fond d'expressionnisme et d'ambiance gothique. Les bandes-annonces qui circulaient depuis quelques temps laissaient effectivement entrevoir quelque chose qui pouvait y ressembler, le tout mis en valeur par une photographie très soignée. 

Après avoir visionné cette adaptation, mon sentiment est mitigé, mais pas réellement négatif. Tout d'abord cette nouvelle version vient très tôt (trop tôt ?), après la dernière mouture de la BBC, diffusée en 2006 et riche de 4 épisodes - qui comporte pour sa part de très bons éléments, mais aussi de quelques notables déceptions, mais ce n'est pas notre sujet. Au vu du nombre d'adaptations existantes du roman, on pouvait résolument se demander ce que le réalisateur et la scénariste auraient encore à se mettre sous la dent... Contre toute attente, ils ont effectivement trouver une nouvelle manière de surprendre le spectateur et l'admirateur le plus fervent, mais en suscitant en même temps une grande part de réserve. Ce dernier point demande quelques explications. La scénariste est parvenue à prendre l'histoire à contre-pied, en imposant une narration en flashbacks. Cela a le don de surprendre, certes, mais aussi de déconcerter. Cette manière de présenter l'histoire de Jane Eyre est nouvelle, inédite même, mais on y perd inévitablement quelque chose d'essentiel : l'âme même du roman.
Jane Eyre est une oeuvre d'un grand romantisme, mais sans sentimentalité excessive : son héroïne est intelligente et forte, d'une droiture et d'une moralité inébranlable. C'est une femme amoureuse mais réaliste. Jane Eyre, c'est le roman d'une personnalité en même temps que le récit d'une histoire d'amour. Rochester est la pierre angulaire de cette quasi biographie, dans laquelle Charlotte Brontë a mis beaucoup de son âme et de son expérience personnelle (et malheureuse, il faut bien le dire). Rochester est omniprésent, essentiel, écrasant même, par son caractère impétueux, ses manières brutales, qui sort Jane de son mutisme, de sa réserve, et réveille enfin cette nature passionnée, éteinte depuis l'enfance.


Le film a égaré finalement par sa structure, ces éléments qui faisaient le charme indéniable de l'oeuvre. Construit à l'envers, le récit de Jane se dévoile immédiatement sous son jour le plus dramatique, quand ses espoirs ont été bafoués, ses désirs perdus. Le spectateur appréhende l'histoire à rebours, et l'on y perdrait presque de vue le romantisme écrasant d'origine.
Le film en devient pratiquement intimiste, le tout renforcé par une bande originale pratiquement inexistante, ou par des musiques si discrètes et si éteintes, que l'on a quelquefois une singulière impression d'enfermement ou de neurasthénie...  Cette version présente une vision donc très personnelle de l'oeuvre, mais certainement pas universelle. Cette manière de faire peut être appréciable lorsque l'on connaît suffisamment bien l'histoire pour en connaître tous les ressorts, mais certainement pas dans une première approche.



Venons-en à Rochester, personnage pourtant fondamental, qui ici se retrouve presque relégué à la seconde place. Alors, bien entendu, il serait malhonnête de dire qu'il n'y a aucun romantisme, aucune dynamique entre les deux acteurs. Mia Wasikowska offre une prestation honorable, mais un peu terne et monocorde (même si j'accorde qu'il y a pire en la matière). Sa relation, tendre et maternelle avec Adèle, a quelque chose d'inédit et de sublime, qui ne peut qu'emporter l'adhésion du spectateur. Quant à Michael Fassbender, malgré un talent indéniable lorsqu'il s'agit d'interpréter des personnalités instables, se retrouve éclipsé par le récit intimiste de Jane. La scène la plus marquante, et la plus réussie dans son esthétisme, dans son aspect dramatique, est celle des explications, des supplications, des menaces, de Rochester. Il y a une puissance dramatique, très intense, dans cette scène, qui tirerait presque des larmes. (Car je trouve décidément que rien ne peut égaler les larmes du Rochester de Timothy Dalton en 1983, qui monologue d'un trait et sans coupures pendant les 10 minutes que durent le texte original...)



