01 mars 2013

Haïr délivre


Ici la tombe, là le chaos ; sur ma tête
La noirceur, sous mes pieds la chute ; où je m'arrête,
La profondeur s'écroule, et tout est vide ; eh bien !
Tous ces gouffres mêlés sur moi ne seraient rien 
Si je pouvais donner le change à ma pensée,
Moi-même m'enivrer de ma fureur versée,
Et me persuader que je hais ; Ce n'est pas
De la crypte stupide et sourde du trépas,
Ce n'est pas du cachot, du puits, de la géhenne,
Ce n'est pas du verrou, ce n'est pas de la chaîne,
C'est de son propre coeur qu'on est le prisonnier.
Haïr délivre.

Dans le Ciel - Hymne des Anges
Pensée - Chant XIII
La Fin de Satan, Victor Hugo

2 commentaires:

Lorinda a dit…

Quel bel extrait des poèmes de Hugo ! J'avoue ne pas avoir eu le courage de m'intéresser encore à sa poésie (le genre en lui-même me rebute assez) mais le titre "La fin de Satan" m'a toujours intriguée. Et si en plus tu le mêles à une image de ce cher John Jasper ! Je crois que j'aurais encore envie de m'y replonger et d'accompagner ta quête droodesque...surtout que ça fait plusieurs fois qu'en librairie je vois des livres relatés au sujet (Drood de Dan Simmons étant le dernier en date). Incroyable comment l'interprétation d'un acteur a réussi à donner une telle valeur au personnage, à moins que ce ne soit notre côté frollophile qui nous le fait voir ainsi...
A ce propos (je t'en parlerai davantage dans le mail que je suis en train de te rédiger, enfin), Matthew Rhys joue actuellement dans une série historique, "The Americans" où il interprète un espion du KGB se faisant passer pour un Américain avec sa femme (elle aussi espionne) et leur famille tout à fait normale et américaine...Son jeu n'est pas aussi saisissant que dans Edwin Drood ou The Scapegoat, mais c'est intéressant pour l'instant !
A très bientôt !

Clelie a dit…

Hello Lorinda !
J'ai toujours un tel plaisir à lire tes commentaires si frollophilement enthousiastes !
Ah, j'avoue être tombée sous le charme de la poésie de Victor Hugo grâce à ma prof de français il y a des années, et j'ai dévoré plusieurs recueils et anthologies en tout genre depuis. Bon évidemment, il y a des sujets ou des thèmes qui nous parlent et d'autres pas (poèmes politiques, pamphlets, poèmes historiques ou épiques ne me touchent pas du tout), mais par contre sa poésie romantique, qui louche encore beaucoup sur le classicisme lamartinien, est absolument une merveille !
Je crois que la Fin de Satan est une de ses dernières oeuvres, et même si elle est manifestement très épico-religieuse ^_^ , il y a des extraits comme ceux-là, qui te sautent aux yeux, et qui te rappellent inévitablement que Claude Frollo est né de cette même plume... *soupir*
En le lisant, j'ai tout de suite pensé à Jasper. "Haïr délivre...", et pouf, l'image de Matthew Rhys dans le rôle s'est imposée immédiatement... ! Il n'y a pas à dire, il demeure sa meilleure et sa plus cohérente incarnation : tour à tour inquiétant ou tragique, d'une apparente mesure, ou porté aux pires excès, et parvenant, in fine, à susciter une certaine pitié dans la dernière scène (qui me laisse à chaque fois complètement chamboulée)... C'est admirable ! Mais tu as raison, c'est notre petit coeur de frollophile qui s'exprime sans doute un peu aussi ^_^ !

Dans le genre, j'ai visionné la version de 93 avec Robert Powell, qui n'est pas mal dans son genre, car trèèès inquiétante (et Robert Powell plutôt impressionnant dans ce rôle vraiment taillé sur-mesure), mais sans doute loin d'être aussi faillible et humain que le Jasper de Matthew Rhys. Il faudrait que je prenne le temps d'en parler dans un article dédié, car cette adaptation le mérite amplement !
Concernant Drood de Dan Simmons, il trône sur ma pile de bouquins à lire depuis des lustres, et je n'ai pas encore eu l'occasion de le commencer...

Ouiii, j'ai entendu parler de The Americans, mais je n'ai encore visionné aucun épisode. Le sujet ne m'attirait pas beaucoup, mais je vais suivre ton conseil !

A très bientôt et au plaisir de te lire !