Affichage des articles dont le libellé est musique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est musique. Afficher tous les articles

13 juin 2025

La playlist du moment (juin 2025)

Voilà bien longtemps que je n'ai pas pris le temps de rédiger un petit billet de blog... Me revoici donc, avec un petit point sur les musiques qui tournent en ce moment en boucle dans ma playlist. 

"Mutter", Rammstein

Cela fait quelques années maintenant que j'apprécie particulièrement Rammstein, dont je découvre ou redécouvre certains morceaux... "Mutter" figure en bonne place dans la playlist de l'été. On y retrouve la patte inimitable de Rammstein : des sonorités uniques, efficaces, terribles et poignantes. Un must. 


"House of affection", Tobias Forge 

Il y a 15 ans, Tobias Forge, le leader du désormais très connu groupe Ghost, a produit un album solo intitulé "Passiflora", comportant dix morceaux pop/folk particulièrement mélancoliques. Si l'artiste renie quelque peu cet album  douloureux aux sonorités annonçant pourtant les meilleurs morceaux de Ghost, il comporte son lot de pépites, parmi lesquelles on retrouve notamment "House of affection", dont je ne me lasse pas... 



"In my blood", Joel Smallbone ("Journey to Bethleem") 

Je suis tombée par hasard sur ce morceau, issu du film musical "Journey to Bethleem", qui est un petit film bien agréable à regarder... Sans être parfait, ni toujours très respectueux des faits historiques, il retrace la fuite des parents d'un fameux prophète né à Bethleem, durant les évènements préfigurant le Massacre des Innocents, ordonné par le roi Hérode le Grand. 
L'un des personnages centraux du film est le fils aîné du roi de Judée, Antipater (souvent confondu à tort avec Hérode Antipas, fils d'un autre mariage), chargé par lui de retrouver l'enfant annoncé par une prophétie et de s'en débarrasser. Partagé entre le devoir de satisfaire les souhaits d'un père tout-puissant qu'il craint, ses propres aspirations et les nombreux tourments intérieurs qui en résultent, Antipater fait presque figure d'anti-héros shakespearien. Lorsque l'on sait que ce personnage intelligent et ambitieux, finissant par faire de l'ombre à ce père terrifiant et écrasant (campé dans le film par Antonio Banderas), a fini exécuté par lui, l'histoire racontée prend tout son sens... Ce personnage très en demi-teinte intrigue et a attiré mon oeil d'adoratrice de ces personnages situés en "zone grise"... La chanson "In my blood" est en ce sens très représentative de ses questionnements.  



"Mr Bad Guy", Freddie Mercury

Si on connaît bien la musique de Queen, on connaît nettement moins celle produite par Freddie Mercury lors de sa période "berlinoise" alors qu'il entamait une carrière solo. Mr Bad Guy est l'un des morceaux emblématiques de cette époque, qui reste merveilleusement dans l'oreille, avec son orchestration vraiment inimitable... 


"Hey, Little Songbird", patrick paige ("Hadestown")

Cela fait des années que j'entends parler de la comédie musicale "Hadestown" d'Anaïs Mitchell, variation moderne "post-apocalyptique" du mythe d'Orphée et Eurydice. On en connaît volontiers l'une des chansons les plus emblématiques "Way down Hadestown", mais beaucoup moins celle-ci, que ma filleule adorée m'a fait découvrir il y a quelques temps, et qui tourne en boucle dans ma playlist depuis ! On y retrouve le fameux Patrick Paige (le même Patrick Paige du Frollo de l'adaptation scénique du Bossu de Notre-Dame) avec sa voix de basse unique... On ne se lasse pas du contraste entre le registre de son Hadès plutôt sépulcral, et celui, lumineux et aérien d'Eurydice... 


De nouveaux articles bientôt ! 

28 avril 2024

La musique, c'est du bruit qui pense (extraits de la playlist de printemps)

De nerfs et de bosses (Guilhem Valayé)


Je ne connaissais pas Guilhem Valayé avant d'écouter l'album du spectacle "Les Souliers Rouges", de Marc Lavoine et Fabrice Aboulker. Il y campe un personnage à la ténébreuse aura, Victor, le chorégraphe d'un ballet maudit, dont les motivations oscillent entre celles du Dr Faust, du Fantôme de l'Opéra ou encore de Claude Frollo... Je reviendrai sur le sujet à l'occasion, parce que c'est une pépite au rayon des personnages contestables et ambigus (voir un peu plus bas). J'ai surtout découvert par le biais de ce spectacle un magnifique compositeur, poète et interprète, et son premier EP solo, intitulé "Aubrac" sorti en 2022. Un véritable écrin de douceur, une immense bouffée de tendresse que cet album, dont tous les titres sont des véritables bijoux. J'aurais pu placer l'album entier dans cette playlist, mais j'ai opté pour "De nerfs et de bosses", assez révélateur du style unique de Guilhem Valayé. Des solos guitare-voix, et des textes à fleur de peau. Des mots et des rythmes qui font du bien au coeur et à l'âme... 

Sunset Boulevard (Tom Francis - A.L. Webber)



Sunset Boulevard est une comédie musicale bien connue d'Andrew Lloyd Webber, sortie en 1993, issue du film multi-oscarisé du même nom de 1950, réalisée par Billy Wilder. L'histoire retrace les destins croisés de Joe Gillis, un scénariste raté et opportuniste, et de Norma Desmond, une ancienne star du cinéma muet qui ne fait que rêver de sa gloire passée. A l'occasion de la cérémonie des derniers Olivier Awards au Royal Albert Hall de Londres, Tom Francis, l'interprète de Joe Gillis de cette nouvelle version, a délivré une performance extraordinaire du titre phare, intitulé sobrement "Sunset Boulevard". Une interprétation qui m'a laissée sans voix et que je revisionne volontiers en boucle... 

L'aérogramme de Los Angeles (Louis Garrel et Woodkid - cover d'Yves Simon)


J'ignorais que Louis Garrel s'était essayé à la chanson quand je suis tombée par hasard sur cette cover épique d'un titre d' Yves Simon, réinventé par le génial Woodkid. L'orchestration, l'harmonie des voix, tout y est atypique, mais c'est diablement beau et cela se passe complètement de commentaires.

Look at us now (Honeycomb) - Daisy Jones & The Six 


Tout a commencé avec le roman d'Evelyn Hugo, "Daisy Jones & The Six", récit à plusieurs voix retraçant le succès fulgurant d'un groupe de rock fictif "Daisy Jones & The Six", de leurs excès et de leurs addictions, mais surtout de la grande histoire d'amour contrariée des deux principaux protagonistes. Une véritable pépite dont je dois la découverte à mon extraordinaire filleule... Largement inspirée de la véritable histoire de Fleetwood Mac, le roman a été superbement adapté en série sur Amazon Prime. Pour quiconque aime la musique et les belles histoires (même si elle est un peu trash sur les bords, je vous l'accorde), elle vaut aussi le détour pour sa BO à tomber par terre, à laquelle les deux acteurs principaux, Sam Claflin et Riley Keough ont prêté leurs voix magnifiques. 

I need to know (Jekyll & Hyde, the musical) 


J'ai déjà parlé il y a quelques années de la comédie musicale de Frank Wildhorn, Jekyll & Hyde, par ici.
Comme souvent, les comédies musicales sont modifiées, adaptées, améliorées, au fil du temps par leurs auteurs et Jekyll & Hyde n'a pas échappé à la règle. En 1994, une nouvelle version a été enregistrée avec le sublime Anthony Warlow. Cette chanson qui ne figurait pas sur la première version du spectacle, I need to know, qui suit l'ouverture, pose très bien et très justement le personnage de Jekyll... Il y a un soupçon du Dr Frankenstein dans cette version très honnête et très brute de Jekyll, dans cette volonté farouche et déraisonnée à jouer avec le feu, très proche de l'adaptation de 1931...