D'autre part, il est difficile de percevoir les éléments gothiques tels qu'ils avaient été annoncés. A vrai dire, je n'en ai rien vu, et j'ignore encore dans quelles scènes exactement cet aspect est davantage mis en avant que dans les adaptations précédentes (mis à part peut-être dans la scène de la chambre rouge, quoique). Mais cela n'est finalement pas très important, puisque l'ambiance si particulière de cette adaptation vient surtout de l'esthétisme léché de ses images, du soin apporté à chaque séquence, à chaque plan sur la lande, sur la campagne désolée, sur les collines enneigées. Peu d'adaptations de Jane Eyre ont laissé une si belle place aux images, et le film vaut principalement ses éloges à cet aspect tour à tour charmant ou inquiétant de son cadre.


D'ailleurs, je ne résiste pas à poster cette image de la lande sous la neige, et de la maison que Jane occupe depuis sa fuite de Thonrfield... Décor qui vaudra au personnage quelques rêveries du plus bel effet... Scène qui est également d'une très belle facture, et qui réveillera inéluctablement les coeurs romantiques... ^_^





12 novembre 2010

Jane Eyre 2011 - Affiche, photo et trailer !

Enfin des nouvelles fraîches sur le film de Cary Fukunaga, actuellement en post-prod... !

La production Focus Features a mis en ligne le 9 novembre l'affiche (pour l'instant) officielle, et une photo des deux principaux protagonistes...

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Un trailer est visible sur Yahoo Movies :



Eh bien, même s'il est difficile de se faire une idée du film sur 2'10", le tout me paraît sombre, gothique et plutôt respectueux de l'esprit original... On ne demande qu'à être agréablement surpris par ce casting plutôt jeune (21 ans à peine pour Mia, et 33 ans pour M.Fassbender), et on ne demande bien sûr qu'à en voir davantage !!!

Le site officiel de la production Focus Features : http://www.focusfeatures.com/focusfeatures/film/jane_eyre/

More to come...

25 juin 2010

Jane Eyre 2011 - Cary Fukunaga

Les informations se précisent un peu au sujet de cette nouvelle adaptation de Jane Eyre.

Tout d'abord, deux photos de la jeune Mia Wasikowska dans le rôle de Jane, parue dans le courant du mois de mai, délivrée par la production Focus Features.

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Malheureusement, toujours pas d'aperçu du nouveau Mr Rochester, alias Michael Fassbender...

Le tournage étant terminé depuis plusieurs semaines maintenant, certaines sources semblent confirmer que le film pourrait être présenté au Festival du film de Venise en septembre, avec une sortie officielle pour mars 2011 au cinéma.

A suivre...

09 avril 2010

Jane Eyre : once again !

C'est à présent officiel, cette nouvelle adaptation de Jane Eyre dont on parle depuis 2 ans, va enfin voir le jour. Le tournage a en effet commencé il y a deux semaines dans le Derbyshire, ce qui nous est confirmé d'une part par IMDB et d'autre part sur le site de Focus Features, en co-production avec BBC Films.

Souvenons-nous que la dernière version en date ne remonte qu'à l'hiver 2006, toujours produite par la même BBC, mais pour la télévision (diffusée à l'époque sur BBC One, et qui avait fait l'objet de plusieurs articles sur ce blog). Celle-ci réunissait à l'écran les excellents Toby Stephens et Ruth Wilson dans les rôles de Rochester et de Jane.
Evidemment, on peut trouver que cette nouvelle adaptation arrive bien trop tôt, mais étant destinée au cinéma, elle peut s'adresser à un plus large public, bénificiant aussi d'un format plus accessible car plus court.

Aux commandes, le réalisateur de Sin nombre, Cary Fukanaga, ainsi que Moira Buffini au scénario.

Cary Fukunaga

Pour le cadre, nous retrouverons cet incontournable Derbyshire, et le non moins incontournable Haddon Hall pour représenter Thornfield Hall.

Haddon Hall - Derbyshire

On ne pourra contester la magnificence de la demeure (ce serait malheureux !), mais plutôt la répétition de son utilisation pour les différentes adapatations du roman de Charlotte Brontë, puisqu'elle a été utilisée par Franco Zeffirelli pour le version cinématographique de 1996 et par Susanna White pour la version BBC de 2006. Plusieurs scènes semblent également se tourner également ces derniers jours dans la ville de Sheffield.

Le casting, plutôt alléchant, comportera entre autres Dame Judi Dench dans le rôle de Mrs Fairfax (Pride & Prejudice, différents James Bond, Ladies in Lavender, etc.).

Dame Judi Dench

On trouvera également Sally Hawkins (Persuasion, Tipping the Velvet, etc.), dans le rôle de la tante de Jane.

Sally Hawkins

Jamie Bell incarnera pour sa part St John Rivers, le cousin de Jane (vu dans Billy Elliot, et les futures aventures de Tintin...)

