25 octobre 2011

Quelques lectures d'octobre...

Après ce long silence, voici sur cette page, une présentation rapide de quelques oeuvres lues lors du mois écoulé...



Le Bonsaï, de Pierre Boileau et Thomas Narcejac.

Dans un centre de revalidation, dirigée d'une main de fer par un américain richissime, les lettres de menace se succèdent, jusqu'au jour où l'un des pensionnaires est assassiné.

Entre un psychiatre arrogant, un chercheur concourrant au prix Nobel, et la fille du propriétaire de la Fondation rongée de frustrations, le commissaire Clarieux s'efforcera de forcer les portes de cet univers délétère, où règnent la souffrance et la dissimulation.

Boileau-Narcejac font partie depuis longtemps de mes auteurs fétiches. Après avoir succombé au charme vénéneux de Maléfices, des Diaboliques, ou encore du très émouvant Contrat il y a plusieurs années, je me suis replongée avec délices dans l'ambiance si particulière de l'oeuvre de ces deux auteurs incontournables de la littérature policière.



Les Dames de Croix-Mort, de Georges Ohnet

Régine de Croix-Mort et sa fille Edmée, coulent des jours paisibles dans leur campagne solitaire. L'arrivée dans le voisinage de Fernand d'Ayères, séducteur et viveur sans scrupules, va boulverser la vie des deux femmes, jusqu'à l'inévitable drame.

Ah ! Georges Ohnet, j'avoue qu'en terme de littérature populaire du XIXe, il s'agit sans doute de l'un de mes auteurs favoris ! Le Maître des Forges, la Grande Marnière et Serge Panine sont ses trois oeuvres les plus connues, mais également les seules qu'il est encore possible de trouver sur le marché du livre d'occasion (car enfin, les livres de l'auteur n'ont plus été réédité depuis les années quarante !). Quelle chance de tomber en bouquinerie sur ce titre inconnu, et au contenu si délicieux... Il est vrai que l'on peut et pourrait toujours reprocher à Georges Ohnet un style très sentimental, où se mêlent les situations romantico-dramatiques, rythmées par les évanouissements intempestifs d'une héroïne soupirante.

Seulement voilà : le style de Georges Ohnet est incomparable quand il s'agit de décrire la campagne, les forêts, les champs, la beauté des choses, dans une langue délicate, sans excès. En quelques lignes, il plonge son lecteur immédiatement dans le décor, et l'y fait se sentir comme chez lui. Une fois que l'on ouvre un livre de Georges Ohnet, on ne le referme qu'une fois terminé, achevé, ressassé. Car, au-delà du caractère bien sentimental de son oeuvre, il y a une finesse psychologique qui retient l'attention, qui l'attise, et qui ne la laisse pas en paix. Le personnage du don juan abject chez Georges Ohnet, a quelque chose du Lovelace de Richardson, dans ces obstinations poussées jusqu'à la folie.

Le Roi Fantôme, de Pearl Buck

Sir Richard et Lady Mary sont les propriétaires d'un magnifique château anglais, qu'ils ne peuvent plus se permettre d'entretenir.
Un acheteur américain se présente, mais qui n'a d'autre idée en tête que de démanteler la demeure, pour la reconstruire de l'autre côté de l'Atlantique, et leurs occupants ne peuvent se résoudre à un tel déchirement.

Lady Mary et Kate, la fille du maître d'hôtel, vont demander l'aide des invisibles occupants de cette forteresse médiévale...

Le résumé très alléchant de ce probable conte gothique, très inhabituel dans l'oeuvre de Pearl Buck, est un récit passionnant.
Le roman, prévu pour être adapté au cinéma par l'auteur (malgré qu'il ne l'a jamais été, et cela est d'ailleurs tout à fait dommage), dépeint des personnages preque désuets, tout d'abord délicieusement décalés, puisqu'ils semblent évouluer en dehors du monde. Or, cette demeure, à l'image d'un Manderley ou d'un Dragonwyck, va peu à peu oppresser ses occupants et les pousser vers un abîme, duquel ils ne pourront plus sortir. Il y a quelque chose d'asphyxiant dans ce roman, et de terriblement surprenant, qui ne déplaira pas aux admirateurs du genre.

3 commentaires:

Popila a dit…

Le dernier livre me tente beaucoup ; je l'inscris d'office sur ma PAL ! ;)

Annwvyn a dit…

Je viens toujours ici avec beaucoup de plaisir. Et cette fois-ci, Clélie, c'est Georges Ohnet que tu me fais découvrir. Je ne connaissais même pas son nom... j'espère pouvoir me procurer certains de ses romans !

Clelie a dit…

@Popila,

Je n'ai pas été déçue par ce roman de Pearl Buck très atypique ! Je te le recommande vivement !

@Annwvyn : c'est toujours un immense plaisir de te lire ! J'ai découvert tout récemment que Georges Ohnet avait fait l'objet d'une réédition récente, pour la série "Les batailles de la vie", dont le Maître des Forges fait partie. La plume est excellente, et tellement agréable !

A très bientôt, et au plaisir d'avoir vos avis sur ces romans !