Réussir sa vie (Les Souliers Rouges) - Céleste Hauser



Comme je l'évoquais plus haut, j'ai un énorme coup de coeur pour le spectacle musical "Les Souliers Rouges", et ce depuis sa création en 2016, et surtout pour le film de 1948 dont il est plus ou moins inspiré (et dont le dernier personnage à droite en bannière de ce site est l'un des protagonistes)... La toute dernière mouture du spectacle, actuellement en fin de tournée, est une véritable merveille. On aura compris, je pense, que je suis en admiration totale des chansons du grand antagoniste, campé par Guilhem Valayé, mais aussi de celles de l'héroïne, Isabelle, interprétée par la douce Céleste Hauser. Le titre "Réussir sa vie" est un titre très beau, puisqu'il parle de la douloureuse question du choix : "Réussir sa vie ou réussir dans la vie." C'est tout le questionnement du personnage, qui est mis face à ces deux options inconciliables...

Pour lire une très belle analyse du spectacle, lire l'article sur le blog de Hauntya's room.

A suivre...  

25 octobre 2021

La playlist d'automne...

L'automne est là, avec ses feuilles mortes, ses averses, et ses bourrasques... De quoi avoir envie de se pelotonner au coin du feu avec un roman bien anxiogène, et une bonne playlist dans les oreilles... Une petite rétrospective des dernières lectures devrait d'ailleurs suivre bientôt :)

Hunter's Moon (Ghost)

Histoire de bien démarrer ce florilège très de saison, je ne résiste pas à faire part de mon énorme coup de coeur du moment, qui ne paraîtra sans doute pas très original, puisqu'il s'agit du tout nouveau titre du groupe suédois Ghost, pour lequel je ne cache pas mon immense affection ces dernières années. Ce morceau ultra efficace, véritable merveille sonore avec ses lignes de basse accrocheuses, pépite au niveau du texte pour qui aime les ambiances pleines d'angoisse, est en réalité le titre-phare de la BO du dernier opus de la franchise de films "Halloween". Un bonheur pour les fans, dont je suis, dans l'attente d'un nouveau titre depuis près de deux ans... Surprise aussi de découvrir le nouveau "visage" du leader du groupe, dans un clin d'oeil ostensible au masque porté par le sinistre protagoniste des films, Michael Meyers. 


Rise Up (Ben Barnes)

Dans un tout autre genre, parce que décidément, on n'est jamais contre un bon petit contraste, je suis tombée littéralement sous le charme de l'EP de Ben Barnes, sorti il y a quelques jours à peine. L'acteur, bien connu pour ses rôles plein de contradictions, éminemment doué pour camper d'abominables crapules, est aussi chanteur à ses heures. Pour son premier EP, doté de seulement 5 titres, il frappe cependant très fort en faisant montre d'une magnifique qualité sonore et d'une voix vraiment bouleversante... Sur l'album, si "11:11" est la plage qui a été lancée en single, infiniment accrocheuse, je lui préfère de loin Rise up, titre très à fleur de peau. Et on salue aussi au passage la qualité du clip vidéo, d'une très grande poésie. On en redemande... 



We love each other so much (Adam Driver & Marion Cotillard - Sparks) 

Ce titre n'est pas tout à fait une nouveauté, puisqu'il a été entendu à l'occasion de la présentation du film musical "Annette", de Leos Carax, au Festival de Cannes. Si je n'ai pas encore eu la possibilité de voir le film, sorti en Belgique seulement cette semaine et dans quelques salles choisies, je ne cache pas ma curiosité pour ce film qui m'a tout l'air d'être un bel ovni... Cependant, rien que la présence d'Adam Driver est en soi un belle source de curiosité, et à nouveau dans un rôle qui m'a l'air quelque peu borderline, d'où mon grand intérêt... Sans compter que l'entendre chanter et aussi une expérience en soi. Aussi surprenant que cela paraisse, je trouve le résultat vraiment réussi, notamment dans ce titre, écrit comme tout le reste de la BO par le groupe américain Sparks, que l'acteur interprète ici avec Marion Cotillard. Une très belle chanson, pleine de sensibilité et de sens, qui tourne en boucle depuis des semaines dans ma playlist... 


Le Jardin des Larmes (Zaz & Till Lindemann)

Voici un titre tout récent, sorti il y a quelques jours seulement et découvert grâce à la radio Classic21, réunissant un duo très improbable : Zaz et le leader du groupe de métal de Rammstein, Till Lindemann. Comme si l'association ne s'avérait déjà suffisamment surprenante, les deux artistes ont aussi collaboré sur un titre d'un ton infiniment doux et poétique, présentant une association de voix qui laisse assez rêveur, et qui n'est pas sans rappeler un titre comme "Where the wild roses grow" de Kylie Minogue et Nick Cave. Je dois dire que la voix rocailleuse, à la limite de l'atonale, de Till Lindemann s'harmonise pourtant fort bien avec le timbre très doux de Zaz. 
EDIT : depuis la publication de l'article, le clip officiel est désormais disponible sur youtube. On apprécie la cinématographie soignée et les très beaux décors, quoiqu'on peut toujours s'interroger sur le choix plutôt glauque du scénario... De la part de Till Lindemann, on n'en attendait pas moins :)



Dune - Main Title (Toto)

Forcément, comment, en ce moment, ne pas parler de Dune ? Alors bien sûr, on ne peut décidément pas passer outre le film de Denis Villeneuve, véritable splendeur cinématographique, infiniment respectueuse aussi du matériau de base, créé par Frank Herbert. Si j'ai adoré de bout en bout le film récent, de même que sa bande originale magnifique, conçue par Hans Zimmer, je dois dire que j'ai toujours eu en adoration la version de 1984 de Lynch, qui a pourtant son lot de détracteurs. Ce film m'a cependant fait tombée dans la "soupe Dune" extrêmement jeune, sans trop comprendre à l'époque pourquoi ou comment cette histoire obscure et extrêmement complexe de luttes de pouvoirs terrifiante, sur fond de religiosité et de superstitions, dans un monde aride peuplé de vers de sables géants, avait pu me plaire à ce point et résonner en moi pour longtemps. Je n'ai pas pu m'empêcher de me repasser la BO du film de Lynch, conçue par le groupe Toto, très en vogue dans les années 80, véritable merveille, mêlant influences classiques et rock, et qui accompagne si merveilleusement la transformation du personnage de Paul Atréides et l'accomplissement de sa destinée.

19 juillet 2021

La playlist de l'été !

En attendant quelques petits articles sur mes derniers coups de coeur en romans, en films et séries, voici un  aperçu de la playlist qui accompagne mes lectures de vacances... Du rock, du rock, et encore du rock, et toujours un peu obscur, forcément ;)

Tainted Blood - Blue Öyster Cult 

Voici LE titre qui tourne en boucle dans ma playlist du moment... Titre enregistré et sorti durant le confinement, Tainted Blood marque le retour de Blue Öyster Cult dans le registre des titres aux thématiques vampiriques... Et qu'est-ce que ça sonne bien ! Le rythme est efficace et les paroles complètement envoûtantes... Bref, c'est un immense coup de coeur !


End of me - Apocalypta ft Gavin Rossdale

Voilà du bon rock un peu lourd et mais tellement entêtant du groupe Apocalypta, qui a collaboré sur ce titre avec Gavin Rossdale. Si le visage de ce dernier vous évoque quelque chose, c'est sans doute parce qu'il est le leader du groupe Bush (qui a beaucoup sévi à la grande époque du grunge), et qu'il est aussi acteur à ses heures perdues (le démon Balthasar du film Constantine, c'est lui... ça c'était pour le rayon potins).


Nuclear - Mike Oldfield

Non seulement la musique est une merveille, mais le texte est aussi d'une rare justesse et d'une merveilleuse sensibilité... Un classique dont on ne se lasse pas...



Bad Guy - Billie Eilish

Je triche un peu, ce n'est pas tellement le titre de Billie Eilish qui m'intéresse le plus, mais surtout la fanvid dédiée à Kar Brekker, l'un des personnages de la série Shadow & Bone, le "bad guy" du diptyque Six of Crows...Ce titre lui colle vraiment à la peau... Je reviendrai d'ailleurs sur les romans et le personnage dans un prochain article ;)



I'm not a vampire (revamped) - Falling in Reverse

I'm not a vampire (revamped), est comme son sous-titre l'indique, une ré-écriture d'un ancien morceau du groupe Falling in Reverse, qui était à l'origine un morceau très agité et parlait des diverses addictions du leader du groupe, Ronnie Radke, aux prises avec l'alcool et la drogue. Le chanteur, qui a une voix délicieusement travaillée aujourd'hui, et qui a un goût très prononcé pour les créatures de la nuit, a repris son titre d'une manière quasi-symphonique (je dis bien quasi, car le style reste tout de même très hétéroclite), en le mettant en scène au premier degré. Et finalement, c'est à la fois une expérience musicale et visuelle qui fiche littéralement les frissons jusqu'à la dernière seconde ! 