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Et gardons le meilleur pour la fin, c'est à dire, les deux têtes d'affiche...

Pour incarner Jane Eyre, on trouvera Mia Wasikowska, très récemment vue dans l' Alice in Wonderland de Tim Burton.

Mia Wasikowska

Après que l'info ait été soumise à des désistements divers, le nouveau Rochester sera campé par Michael Fassbender, acteur d'origine irlando-allemande, vu dans Angel de François Ozon, Inglorious Bastards, Hunger, 300, ou encore dans le nouveau péplum à venir Centurion.

Michael Fassbender

Un casting relativement jeune donc, pour servir un film qui promet, aux dires de la production, d'être bien plus noir et plus trouble que ses prédécesseurs...

Sortie en salle courant 2011.

15 mai 2008

Jane Eyre et Wuthering Heights : les Brontë au cinéma pour 2009 !

La nouvelle est tombée voici quelques jours... Une nouvelle version de Jane Eyre, produite par le BBC, est en préparation pour le grand écran. Dans le rôle titre, on trouvera la jeune Ellen Page, actrice canadienne de 21 ans, vue récemment dans le film Juno.




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Ellen Page

Dans le rôle de Rochester, les paris restent ouverts, car aucun acteur n'est encore annoncé.

Je ne sais pas trop quoi penser de cette nouvelle. D'un côté, je trouve que cette adaptation vient beaucoup trop tôt après celle de 2006, qui réunissaient les sublimes Ruth Wilson et Toby Stephens. D'un autre côté, cette dernière étant une adaptation télévisée, on peut espérer qu'une nouvelle version au cinéma fera connaître le roman à un plus large public. J'attends cependant avec impatience le nouveau Rochester et je n'ose faire aucun pronostic sur des acteurs déjà vus dans des costume dramas ces dernières années. Wait & See...

L'autre grande nouvelle est la double adaptation de Wuthering Heights.

On attend donc deux adaptations du roman d'Emily Brontë. L'un pour la télévision (réalisé apparemment par ITV) et l'autre pour le cinéma.

Parlons d'abord du premier. Pour celui-ci, le casting annoncé est le suivant : Katie Riley pour Catherine Earnshaw (encore inconnue au bataillon...), Tom Hardy pour Heathcliff (quelle drôle d'idée...), Sarah Lancashire pour Ellen Dean et Andrew Lincoln pour Edgar Linton, qui est à mon sens, la seule bonne surprise de ce casting. A la limite, on aurait interverti Andrew Lincoln et Tom Hardy, j'en aurais été contente. Pour la petite info, Andrew Lincoln est le personnage de Love Actually qui déclare sa flamme avec des pancartes à Keira Knightley ^_^

Maintenant le second. Natalie Portman, d'abord annoncée pour Cathy vient de se désister... Le mystère reste donc entier sur ce point. On annonce Michael Fassebender en Heathcliff. On a pu le voir dans le film Angel d'après Elizabeth Taylor par François Ozon.


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Michael Fassbender


Eh bien, sur ce point, je ne vois aucune objection pour l'instant. Je ne sais pas de quoi le bonhomme peut être capable. Sera-t-il à même d'interpréter ce personnage complexe, violent, sorti de l'imagination d'Emily Brontë ? Cela reste à voir...
Aucune information pour l'instant concernant la suite du casting.
Vivement les prochaines nouvelles et rumeurs !

11 janvier 2008

Edward Fairfax Rochester : le classement ultime !


Après avoir mûrement réfléchi à la question, j’ai fini par déterminer un classement donnant, par ordre de préférence, les meilleurs interprètes de Rochester dans les différentes versions de Jane Eyre existantes.

Après m’être entêtée à réaliser un classement objectif, je me suis rendue compte finalement que seul le ressenti personnel face au personnage interprété importait. Un choix qui est donc totalement subjectif.

1e marche du podium : TIMOTHY DALTON (Jane Eyre 1983 BBC)

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Tour à tour tyrannique, attentif, ombrageux, fantasque, Timothy Dalton a, à mon sens, exploité toutes les facettes du personnage complexe créé par Charlotte Brontë.
On peut certes lui reprocher d’être physiquement assez éloigné du personnage original, décrit comme massif, de taille moyenne, aux yeux et aux cheveux noirs. Timothy Dalton possède une distinction toute britannique, tout en donnant à son personnage une certaine animalité devant laquelle on ne peut être que subjugué.
Il est certainement le Rochester le plus émouvant, le plus bouleversant qu’il m’ait été donné de voir. Ses larmes, ses cris, sa colère, sont tellement touchantes, et tellement proches du roman que l’on ne se trouve pas très loin de la perfection absolue.
De plus, le duo formé avec Zelha Clarke est absolument fascinant, car totalement fusionnel. L’acteur est parfait, mais le couple l’est tout autant.

