01 juillet 2014

Elementary - saison 1 (CBS)


Elementary - saison 1 (CBS)

Une vingtaine d'épisodes de 45 minutes composent cette première saison d'Elementary, énième avatar de Sherlock Holmes, en version remasterisée à la sauce XXIème siècle, avec la particularité que notre cher détective se trouve cette fois flanqué d'un Watson en version féminine, pour résoudre des enquêtes sordides dans les sombres venelles new-yorkaises. 

Il me faut être honnête, je n'ai pas franchement détesté cette version sans doute parce que je m'attendais à bien pire... Johnny Lee Miller incarne un détective surdoué, ex-drogué, surveillé de près par sa marraine d'abstinence, le Dr Joan Watson, campée par Lucy Liu. Cette cohabitation forcée ne devait durer que quelques semaines, le temps pour Sherlock de reprendre sa vie en mains ; or, Joan se prend au jeu de l'étrange métier de consultant de son "patient", et une singulière complicité aidant, Joan finit par rester en devenant l'associée de Holmes. 

Bien sûr, on aurait le temps de hurler au scandale à chaque faux-pas du scénario, sur le fait que Watson soit une femme, ou sur les moeurs très légères de Holmes, mais à vrai dire, on n'en a pas réellement envie. Car, nous sommes très loin sur le fond, comme sur le forme, de Holmes, du vrai, celui qui évoluait, strict et sévère, dans les brumes du Londres victorien.

Johnny Lee Miller campe un personnage certes original, mais perpétuellement sur le fil, une sorte d'enfant capricieux et turbulent qu'il faut sans cesse surveiller ou recadrer. Lucy Liu est une sorte de catalyseur d'émotions, une grande soeur bienveillante, quoiqu'un peu monocorde. On aurait pu s'attendre à toutes sortes d'ambiguités au sein de cette cohabitation, or il n'en est rien, et c'est tant mieux. Cette série se concentre principalement sur les intrigues, qui tiennent plus des Experts que de Sherlock Holmes, un peu aussi sur l'addiction de Holmes à l'héroïne, sur ses amours malheureuses avec Irène Adler (si, si), et j'en passe. Hélas, trois fois hélas, je pense qu'Elementary, même s'il s'agit d'une série plaisante à regarder, sans trop de prises de tête, ne remplit guère sa mission. C'est une série policière, point. Quant à dire qu'il s'agit d'une série holmesienne, j'aurais plus de réserves à ce sujet... Comme on peut le craindre de manière très légitime, il était très difficile de passer après "Sherlock", version BBC : quelle originalité nouvelle pouvait être tirée d'une deuxième transposition moderne, et à si peu de temps d'intervalle... ? La série Elementary a donc quelque peu glissé dans la facilité, et ne parvient donc pas à rendre son personnage-phare aussi charismatique qu'on le voudrait...



1 commentaire:

Perséphone a dit…

Nous avons le même avis! C'est une série policière gentillette mais pas du Sherlock Holmes. Dommage.