Sympathy for the Devil (cover) - The Hellacopters ft. Tobias Forge (Ghost)

Je ne pouvais décidément pas conclure une playlist sans avoir au moins un titre de Ghost... Cette fois pourtant, ce n'en est pas réellement un, puisqu'il s'agit d'une cover du titre culte des Rolling Stones "Sympathy for the Devil", revu par le groupe suédois The Hellacopters et Tobias Forge, leader du groupe Ghost, qui s'est présenté ici pour la première fois en télé sous les traits de son nouveau personnage et son nouveau look, qui augure la sortie d'un prochain album du groupe Ghost. Moi qui n'aime que très modérément les Stones et encore moins ce titre en particulier, je me suis laissée complètement embarquée par cette réécriture musicale absolument délicieuse, revue dans les gammes mineures, comme seule Tobias Forge sait les faire... Une pure merveille... 

17 décembre 2020

La musique, c'est du bruit qui pense (6)

Cela fait vraiment trop longtemps que je n'ai pas posté d'articles sur ce blog... J'ai quelques bafouilles en préparation concernant les derniers visionnages, mais rien de bien conséquent pour le moment, que je vais tâcher de publier pour les vacances de Noël. En attendant, j'avais très envie de partager une partie de la playlist qui accompagne mes lectures du moment ... Du fun, du fun, rien que du fun... ;) 

"Dark matter" - Les Friction 

Je ne connaissais pas le groupe Les Friction jusqu'à très récemment, ni cette chanson en particulier, intitulée "Dark Matter", qui au vu de son contexte musical épico-tragique, pourrait fort bien convenir à toute une galerie de personnages délicieusement ambigus comme je les aime... La musique est magistrale, dotée d'une aura peu commune. Une merveille...

"Don't tell" - Royal Blood

Voilà un grand, un beau, un génial titre du groupe britannique Royal Blood, dont la ligne de basse me donne littéralement des frissons à chaque écoute... 

"Deutschland" - Rammstein - cover au piano de Vkgoeswild

Rammstein, fameux groupe de metal allemand, n'est d'ordinaire pas franchement ma tasse de thé. Malgré des rythmes et des shows débordant de testostérone, il faut tout de même laisser à ce groupe un indéniable talent pour les mélodies... Cette cover d'une pianiste professionnelle le démontre fort bien... Et à tout hasard, si la version d'orgine vous plaît, n'hésitez pas à jeter un coup d'oeil au clip à faire pâlir les meilleures productions hollywoodiennes...  

"Faith" - Ghost

Je ne pouvais décidément pas conclure cette petite playlist sans y placer au moins un morceau de Ghost... "Faith" est un morceau résolument métal, définitivement frénétique, et disons-le, un chouia agressif... Mais je n'ai pas pu résister à partager cette fanvid consacrée au très ambigu et fascinant Lenny Bellardo, le fameux Young Pope de la série du même nom. Conjuguer un titre de Ghost avec le pape Pie XIII, je n'aurais pas osé en rêver... C'est tellement politiquement incorrect... 


Et parce qu'on profite ici bien mieux de la chanson, et par la même occasion du visuel du groupe :)

24 juillet 2020

La musique, c'est du bruit qui pense (5)

Life Eternal
Ghost

Et oui, encore et toujours Ghost... Le fait d'avoir été les voir en concert au mois de décembre dernier n'a rien arrangé à mon addiction sévère à ce groupe, pour son univers singulier et complètement iconoclaste. Je passerai sur la grandiloquence de leur spectacle, un vrai show, avec force flammes, lumières et irrévérences de toute sorte, dont j'ai déjà un peu parlé dans un autre article... Il y a une ironie tout à fait assumée dans leur démarche, même si je reconnais que l'aspect macabre et occulte pourrait faire grincer des dents. Mais il s'agit plus d'un concept visuel qu'autre chose, une sorte de farce à prendre au moins au second degré (voire au troisième, voire au quatrième degré)... Il faut prendre le temps de s'en imprégner pour se rendre compte qu'il ne s'agit que d'une histoire que le groupe (enfin, surtout leur incroyable leader, Tobias Forge, auteur de la plupart des titres), souhaite raconter... Cependant, leur musique, au-delà du visuel, a quelque chose de profondément génial, que j'ai rarement vu ou entendu ailleurs. Le titre "Life Eternal", même s'il n'est pas leur titre le plus connu ou le plus joué, dernier morceau de l'album Prequelle, tendre, réflexif, plein de bon sens rythmique est une petite merveille en soi. Au-delà de toutes les versions de cette chanson, j'ai choisi cette vidéo live, en particulier, parce que Ghost c'est un show complet où l'on chante, où l'on rit, où l'on pleure, et où l'on crie beaucoup... et que leur chanteur n'est jamais aussi à l'aise et en forme vocalement que lorsqu'il est sur scène... Et si vous vous interrogez sur l'aspect très figé du visage de Tobias Forge, sachez qu'il s'agit d'un personnage qu'il interprète, et qu'il porte donc toujours un masque sur scène... C'est sa marque de fabrique : il change de personnage à chaque album, de look et de sonorité... 

"This is the moment of just letting go..."



My dark disquiet
Poets of the Fall

J'ai un énorme faible depuis des années pour le groupe finlandais Poets of the Fall, et pour la voix très charismatique de leur leader, Marko Saaresto. L'une de leur dernière création en date, My dark disquiet, ne trahit pas leur réputation en la matière. Des rythmes géniaux, des textes extraordinaires, et des refrains entêtants : il a vraiment tout pour plaire...



No one knows who I am 
(Comédie musicale "Jekyll & Hyde")

Voilà quelques semaines que je découvre avec délice les morceaux de cette comédie musicale assez librement adaptée du roman de Stevenson, et qui me passionne littéralement. Dans un précédent article, j'avais évoqué l'un des principaux titres, "Dangerous game", duo absolument splendide et délicieusement ambigu, entre le personnage de Hyde et celui de Lucy, une pauvre fille que Jekyll a rencontré dans un cabaret, et que Hyde, entre autres atrocités, ne va plus lâcher d'une semelle... Il s'agit ici du premier solo du personnage féminin, un morceau à vous tirer des larmes, et qui exprime tellement bien la vie gâchée, le destin brisé de Lucy, qui aspire à une vie meilleure.



La Llorona
interprété par Carmen Goett (chanson traditionnelle mexicaine)

La Llorona, que l'on peut traduire de l'espagnol par "la pleureuse", est une légende, puis une chanson issue du folklore sud-américain, et raconte l'histoire d'un fantôme, errant aux abords des lacs, à la recherche de ses enfants disparus. Quand j'ai découvert la chanson, tout à fait par hasard, et sans connaître la légende, j'ai été remuée jusqu'au fond de l'âme par le timbre de Carmen Goett, et par cette mélodie si poignante et si triste. Sans compter le clip absolument sublime qui accompagne à merveille la mélancolie de cet air accompagné par une seule guitare.



Transformation 
(comédie musicale Jekyll & Hyde), interprétée par Anthony Warlow

Transformation est, comme son nom l'indique, le titre au cours duquel Jekyll se transforme pour la première fois en Hyde. Il existe beaucoup de versions de ce morceau, mais c'est sans conteste la version anniversaire de la comédie musicale, avec l'australien Anthony Warlow dans le rôle principal, qui remporte la palme. Ce titre m'a littéralement donné des frissons... 



