30 juin 2010

Sir Arthur Conan Doyle, écrivain, médecin militaire, détective... et spirite.

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Je sors tout récemment de la lecture de La vie fantastique de Sir Arthur Conan Doyle, de John Dickson Carr, aussi l'envie d'écrire un petit article sur le créateur de Sherlock Holmes, du Professeur Challenger, ou du Brigadier Gerard, m'a immédiatement saisi...

La biographie de John Dickson Carr (que j'ai eu la chance de dénicher dans une bouquinerie dans une ancienne édition grand format, aujourd'hui introuvable), m'a un peu gênée sur certains aspects. Certes, l'holmesien convaincu connaît bon nombre de passages de la vie de cet écrivain de génie qu'était Conan Doyle, mais j'ai trouvé  plusieurs éléments d'un parti-prix assez déconcertant (voir les passages relatifs aux évènements qui ont précédé la première guerre mondiale), et c'est ce qui m'a finalement apporté quelques contrariétés et un sentiment d'incertitude quant à l'objectivité de l'auteur. Mais ce n'est pas ce livre qui m'intéresse dans ce post.

Arthur Conan Doyle (1859-1930), ce géant écossais de plus d'un mètre quatre-vingt, qui se destine tout d'abord à une carrière de médecin, après avoir réussi assez brillamment ses études à l'université d'Edimbourg, se tourne vers l'écriture... et vers la création du personnage qui le rendra célèbre dès 1887, le premier détective privé de l'histoire, j'ai nommé Sherlock Holmes.
Même si le premier volet de ce que l'on appelera plus tard 'le canon' connaît un succès plutôt moyen. C'est avec l'écriture du Signe des Quatre et des premiers récits courts que publie le Strand Magazine, que le succès lui arrive comme un électrochoc. Il n'y croit pas. Il ne peut pas croire que Sherlock Holmes puisse plaire aux lecteurs, qu'une littérature plutôt moyenne selon ses dires, puisse recontrer un tel succès, et que son éditeur lui propose de surcroît des sommes astronomiques pour continuer à en écrire... Car Conan Doyle a une véritable passion :  le roman historique. Mais les récits qu'il propose sur ce thème sont systématiquement refusés, ou ne connaissent pas le succès qu'ils méritent...
L'auteur connaît donc une période de rejet de son personnage, pourtant terriblement aimé et populaire, en vient à le détester, pensant qu'Il l'empêche d'écrire des choses meilleures, n'attendant qu'une chose : se débarasser de lui une fois pour toutes ! Après avoir déjà pensé à le tuer, il se ravise après en avoir parlé à sa mère, première adoratrice convaincue du détective, qui le sermonne comme un petit garçon, en entendant son fils évoquer une telle ignominie ! Mais il parviendra à ses fins malgré tout quelques années plus tard en le faisant sombrer - a priori définitivement - dans les chutes de Reichenbach.
Sous la pression des lecteurs, et du Strand, Conan Doyle écrit le Chien des Baskerville en 1892, et ressucite un peu plus tard le détective dans "La maison vide". Sa popilarité grandissant, l'auteur parvient à faire publier ses autres oeuvres (Micah Clarke, la Compagnie Blanche, les Réfugiés),qui connaissent finalement un succès très honorable... Sans compter les différents récits, contes et nouvelles, et les fameuses aventures du Professeur Challenger, qu'il publia entre 1912 et  1928  et qui eurent également un très grand succès.

Quand on s'aperçoit de l'étendue de son oeuvre, on a peine à s'imaginer qu'il pouvait trouver encore le temps de s'engager comme médecin militaire lors de la Guerre des Boers en Afrique du Sud, s'instaurer justicier dans le cadre d'affaires criminelles (voir la fameuse affaire George Edalji), se présenter aux élections du Parlement ou encore s'insinuer dans la politique internationale. Un homme énergique, presque hyperactif, que l'on aurait du mal à percevoir en se fiant à l'homme que l'on voit sur les  photographies de l'époque, et que l'on confondrait volontiers avec un certain Dr Watson...

Durant la guerre 14-18, Conan Doyle perd l'un de ses fils, son frère aîné Innes, et son beau-frère. Depuis quelques temps, il s'intéressait déjà au spiritisme. La perte de ses proches parents va le rapprocher plus encore de ce mouvement très en vogue mais aussi très contesté, auquel il va se dévouer corps et âme jusqu'à la fin de sa vie, s'épuisant jusqu'aux dernières semaines en conférences dans le monde entier...
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En matière de bibliographie, il est aussi très intéressant de lire "Conan Doyle Détective" de Peter Costello, ou encore le tout récent "L'homme qui était Sherlock Holmes : une biographie de Joseph Bell" d'Ely Liebow, qui s'intéresse davantage à la vie du professeur de chirurgie de Conan Doyle, mais dont une partie est consacrée au passage de l'écrivain sur les bans de l'université d'Edimbourg.

A suivre...

3 commentaires:

Popila a dit…

Ce livre m'a l'air tout à fait intéressant : merci de l'avoir chroniqué, Clélie ! ;)

A ma grande honte, je n'ai jamais réussi à accrocher aux romans mettant en scène Sherlock Holmes : je leur préfère les romans d'aventures de Conan Doyle.

En revanche, j'adore la série télévisée avec Jeremy Brett !

La vie de Conan Doyle et son rapport avec le héros de papier qu'il avait créé m'ont l'air tout à fait fascinants...

Gabriel a dit…

Hello Clélie !

Superbe article sur le père de Sherlock Holmes!
Je pense me plonger bientôt dans Conan Doyle Détective, de Costello, et, ne quittant pas l'univers de l'auteur, j'ai il y a peu fait une petite cure "Lost World" et je dois dire que l'adaptation que j'ai découvert avec John Rhys Davis dans le rôle de Chalenger et David Warner dans celui de Summerlee est de loin la plus proche, du moins la plus agréable du Monde Perdu de Sir Arthur Conan Doyle (excepté celle de 1925).
Mais je fais une petite pause après la méga-déception "The Undead". Je feuillette pour le moment The Six wives of Henry VIII, de Alison Weir (je viens de me remettre aux Tudors) qui est un bouquin remarquable !

J'attend en tout cas la suite de ce très beau post.

Gabriel

Clelie a dit…

Bonjour Popila ! Je suis ravie d'avoir de tes nouvelles !

Si tu aimes la série de la Granada, tu aimeras sans aucun doute les récits du canon, qui ont été magnifiquement transposé à l'écran entre 1984 et 1995...

@Gabriel : merci ;-)
J'ai lu Le Monde Perdu il y a 2 ans environ, et le Professeur Challenger est un personnage terriblement attachant ! Je n'en ai malheureusement vu encore aucune adaptation à ce jour.

Dans le prochain post, je m'intéresserai justement à la relation de Conan Doyle avec Holmes, en me basant sur les écrits de John Dickson Carr.

A très bientôt !