"En vain, j'étends mes bras vers elle, le matin, quand je sors peu à peu de mes rêves pénibles ; en vain, la nuit, je la cherche auprès de moi, quand un rêve heureux, innocent, m'a abusé et fait croire que j'étais assis à ses côtés dans la prairie, que je tenais sa main et que je la couvrais de mille baisers. Ah, lorsque à demi vacillant dans le sommeil, je tâte à mes côtés croyant l'y trouver et que ce faisant je m'éveille, des torrents de larmes s'échappent de mon coeur oppressé : et inconsolable devant mon avenir solitaire, je pleure."
Les souffrances du jeune Werther, de J.W.von Goethe
Livre premier, journal du 21 août.