We drink your blood
cover des Melodicka Bros (orig. Powerwolf)

La chaîne youtube des Melodicka Bros est dédiée principalement à des covers de titres metal, mais en les revisitant la plupart du temps en acoustique. Certains morceaux de power ou de nu metal, parfois très violents, sont réinterprétés par ces deux musiciens très doués, et cela donne souvent des résultats tout à fait inattendus. Les morceaux les plus difficiles deviennent de très chouettes ballades... L'un de ceux qui m'a le plus marqué dernièrement, est sans doute "We drink your blood", du groupe de metal évangélique (si, si, ça existe)  d'origine allemande Powerwolf, un morceau à l'origine hyper punchy, pour ne pas dire un tantinet agressif, transformé ici en une très agréable ballade... (La version originale de Powerwolf, est par ici : attention, ça décoiffe sévère 😁 )




I know those eyes / This man is dead 
(comédie musicale The Count of Monte Cristo), interpreté par Thomas Borchert et Brandi Burkhardt


Encore une comédie musicale que je ne connaissais que de nom, et dont je découvre petit à petit les délicieux morceaux... L'auteur n'est autre que Frank Wildhorn, à l'origine des comédies musicales Jekyll & Hyde ou encore Dracula. Ce duo entre Mercédès et Dantès est tellement sirupeux et dramatique, que c'en est presque crapuleux...

01 septembre 2019

La musique, c'est du bruit qui pense (4)

Un tout petit aperçu de ma playlist du moment (qui est énorme !), un peu dark, et qui comme souvent, contient un chouia de rock décalé qui fait saigner des oreilles :p

Cirice, de Ghost

J'ai découvert le groupe Ghost il y a un peu plus d'un an, grâce à ma radio fétiche Classic21, qui a eu le bon goût de diffuser pendant des semaines Dance Macabre, qui est sans doute leur titre le plus connu à ce jour. Alors, on passera sur l'aspect des membres de ce groupe suédois, qui sont tous traditionnellement masqués, et dont le chanteur, parfois grimé en pape sataniste (oui, oui, vous avez bien lu), dissimule toujours ses traits sous des maquillages qui évoquerait presque un certain personnage de Gaston Leroux... Parce que leur musique est un régal et que malgré leurs thématiques très ambiguës, c'est dramatique au possible, et théâtral comme une comédie musicale. Que l'on se rassure, la musique de Ghost n'est pas du métal de puriste, juste de la bonne musique, avec un chanteur à la voix magnifique, très éloignée des vociférations insupportables que l'on pourrait imaginer,  et qui arrive à faire passer des émotions très fortes sur des sujets souvent à double sens. Pour ceux qui connaissent, Ghost est plutôt un mélange heureux entre Greenday, Placebo, Toto et Scorpions ... Voici donc mon gros coup de coeur du moment, "Cirice" (un ancien terme saxon, pouvant se traduire par "église"); quant à la thématique, les images parleront d'elles-mêmes. 




Devilman, cover de Platina Jazz.

A l'origine, Devilman est un anime japonais des années soixante-dix, que personnellement je ne connaissais pas du tout (je ne crois pas que celui-ci ait jamais été diffusé chez nous, d'ailleurs). Platina Jazz est un groupe de cover, originaire de Suède (encore), qui a adapté magnifiquement le générique assez horripilant d'origine (genre Goldorak, vous voyez ?), pour en faire cette merveille qui fleure bon les fifties... A noter que la voix du chanteur possède des intonations tellement similaires à celles de Sinatra que c'en est troublant...





Change on the Rise, d'Avi Kaplan

Encore un énorme coup de coeur pour Avi Kaplan, ancien membre du groupe a cappella Pentatonix, et sa voix grave, si profonde et mélodieuse... Il y a une sorte de ferveur primitive dans ce titre qui donne vraiment des frissons...



He is, de Ghost

Ah oui, encore du Ghost me direz-vous, mais que voulez-vous, je suis complètement accro à la voix de leur leader, Tobias Forge... :) Et j'ai dû me faire violence pour ne choisir que deux de leurs titres dans cette playlist, mais ici, il s'agit plutôt d'une ballade, comme seuls les groupes de métal peuvent en écrire ... Ce qu'il y a de plus extraordinaire chez eux, au-delà du mystère dont ils parviennent à se nimber, est leur capacité à raconter une histoire et surtout à se mettre en scène. En lieu et place du clip vidéo, j'ai largement préféré insérer un extrait live, où l'on se rend très bien compte de la grandiloquence et du dramatisme très second degré du concept musical du groupe, dans lesquels le public se laisse volontiers embarquer. C'est irrévérencieux, fou et terriblement addictif. Si le style vous intéresse, je vous invite très chaleureusement à écouter deux de leurs albums, qui sont de véritables splendeurs : Meliora, (sur lequel on retrouve He is et Cirice) et Prequelle (Dance Macabre, Life eternal).




Nocturnal Serenade, de Yohio

Yohio est un chanteur suédois (je ne sais pas pourquoi je ne déniche que des perles scandinaves ces derniers temps... Merci les recommandations youtube ? :p ), aux allures de personnage d'anime, qui connaît un franc succès au Japon, et qui dans le rayon théâtralité et décalage, se pose là... Ce morceau est un joyeux mélange des thèmes de Vampire Knight et Black Butler, avis aux amateurs... Bref, il a trouvé une place de choix dans le rayon de mes plaisirs coupables... :p




Algorithm, de Muse



Au départ, pratiquement l'entièreté de l'album Simulation Theory est un coup de coeur... Après Thought Contagion, Blockades, The Void, The Dark Side, voici encore un titre magnifique, aux allures eighties que je ne me lasse pas d'écouter...



Brothers, de Rilès

Dans un tout autre genre, j'ai découvert il y a très peu de temps le chanteur français Rilès. D'ordinaire, je n'apprécie pas du tout le rap, et très moyennement les influences reggae, mais là, je trouve qu'il se démarque vraiment de n'importe quelle catégorie. Les rythmes sont géniaux, originaux et les mélodies restent gravées dans l'esprit pour longtemps... Une chanson qui met la pêche...!


Bonne écoute !

08 février 2019

La musique, c'est du bruit qui pense (3) : Ma playlist de février

En attendant quelques nouveaux articles et un peu d'inspiration, voici la liste non exhaustive des titres qui tournent en ce moment dans ma playlist...
Enjoy !

Blackbird - Alterbridge

Enorme coup de coeur pour cette chanson d'Alterbridge, du metal encore, mais du bon, du grand metal, avec un texte splendide et des riffs de guitare à tomber...

"Let the wind carry you home 
Blackbird fly away 
May you never be broken again"



Così celeste - Zucchero 

Rien de tel qu'un peu de chanson italienne pour remettre du soleil dans ces jours froids de février...



The Parting Glass - The high kings


Après avoir découvert l'Irlande pour la première fois il y a quelques semaines, je suis tombée littéralement amoureuse du pays, de ses ciels (qui ne sont pas de légendes), de sa culture... Je ne pouvais pas ne pas restée imprégnée par ses musiques et ses chants traditionnels, qui résonnent partout, dans les pubs bien sûr, mais aussi dans la rue, à toute heure, à toute occasion... The Parting Glass est une chanson d'adieu, tellement belle et harmonieuse, chantée traditionnellement par un choeur d'hommes, et qui laisse des larmes plein les yeux.



Shallow - Lady Gaga & Bradley Cooper

J'avoue, j'ai versé ma petite larme au cinéma sur la chanson phare du film de Bradley Cooper, Shallow. J'ai littéralement adoré cette version de Lady Gaga au naturel, avec une voix si magnifique et si touchante, qu'elle vous en donne immanquablement des frissons...



Zombie - The Cranberries

Un grand classique dont je ne me lasse pas...

07 décembre 2018

La musique, c'est du bruit qui pense...(2) : ma playlist de décembre

A défaut d'avoir le temps de rédiger un article conséquent sur quelques unes de mes dernières lectures, voici, en attendant mes hypothétiques prochains billets, la playlist qui m'accompagnera durant ce mois de décembre... Beaucoup de rock, comme souvent... et beaucoup de découvertes de toutes époques !

Rival Sons - Open my eyes



Roky Erickson & The Aliens - Night of the Vampire 

Cette chanson a une ambiance extraordinaire, à la fois hypnotique et terrifiante... Je ne me lasse pas de l'écouter...



Metallica - The Unforgiven



Omnimar - Out of my life

Les sonorités électro-pop du groupe russe Omnimar gagnent vraiment à être connues...



Queen - Who wants to live forever

Après la sortie récente du biopic Bohemian Rhapsody, il m'était impossible de résister à la magnificence et la tristesse insondable de ce morceau...



Muse - The Void (version acoustique)

Le dernier album de Muse réserve des perles extraordinaires, dont The Void, dans sa version acoustique, qui est une pure merveille...



