15 décembre 2009

La Vengeance du Comte Skarbek - BD par Yves Sente et Grzegorz Rosinski

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Un bien singulier personnage fait son apparition dans le milieu très fermé des marchands d'art parisiens... Son nom est Mieszko Skarbek, et il prétend détenir plus d'une centaine de toiles du peintre Louis Paulus, mort depuis plus de dix ans dans des circonstances étranges. Le marchand d'art Northbook, avec qui le peintre avait signé un contrat d'exclusivité, parle de lamentables contrefaçons. Mais qui est Skarbek et que veut-il ?C'est que le lecteur apprendra au cours d'un procès spectaculaire, dans lequel le comte Skarbek semble déterminé à réparer l'honneur baffoué de Louis Paulus, en réclamant des dédommagements outranciers...

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Tout d'abord, je crois qu'il serait déplacé de parler de bandes dessinnées pour une oeuvre de ce genre. Chaque case est un pur bijou, tant au niveau du dessin qu'aux couleurs splendides, qui pourraient rivaliser avec des oeuvres impressionnistes de grande envergure... Il y a quelque chose dans la force du dessin qui rappelle les aquarelles de Turner ou de Constable, ou encore de certains Monet. Le trait et la couleur se sont finalement alignées sur le contexte de l'histoire, et sur son personnage principal, qui demeure l'énigme à part entière de cette oeuvre.
Au niveau visuel et expressif, La Vengeance du comte Skarbek est une réussite indéniable, presque hors-normes dans le paysage bédésite.
Pour le scénario, très alambiqué, particulièrement retors, avec un véritable clin d'oeil à Dumas et au Comte de Monte-Cristo, je n'ai pu m'empêcher d'être sceptique face aux vicissitudes permanentes des personnages principaux. Le monde est noir, et sans doute bourré de vices, certes, mais en faire l'étalage absolu dans la moindre action, cela me semble tout à fait outrancier. Il s'agit là d'une belle oeuvre, intelligente et très noire, qui se suffisait amplement à elle-même, mais les scènes légères et les moeurs dépravées de la plupart des femmes présentes dans ce livre sont tout à fait de trop. Elles sont dérangeantes lorsqu'elles apparaissent, ce qui est ma plus grande déception sur ce livre.
Les personnages quant à eux (masculins, il s'entend), sont très bien brossés, travaillés d'une façon magnifique... expressifs au-delà de toute imagination.
Un grand bémol, je le répète quant au traitement des personnages féminins, très peu flatteur, ce qui n'était franchement pas nécessaire, et qui peut presque paraître dégradant. Un courant qui est n'est pas si rare dans l'univers de la BD, et que l'on retrouve malheurement dans une oeuvre qui aurait pu frôler la perfection !

Le site officiel de la BD : http://www.comte-skarbek.com/ (site Dargaud)

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