11 mars 2014

"En vain, j'étends mes bras vers elle"

"En vain, j'étends mes bras vers elle, le matin, quand je sors peu à peu de mes rêves pénibles ; en vain, la nuit, je la cherche auprès de moi, quand un rêve heureux, innocent, m'a abusé et fait croire que j'étais assis à ses côtés dans la prairie, que je tenais sa main et que je la couvrais de mille baisers. Ah, lorsque à demi vacillant dans le sommeil, je tâte à mes côtés croyant l'y trouver et que ce faisant je m'éveille, des torrents de larmes s'échappent de mon coeur oppressé : et inconsolable devant mon avenir solitaire, je pleure."
Les souffrances du jeune Werther, de J.W.von Goethe
Livre premier, journal du 21 août. 

4 commentaires:

Lorinda a dit…

Et là on comprend bien pourquoi ce livre semble empli d'un tel romantisme ! Voilà un bien beau passage, triste mais éclatant de sincérité aussi...je ne sais pas s'il y a un quelconque côté autobiographique de la part de l'auteur dans cette oeuvre, mais en tout cas il trouve des mots qui touchent...
(l'opéra a dû te plaire, vu les images ^^)

Clelie a dit…

Oui, d'ailleurs je ne m'attendais pas à ce que le roman de Goethe me plaise autant... L'image du romantisme quelque peu larmoyant de l'oeuvre m'avait toujours rebutée, et j'ai été très agréablement surprise d'y trouver quelque chose de plus grand et de plus élevé que cela, quelque fois drôle, souvent tendre. Certes, Werther n'est pas un personnage qui brille par sa joie de vivre ^_^, mais c'est aussi une ode à la quête de l'absolu. J'ai trouvé cela tellement élevé et poétique, que j'ai été assez chamboulée par cette lecture, comme je ne l'avais pas été depuis longtemps.

Et je te confirme : l'opéra de Massenet version MET et Richard Eyre, était extraordinaire... C'était une version lumineuse et belle, beaucoup plus intime que la version de l'Opéra Bastille, qui malgré un très grand esthétisme, demeure très froide, comparée à la version plutôt "colorée" de Richard Eyre. Le couple Koch/Kaufmann fonctionne, comme d'habitude, à merveille... Ils étaient parfaits, et c'était follement romantique du début à la fin... J'aimerais d'ailleurs bientôt commencer un article sur le sujet, si j'ai un peu de temps...

Clelie a dit…

Ah oui, j'ai oublié de préciser que Goethe s'était en partie inspirée de son propre vécu pour écrire Werther (il était amoureux d'une jeune fille déjà fiancée, qui portait le même nom que son héroïne, Charlotte, transformée dans le roman en "Lotte"). Cela dit, Goethe semble s'en être beaucoup mieux remis que son héros... ^_^

Lorinda a dit…

Oui, on m'a dit que le romantisme larmoyant en avait lassé beaucoup, ce qui me faisait reculer pour le lire, mais si c'est bien passé avec toi, ça ne doit pas re si terrible que cela ! Mais un amour, surtout romantique, tend toujours vers l'absolu ; comment ne pas y être sensible ?...Je vais essayer de le lire dès que possible, même si j'ai quelques ouvrages prioritaires avant....
N'hésite pas à faire un article sur l'opéra, surtout, je serai vraiment ravie de le découvrir à travers ta vision et ce que tu as ressenti.
Goethe a au moins eu une meilleure fin que son personnage. Mais ça explique du moins pourquoi son oeuvre a tant touché les gens...^^