La version électronique est par ici, à titre de comparaison 

Enjoy !

18 octobre 2018

La musique, c'est du bruit qui pense... : ma playlist d'octobre

Voilà quelques semaines que je n'ai rien posté sur ce blog, devenu bien silencieux ces derniers mois... Je ne désespère pas de bientôt m'atteler à nouveau à la rédaction d'articles, d'autant que j'ai quelques intéressants coups de coeur littéraires et télévisés sous le coude ! En attendant, et pour accompagner dignement votre blues d'automne et vos futures lectures anxiogènes, voici les quelques morceaux qui tournent en ce moment dans ma playlist, et dont je ne me lasse pas...

Enjoy ! :)

Moon over Bourbon Street - Sting 

"The brim of my hat hides the eye of a beast
I've the face of a sinner but the hands of a priest
Oh you'll never see my shade or hear the sound of my feet
While there's a moon over Bourbon Street."




Believer - Imagine Dragons



Dance with the Devil - Breaking Benjamin



Vor í Vlagkaskógi - Kaleo

Une magnifique chanson du groupe islandais Kaleo, dont le titre pourrait être apparemment traduit par "Printemps à Vaglaskógur" (merci google traduction), dont je ne comprends pas un traître mot, mais qui possède le don extraordinaire d'évoquer des paysages sauvages et inconnus...



Animal I have become - Three days grace



Pressure - Muse

Et puis, comment passer à côté du dernier morceau (so eighties !) de Muse, dont le nouvel album probablement magistral sera bientôt dans les bacs ? D'autant que le texte me parle particulièrement...

"Don't push me 
Don't push me 
Let me get off the ground 
To you I'm no longer bound 
Don't stop me 
Don't choke me 
I need you out of my head 
You've got me close to the edge 
I'm feeling the pressure, I can't break out 
No one can hear me scream and shout
Get out of my face, out of my mind
I see your corruption, I'm not blind 
I'll carry the burden and take the strain 
And when I am done I will make you pay"

J'aurais pu tout aussi bien placer dans cette playlist les autres morceaux du groupe sortis ces derniers mois, tout aussi géniaux, comme The Dark Side ou encore Something Human, mais il fallait faire un choix... Enfin, si les sonorités de Pressure vous intéressent, allez voir du côté de leur chaîne youtube, il y a de véritables merveilles...




Bonne écoute !!! 

13 mars 2018

Muse - Thought Contagion

Je ne résiste pas à poster ici le dernier titre de Muse, magistral et hypnotique, sorti il y a quelques semaines. Un énorme coup de coeur, et un clip très underground, hommage au Thriller de Michael Jackson et aux eighties...

 

27 octobre 2016

Coup de coeur en musique : Vinegar & Salt

Un petit coup de coeur en musique...

Voici la version symphonique de la chanson "Vinegar & Salt", du groupe belge Hooverphonic, interprétée par l'envoûtante Noémie Wolfs...Un pur moment de plaisir...


04 octobre 2016

Les Souliers rouges : conte musical de Marc Lavoine et Fabrice Aboulker


Conte musical, écrit par Marc Lavoine et Fabrice Aboulker, librement inspiré du conte d'Andersen "Les chaussons rouges", et interprété par Marc Lavoine (le compositeur), Coeur de pirate (La danseuse étoile), Arthur H. (le chorégraphe).

Pas de très long article cette fois, mais un simple partage de coup de coeur en musique. En lisant le magazine "L'Obs" il y a quelques semaines, je découvre de manière très fortuite la sortie imminente d'un album, ou plutôt d'un conte musical, composé par Marc Lavoine et son compère de longue date, Fabrice Aboulker (auteur, entre autres des Yeux Revolver). Ce cd de 15 titres, raconte l'histoire d'une jeune artiste rêvant de gloire, ne vivant que de danse. Elle rencontre un chorégraphe tourmenté, interprété par Arthur H., qui lui propose d'interpréter un ballet maudit, "Les Souliers Rouges", qu'il cherche à monter depuis des années. Elle accepte, au prix d'un sacrifice qu'elle sait d'ores et déjà immense. Lorsqu'elle tombe amoureuse d'un compositeur jaloux, campé par Marc Lavoine, elle sera face à un choix impossible : l'amour de l'art ou l'amour tout court...

Alors évidemment, en écoutant l'album et en découvrant la trame, on ne peut décidément penser qu'au film mythique d'Emeric Pressburger et de Michael Powell de 1948, "The Red Shoes", ce que les créateurs du conte musical se gardent bien de mentionner, se contentant de parler de leur source d'inspiration première, c'est-à-dire, du conte original d'Andersen. Or, je pense qu'il n'y a absolument rien de gênant à ce que cette oeuvre-ci s'inspire tant du film, je trouve au contraire qu'ils sont merveilleusement complémentaires... La trame du conte musical est tout à fait identique à celle du film, que je rappelle brièvement : Vickie Page, humble jeune danseuse mais diablement déterminée, rêve de danser dans la compagnie du directeur de ballet, Boris Lermontov, homme tourmenté et tyrannique, dont elle devient peu à peu la muse. Lorsqu'elle tombe amoureuse du compositeur du ballet "Les Chaussons rouges" et qu'ils quittent la compagnie pour se marier, Lermontov ressasse sa rage, avant d'essayer désespérément de la récupérer dès que le mari a le dos tourné... Vickie se retrouve en otage d'une situation intenable, d'un abominable chantage affectif : d'un côté le mari jaloux qui ne supporte pas de voir sa femme danser pour Lermontov, et de l'autre le directeur de ballet possessif qui ne tolère aucun partage. La malédiction du ballet est en marche...



Vraiment très peu de différences donc entre l'histoire scénarisée par Emeric Pressburger et le livret du conte musical. Il s'agit des mêmes sacrifices, des mêmes tiraillements, des mêmes chantages, autour de ce personnage déterminé mais fragile, qu'interprète magnifiquement Coeur de pirate. La musique est tantôt sobre, tantôt tragique, et les paroles, même si elles ne sont pas parfaites car parfois un peu maladroites, sont pourtant toujours très efficaces et parviennent à transmettre en peu de mots de merveilleuses émotions, grâce à des interprétations à fleur de peau. Marc Lavoine et Arthur H prêtent magnifiquement leurs timbres graves à leur personnage respectif, le premier plutôt dans un registre de romantisme passionné, l'autre dans celui d'une mélancolie tragique, qui sait qu'il entraîne sa muse vers un abîme. Ne lui dit-il pas d'ailleurs, d'une voix sombre, dans le splendide morceau "Rêve d'une vie", qui me paraît le plus abouti de l'album :

"Viens danser dans ma nuit ; Les souliers rouges à tes pieds, endormis ; Offre-toi au dieu de la danse : Comme un cadeau immense." 

Il est en cela un digne héritier du personnage glacial interprété à l'origine par Anton Walbrook, quoiqu'en renforçant son côté damné, puisqu'il semble corrompre tout ce qu'il approche et tout ce qu'il touche... mais le diable n'est sans doute pas loin dans ce conte musical absolument splendide, qui oscille entre récit fantastique, et fable romantique.










27 février 2015

Coup de coeur en musique : "Sois immobile" - Guillaume Tell

Grand coup de coeur en musique : "Sois immobile", d'après l'opéra de Rossini, "Guillaume Tell", interprété par le fabuleux baryton Simon Keenlyside...




Pas de vidéo, juste le son, mais quelle magie !

13 décembre 2014

Toxic : fanvid "The Red Shoes"

Toujours sous le charme délétère du film de Michael Powell et Emeric Pressburger, "The Red Shoes" de 1948, je suis tombée sur cette magnifique fanvidéo du film, merveilleusement accompagnée par une version très inattendue de la chanson "Toxic", ici interprétée par District 78. Une pure merveille...

19 novembre 2014

Et si on allait à l'opéra (4/...) : Carmen (Opernhaus Zürich 2013) - Hamlet (Barcelone 2004)

Carmen,  de Georges Bizet (Opernhaus Zürich - 2013) - avec Vesselina Kasarova, Jonas Kaufmann.