2e marche du podium : TOBY STEPHENS (Jane Eyre 2006 BBC)

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Toby Stephens est l’interprète sans doute le plus charmant et le moins fantasque des Rochester, mais aussi le moins brutal. Il n’est pas pour autant facile à cerner (et c’est justement cet aspect qui rende la prestation intéressante). Il apporte une touche moderne, fraîche à cette toute récente adaptation. Il s’éloigne du roman par certains aspects, tout en respectant ses fondements.
Attention, ici je ne parle pas de l’adaptation, car je persiste à dire que le scénario est parfois maladroit, inutilement cru. Toby Stephens est un Rochester splendide, attachant, touchant. Les dernières scènes où celui-ci a perdu la vue m’ont littéralement fendu le cœur…

3e place du podium : MICHAEL JAYSTON (Jane Eyre 1973 BBC)

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Pour certains, il est le meilleur Rochester de tous les temps… Il est certain qu’il est l’un des meilleurs. Je m’explique. Je n’ai pas aimé son interprétation immédiatement, il m’a fallu quelques scènes, dont la première réelle conversation avec Jane, pour m’habituer à ce nouvel aspect du personnage. Il est un Rochester bien plus froid, sévère que les autres. Cependant, énormément de sentiments passent par ses regards, ce qui est une formidable performance. J’ai été bien sûr émue par ses aveux à Jane, mais c’est à peu près le seul moment du téléfilm où il semble s’enflammer (contrairement à Timothy Dalton qui semble être un perpétuel brasier), se révolter contre son destin. C’est une scène admirable et certainement la plus marquante de l’adaptation.

4e marche du podium : WILLIAM HURT (Jane Eyre 1996 – Franco Zeffirelli)

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Il était clair qu’il ne pourrait être un des Rochester du top 3… Il obtient donc la 4e place, car c’est la première adaptation récente que j’ai vue et qui m’a énormément emballée. Je trouvais à l’époque (il y a 10 ans), que le couple et l’histoire fonctionnait extrêmement bien, et puis les images et la musique étaient splendides. En le revoyant aujourd’hui, je finis par tomber d’accord avec les critiques qu’avait reçu William Hurt à la sortie du film. Le film souffre d’une interprétation relativement monolithique, unidimensionnelle. Tout l’aspect fantasque, charismatique de Rochester est passé à la trappe. Le personnage est perpétuellement triste, taciturne, mystérieux. C’est très dommage, mais je pense qu’il faut attribuer ceci plutôt au scénario. Hurt mérite tout de même la 4e place, mais j’avoue que c’est purement sentimental.

5e marche du podium : ORSON WELLES (Jane Eyre 1944 – Robert Stevenson)

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Orson Welles est le premier Rochester que j’ai vu. Welles est un Rochester bourru, excentrique. Il a donc une place à part dans mon cœur, mais je dois dire que son interprétation a tendance à m’exaspérer aujourd’hui. L’interprétation est très théâtrale, presque sur-dramatisée. Elle mérite à mon sens la 5e place tout de même pour des raisons assez subjectives, car l’histoire est un peu écorchée (1h20 de film contre 4h quand la bbc s’en mêle, c’est certain qu’il y a des raccourcis). Disons qu’il s’en sort d’une façon honorable, mais que l’interprétation a pris un méchant coup de vieux…

HORS CLASSEMENT : CIARAN HINDS (Jane Eyre 1997 A&E)

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Ciàran Hinds, qui est au demeurant un excellent acteur, est incompréhensiblement le Rochester le plus mauvais du cinéma et de la télévision. Perpétuellement agité, furieux, criant et hurlant sur tout et tout le monde, on se demande par moment si le personnage ne se serait pas échappée d’un asile d’aliénés, ou si l’on aurait pas tout intérêt à sortir Bertha de son grenier pour l’y mettre à sa place… Le film y aurait peut-être gagné. On se prend à plaindre la pauvre Jane, constamment malmenée par cet horrible moustachu !
Cette adaptation, tout comme l’acteur, ne mérite vraiment aucun classement…