Pitié. C'est le premier mot qui me vient à l'esprit lorsque je repense à cette version de Carmen, sortie il y a quelques semaines. Georges Bizet n'aurait certainement jamais pensé que l'on pouvait faire de son opéra quelque chose d'aussi grotesque. Vraiment. La mise en scène, si elle se veut moderne, est surtout d'un incroyable mauvais goût, et c'est peu dire. Je suis en général assez bon public, et certaines réalisations aux décors post-apocalyptiques passent parfois, envers et contre tout, assez bien. Mais là, décidément; non. La scène vide, uniquement composée d'un fond bleu et d'un plateau aux impressions glaciales, est bien éloignée de la moiteur et de la chaleur empesée des canicules espagnoles, et les acteurs, il faut le reconnaître, ne s'en accommodent guère. Mis à part Kaufmann, qui fait toujours ce qu'il peut, même dans un cadre minimaliste, grâce à cette voix sublime qui ne faillit jamais, n'est pas aussi bouleversant qu'on le voudrait. Grand spécialiste des personnages aux prises avec leurs frustrations et leurs délires névrotiques, malgré un effort visible pour être pris au sérieux, ne trouve aucun réelle grandeur, tant son Don José pitoyable à voir, a été malmené par le metteur-en-scène. Quant aux les autres chanteurs, dont Vesselina Kasarova dans le rôle de Carmen, osons le dire, on se demande bien ce que Don José peut bien lui trouver, avec ses allures de matrone acariâtre...et puis, la voix, tout comme le jeu, n'est pas au rendez-vous. Vraiment, je vous le dis : il faut des nerfs d'acier pour visionner cette version ouvertement clinique et explicite de Carmen sans émettre de rires nerveux. Exploit auquel je ne suis pas parvenue... Pour la finesse, décidément, on repassera.

Hamlet, d'Ambroise Thomas (Gran Teatre del Liceu - Barcelone 2004), avec Natalie Dessay, Simon Keenlyside et Béatrice Uria-Monzon.

L'opéra français m'intrigue. Et c'est dans cet esprit que j'ai entrepris le visionnage de cette version d'Hamlet d'Ambroise Thomas. Et puis aussi un peu (beaucoup) à cause de sa distribution. Keenlyside est avec Thomas Hampson le baryton que j'apprécie le plus, parce qu'il chante aussi bien qu'il ne joue, malgré un répertoire parfois difficile d'accès (Britten, Adès,...). Quant à Natalie Dessay, elle excelle réellement dans tout ce qu'elle entreprend sur une scène d'opéra, et particulièrement dans les scènes de folie, devenues emblématiques dans la palette de ses rôles, de Lucia di Lamermoor à son rôle d'Ophélie. Alors, certes, cet opéra, hors sa scène de folie, jouée et chantée divinement par Dessay, ne comporte pas réellement de grands airs, et l'oeuvre est très encombrée de nombreuses scènes de récitatifs qui la rendent très hermétique. D'autre part, la mise en scène dépouillée, les costumes informes et pas toujours très flatteurs mettent parfois un peu mal à l'aise. La pièce de Shakespeare en elle-même étant déjà un oeuvre très asphyxiante, le spectateur n'est réellement pas aidé. Il faut tout de même préciser que l'adaptation en opéra a été nettement édulcorée par rapport à l'oeuvre originale, ce qui parvient à rendre le personnage d'Hamlet légèrement moins contestable, sans que cela lui ôte toutefois sa velléité légendaire. Cette version, même si elle ne m'a pas séduite entièrement, est certainement incontournable pour la prestation extraordinaire de Natalie Dessay, et pour les scènes de délire et de rage d'Hamlet interprétée par Keenlyside, tout aussi époustouflante vocalement que scéniquement.





16 octobre 2014

Thaïs : du roman à l'opéra


Thaïs, de Jules Massenet (MET 2008) - avec Renée Fleming et Thomas Hampson, dir. : Jesus Lopez-Cobos.

Thaïs est la plus belle et la plus vénérée des courtisanes d'Alexandrie. Athanaël, un austère moine cénobite, se fait la promesse de détourner Thaïs de sa vie de débauche, et de la rendre à Dieu. Il quitte son désert et se rend dans la grande ville, lieu de tous les tentations et de tous les excès, pour rencontrer la jeune femme et tenter de la convertir.

***

L'histoire de Thaïs, d'après le roman éponyme d'Anatole France, a en effet une trame assez simple. La matière de cet opéra repose donc très peu sur l'action, pour se concentrer presque strictement sur les réflexions que mènent les deux principaux protagonistes sur la spiritualité - ou plutôt, leur spiritualité propre, et leur rapport à la religion. Présenté comme cela, l'oeuvre pourrait paraître quelque peu hermétique, mais il n'en est rien. Il me faut préciser que j'ai vu l'opéra de Massenet - à qui je commence à vouer décidément un certaine adoration - dans sa version du MET de 2008, avant de lire le roman. Cet opéra m'intriguait à plus d'un titre, puisqu'il est surtout connu pour l'emblématique Méditation du Thaïs, aria au violon qui n'est pourtant qu'une transition du second acte (mais quelle transition !), durant laquelle la païenne Thaïs se convertit, et rejoint le moine Athanaël.

Je parlerai en premier lieu du roman, à la base de la construction du livret de Louis Gallet pour Massenet. Ecrit en 1890, le récit se base sur une ancienne légende chrétienne, retraçant la conversion de la courtisane Thaïs d'Egypte par le moine Paphnuce. La jeune femme, tirée de sa vie dissolue, mourra quelques mois plus tard comme une sainte dans le couvent qui l'avait accueillie.

Dans le roman, Paphnuce (transformé de manière heureuse en Athanaël chez Massenet), a connu dans sa jeunesse Thaïs, lorsqu'il vivait dans le siècle, et l'avait secrètement aimée. Devenu moine cénobite, et vivant une vie de recueillement et de prière dans le désert, celui-ci a une vision dans un rêve : Dieu lui ordonne de tirer la jeune femme de la débauche, et de la convertir à la religion du Christ. C'est ainsi que l'austère moine rejoint Alexandrie, où il est confronté à nouveau à la vie. Retrouvant un ancien compagnon de jeunesse, qui lui fournit argent et vêtement, Paphnuce se fait conduire chez Thaïs, où il trouve la jeune femme inquiète, aimant et haïssant à la fois la vie qu'elle mène, terrifiée à l'idée de perdre un jour sa jeunesse et sa beauté. Lorsque Paphnuce lui promet la vie éternelle, et l'amour inconditionnel dans la religion, Thaïs, au grand étonnement du moine, l'écoute. Le cheminement spirituel est en marche, et la jeune femme décide de suivre Paphnuce loin d'Alexandrie, après avoir incendié tous ses biens. Après un voyage à travers le désert, l'ascète laisse Thaïs dans un couvent, mais l'histoire est loin de s'arrêter en si bon chemin. A vrai dire, les ennuis, pour ce moine austère et rigide, ne font que commencer. Assailli de visions infernales, Paphnuce erre à travers l'Egypte, où il est la proie de tentations terribles, le ramenant encore et toujours vers Thaïs. Priant, résistant, se consacrant jour et nuit à la méditation, il finit par être terrassé : saisi de folie, il court vers le couvent où il a laissé Thaïs, où on la dit mourante. Parvenu à son chevet, il tente de la convaincre de le suivre, de l'aimer, mais la jeune femme, toute entière tournée vers Dieu, ne l'entend, ni ne le voit, et meurt dans une extase mystique.

Renée Fleming (Thaïs - MET 2008)
Il me faut être honnête : le roman ne m'a guère emballée. Disons que j'étais très curieuse de connaître le matériau de base de l'opéra, qui m'a paru au premier visionnage, assez singulier. Tout d'abord, parce qu'il présentait très peu de personnages, et que la trame m'avait semblé très sommaire, voire expéditive. On est loin, très loin, de débordements d'amour de Werther, ou des grands airs larmoyants de Manon. Thaïs est une oeuvre singulière, parce qu'elle est à fois très classique, et profondément atypique. Pas de grands airs connus, si ce n'est la fameuse Méditation, et un récit qui ne repose au fond que sur deux figures centrales, qui se suffisent amplement à elles-même. C'est davantage l'histoire d'une transformation, d'une conversion sur fond de profond lyrisme - une histoire donc très intériorisée - plutôt que le récit des tortures personnelles que s'inflige le moine cénobite Athanaël - Paphnuce chez Anatole France. C'est sur ce point justement que le lecteur du roman s'égare, se perd un peu, dans ces déferlements de châtiments corporels, de punitions et de jugements, auxquels le personnage se contraint. Le trait en est d'ailleurs tellement forcé, que cela prête parfois au sourire nerveux, ou même à l'exaspération. En lisant ces grands passages de pénitences, on pense presque à une version  revue et corrigée des Tentations de Saint-Antoine. C'est dire si cela est passionnant... Mais j'aime à penser qu'il s'agit d'une sorte d'anti-cléricalisme déguisé, d'une ironie très habile sur le pouvoir des croyances, et les dérives d'un certain extrémisme...

Thomas Hampson (Athanaël)

On comprend aisément que Louis Gallet, l'auteur du livret de l'Opéra ait largement choisi de passer ces aspects à la trappe, pour en revenir à la réflexion même de la conversion et de la confusion des sentiments du moine Athanaël envers Thaïs, et de la très haute mission qu'il s'est attribuée pour la ramener dans le droit chemin. L'opéra ne modifie donc guère le récit, en épargnant au spectateur les pénitences du moine, torturé plus par son amour pour Thaïs, que par des visions inspirées par le diable... Dans la version de 2008 produite par le MET, Renée Fleming est lumineuse, charmante, irrésistible, et sa voix absolument enchanteresse, pour incarner la Thaïs incendiaire d'Anatole France. Le duo qu'elle forme avec le baryton Thomas Hampson, est absolument parfait, d'autant que ce dernier possède une diction extraordinaire en français. Quant à son incarnation du moine cénobite, on le trouve toujours remarquable, car il est de ceux qui combine à merveille le chant et le jeu, notamment dans les registres de personnages noirs et austères. On applaudit avec autant d'enthousiasme ses errances intérieures, ses regards ténébreux ou ses larmes d'amour.


Des regards sévères de l'acte I...


... aux sentiments confus de l'acte II

Du reste, on est amené, plus d'une fois, malgré la singularité de la trame, à retenir quelques larmes émues. Pas de grands airs chantés, effectivement, mais une très grande beauté, un lyrisme presque céleste, porté par l'air récurrent de la Méditation, reprise dans certains airs, par l'orchestre, par les choeurs, jusqu'à la scène finale, à la fois ravissante et terrible, qui parvient à changer en  poésie la pesanteur du roman. Du reste, on se trouve transporté par l'ambiance générale, loin des questionnements obscurs et primitifs d'une religion encore à ses balbutiements, par la magie des décors chargés de fleurs et d'or, et par les costumes sublimes de cette production du MET, mis au point par Christian Lacroix... On retient son souffle et on frissonne devant tant de perfection.

Scène finale de l'acte III.
Afin de s'en faire une petite idée, voici l'air "O messager de Dieu... Baigne d'eau mes mains" :


Et la scène finale de l'acte III (attention, mieux vaut prévoir une boîte de kleenex) :

13 juin 2014

Coup de coeur en musique...

Encore un coup de coeur en musique, et un coup de coeur wagnérien, rien que ça... 
Malgré que j'éprouve toutes les difficultés du monde à me concentrer sur un opéra de Wagner, et encore davantage à l'apprécier peut-être réellement à sa juste valeur, je suis pourtant tombée sous le charme de l'Ouverture de Tannhäuser, ici dirigée par le très rigide mais néanmoins incontournable Christian Thielemann.

Ce morceau est sans doute presque aussi connu que la Chevauchée des Walkyries, tout aussi magnifique, puissant, profond et inspirant. Même lorsque l'on n'aime pas ou peu Wagner, on ferme les yeux, et on admire...

08 mai 2014

Werther, de Goethe à Massenet : un absolu d'amour et de mort (2/2)

Première partie de l'article : par ici

Dans cette seconde partie de ces modestes articles consacrés à Werther, je choisirai de parler de deux versions de l'opéra de Jules Massenet : celle de 2005, tournée à l'opéra de Turin, avec Roberto Alagna et Kate Aldrich, et de la toute récente version de Sir Richard Eyre au Met, avec les décidément incontournables Jonas Kaufmann et Sophie Koch.

Pourquoi avoir choisi de parler de ces deux versions ensemble ? Parce qu'au delà de la vision purement tragique et noire de l'oeuvre, c'est-à-dire, de la construction de la trame et du contexte sur l'instabilité émotionnelle du héros de Goethe, elles ont choisi de se pencher sur l'aspect follement romantique et lumineux des personnages centraux, qui était manifestement passé à la trappe dans la production de l'Opéra Bastille de 2010, abordée dans le post précédent.Celle-ci s'articule autour de personnages désespérés, plongés dans une atmosphère froide et lugubre, qui semblent vivre dès les premières scènes dans un drame perpétuel. Cela se conforme sans doute bien à la vision globale de l'oeuvre, et surtout à l'état d'esprit du personnage de Werther, compris dans cette version comme un être en plein malaise. Mais cela ne répond sans doute pas tout à fait non plus au "potentiel lumineux" qui émane aussi de l'histoire originale, et des personnages de Werther et de Lotte, et à l'absolu d'amour et de pureté du héros.


Avant d'incarner dans l'imaginaire collectif la quintessence de l'oeuvre dépressive, qui s'articule autour du personnage central, tragique et désespéré, l'histoire de Werther et de Charlotte est avant tout rayonnante, belle, tendre, avant de tourner à l'amour tourmenté. Lorsqu'on lit Goethe, on ne pourra pas nier que le héros soit un être mélancolique, tout entier tourné vers un idéal de pureté et d'amour, que sa sensibilité excessive et sa nature triste transformeront, une fois contrariées, en désir obsessionnel.
Au-delà donc de ses aspects funestes, on retiendra surtout à la lecture - et ce fut mon cas - le romantisme fou qui s'en émane. On comprend bien que cette histoire puisse s'adapter tout aussi aisément dans son côté sombre que dans son côté romantique pur. 

Werther (Roberto Alagna)

Ce dernier aspect est clairement traité par la version de l'opéra tournée à Turin (sans spectateurs, et le spectacle en devient inévitablement un peu distant), avec Robeto Alagna, splendide en Werther, et Kate Aldrich, lumineuse et courageuse Charlotte. On passera sur la piètre qualité de l'image et sur la saturation des couleurs de la vidéo, pour en venir aux interprétations très vivantes des deux interprètes. On est loin, très loin, des choix scéniques de Benoît Jacquot. Place ici à des décors réalistes, la façade de la maison du bailli, une terrasse sous le soleil, des intérieurs soigneusement décorés... C'est inévitablement au dernier acte que la scène s'assombrit, en même temps que Werther ne s'éteint. Kate Aldrich campe ici une Charlotte au charme timide, effacé, qui subit son mariage arrangé sans broncher. Loin d'être transparente, on compatit plutôt à voir son sourire forcé et ses gestes sans spontanéité envers son mari. Le Werther de Roberto Alagna, magistral, à la diction extraordinaire, incarne le héros romantique, le vrai, celui qui a le regard humide et les cheveux aux vents. Et cela dit sans aucune moquerie, car il est parfait pour incarner le personnage dans son côté gai, souriant, simple et vivant du premier acte. Peu à peu, le regard se voile, le sourire s'efface. Reste le héros grave, tout entier tourné vers son propre malheur, mais qui conserve pourtant jusqu'au dernier acte un magnétisme un peu sauvage, une impétuosité, qu'on ne retrouve pas forcément dans d'autres incarnations du héros de Goethe. 

Kate Aldrich - une Charlotte romantique et effacée
Viennent ensuite les scènes emblématiques "Pourquoi me réveiller, ô souffle du printemps" superbe, de l'acte III, et le frénétique baiser de Werther et Charlotte, puis la scène finale du suicide, tragique au possible, désespérée et déchirante de l'acte IV, de laquelle on ne peut vraiment ressortir sans verser une larme.

En résumé, cette version est à tout point de vue, charmante, si on excepte quelques défauts d'image. Les interprètes, y sont tous sans exception, fabuleux.

"Hors de nous rien n'existe et tout le reste est vain" - Acte III
Et pour se faire une meilleure idée de l'atmosphère de cet opéra, voici quelques extraits compilés à l'occasion de la sortie du dvd :



***

A présent, évoquons l'adaptation la plus récente de l'opéra de Jules Massenet, diffusée dans les cinémas le 15 mars dernier, en direct du Metropolitan Opera de New-York, magnifique réalisée par Sir Richard Eyre. Dans cette version, dont aucune production en dvd n'est prévue à ce jour, on retrouve le couple devenu quasiment mythique du ténor Jonas Kaufmann et la mezzo-soprano Sophie Koch (en remplacement d'Elina Garanca initialement prévue), dans les rôles-titres. 

Cette version, mieux que toutes les autres a su démontrer, par des décors lumineux, et pourtant très dépouillés, le force vivante et romantique de l'oeuvre de Goethe. Ce sont dans des petits détails scéniques et visuels, que l'opéra prend une autre signification. Le simple fait de le rendre plus vivant et plus gai dans les deux premiers actes, parviennent à renforcer le sentiment d'abandon et de tourmente des deux suivants. Et ce malgré le contexte dans lequel le spectateur est installé dès l'ouverture, où l'on assiste brièvement à la mort de la mère de Charlotte, qui n'est la plupart du temps qu'évoquée en filigrane. Ici, on se croit plongé d'emblée dans une atmosphère pesante, et ce n'est pourtant pas le cas. Charlotte et ses frères et soeurs, entourant joyeusement leur père, apparaissent comme une famille unie, aimante, et qui semblent vivre, malgré leur perte terrible, dans une complète harmonie. C'est d'ailleurs cette impression qui frappe Werther lorsqu'il aperçoit Charlotte, mutine, au milieu de cette joyeuse marmaille. Cette vision le séduit, autant que le spectateur. 

Charlotte (Sophie Koch) et "ses enfants"

Le Werther de Jonas Kaufmann est ici enfin souriant, enfin gai, même si on perçoit chez lui, dans l'expression de son visage et dans ses attitudes pensives, un être profondément triste. On sait comment Kaufmann a compris le personnage, et comment il est parvenu à lui donner encore davantage de profondeur ici, loin de la froideur de ses attitudes de la version de l'opéra Bastille. Son Werther vit et respire par exacerbation. Tout en lui semble prendre des proportions démesurées, que ce soit dans le bonheur ou dans les tourments. Certes, il apparaît toujours comme un jeune homme mal à l'aise en société, qui en présence de Charlotte, se comporte comme un adolescent timide, et qui les bras croisés sur sa poitrine et caché dans un coin sombre, se contenterait presque de la regarder et de l'aimer à distance. Ce n'est que grâce à la Charlotte de Sophie Koch, enjouée, joyeuse, que Werther se décide à sortir de sa coquille ; coquille dans laquelle il aurait ensuite préféré ne plus jamais avoir à rentrer. Cette transition est merveilleusement mise en place grâce à la scène du bal, romantique au possible, que l'on voit l'amour timide de Werther se transformer en une passion qui sert probablement à son âme tourmentée, d' "échappatoire". Cette scène, absente des détails du livret, est une charmante trouvaille du metteur en scène, car les sentiments peuvent s'y développer de manière claire, explicable, pour le spectateur. Bref, il s'agit d'une des nombreuses scènes à faire fondre tous les coeurs émus.

Scène de bal du premier acte, absente du livret, et ici entièrement réinventée.
Même le deuxième acte, pourtant considéré comme le plus lent, et celui dans lequel il y a le plus de temps morts, redevient, grâce à la mise en scène et aux talents des interprètes, délicieux et charmant. Or, c'est dans cet acte que l'on entend deux des plus beaux airs de Werther, dont "Lorsque l'enfant revient d'un voyage" (que J.Kaufmann interprète avec un déchirement et une passion extraordinaires),  mais également que l'on peut apprécier le personnage de Sophie, la petite soeur de Charlotte, interprétée par la pétillante et talentueuse Lisette Oropesa, qui paraît bien souvent un peu transparent, mais qui grâce à la vivacité et au charme de l'interprète, prend ici sa place parmi les personnages emblématiques de l'opéra. 
Même le personnage d'Albert, interprété par le baryton David Bizic, volontairement assombris dans le livret, parvient à retrouver un semblant de sympathie et de bonhomie. Albert, transformé en militaire, est un homme droit et bon, initialement sans froideur. C'est à la fin de l'acte II et au cours de l'acte III que le masque finit par tomber...

Lisette Oropesa (Sophie) et Jonas Kaufmann (Werther) 
Sophie et Albert (David Bizic) tentent de dérider un Werther en plein désarroi - Acte II
L'acte III marquant le retour de Werther auprès de Charlotte, à la veille de Noël (tiens, mais c'est presque dickensien tout ça), est un véritable tournant dans l'atmosphère enlevée et lumineuse du début. Charlotte est seule, isolée, malheureuse sans doute, peut-être pas du fait même de son mariage, mais par l'absence de Werther, dont elle relit sans cesse les lettres. Lorsqu'il se présente à sa porte, abattu, transformé physiquement, les traits tirés, mais le regard fou, Charlotte serait presque joyeuse, mais paraît si désespérément amoureuse, que la visite de Werther tourne au drame. Werther se reprend à espérer, et pris d'une frénésie terrible après avoir relu les vers d'Ossian (air qui a valu à Jonas Kaufmann une très longue ovation), réclame à Charlotte un baiser, dans un déluge d'amour fou et véhément.




Repoussé, Werther s'enfuit, et la déchéance physique et morale se poursuit inéluctablement. L'acte IV est déchirant, et c'est peu dire. On y voit de manière brute le suicide de Werther, et de longues traînées de sang s'imprimer sur les murs lorsque le coup de pistolet retentit devant un public éberlué (mais comment diable ont-ils fait pour que cela paraisse si affreusement réel ?) Jonas Kaufmann s'écroule, rampe face contre terre, pour s'éteindre en silence dans un coin sombre, quand surgit Charlotte. Alors, il est véritablement impossible d'expliquer à quel point les vingt minutes qui suivent sont merveilleuses, scéniquement, vocalement, et combien il est difficile de retenir ses larmes. Rien pourtant n'y est excessif, le jeu de Sophie Koch est tout en retenue, tout en tendresse, et Jonas Kaufmann donne à voir une fin extraordinairement sobre et digne, pour un personnage qui semble, en mourant, avoir enfin trouvé un apaisement, et la plénitude dans l'amour enfin avoué de Charlotte.





En conclusion, si vous voulez être séduite par l'opéra de Massenet, cette version est un excellent moyen d'y parvenir, mais mieux vaut préparer un bon paquet de mouchoirs... :)






***

Discographie et filmographie sélectives

CD

Direction : Antonio Pappano
Choeurs et orchestre de l'Opera Royal de Covent Garden

Avec Rolando Villazon et Sophie Koch 

A écouter absolument ! C'est l'une des versions les plus récemment enregistrée en public, dans laquelle on retrouve la merveilleuse Sophie Koch. (2012)

Rolando Villazon est un excellent Werther, mais il a, il faut le dire, une diction abominable en français... Ce qui gâche parfois un peu l'écoute.


Direction : Riccardo Chailly 
Orchestre symphonique de Cologne.

Avec Placido Domingo et Elena Obraztova. 

L'une des meilleures versions enregistrées en studio. A écouter, ne fut-ce que pour Placido Domingo, incontournable en Werther.

(Enregistrement de 1979)









DVD

Bien entendu, les deux versions précédemment citées dans cet article et dans le précédent, toutes deux disponibles sur amazon.












Mais aussi...

Une version récital, un peu particulière, puisqu'il s'agit de la partition pour un Werther baryton, réécrite par Massenet.

Dirigée par Michel Plasson, à la tête de l'Orchestre National du Capitole de Toulouse.

Avec Thomas Hampson et Susan Graham.

En cherchant bien, on trouve quelques extraits sur youtube.

(Enregistré en 2006 au Théâtre du Châtelet)






Une version de Werther, transposé dans les années 50-60, avec la toujours sublime et magnétique Elina Garanca...

Seul problème, pour moi : je ne suis pas parvenue à la regarder jusqu'au bout, en raison d'une réaction épidermique à Marcelo Alvarez... :)

Direction : Philippe Jordan

(2009)