04 juillet 2014

Le comte de Monte-Cristo, téléfilm de Denys de la Patelière (1979)

Le comte de Monte-Cristo (1979), réalisé par Denys de la Patelière, avec Jacques Weber, Carla Romanelli, Jean-François Poron, Roger Dumas, Manuel Tejada, Henri Virlojeux.

Edmond Dantès, jeune marin promis à un bel avenir, est accusé à tort de complot contre la monarchie et est arrêté le jour de ses noces. On l'envoit précipitamment au Château d'If, sans autre forme de procès. Dantès comprend alors qu'il a été victime d'une machination. En prison, il rencontre l'abbé Faria, qui lui confie le secret d'un trésor fabuleux qui se trouve dissimulé sur l'île de Monte-Cristo. Plusieurs années se passent avant que Dantès n'ait l'occasion de s'évader et de rejoindre l'île où il découvre les richesses promises par l'abbé. De retour à Paris, Dantès, sous l'identité du Comte de Monte-Cristo, prépare sa vengeance...

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J'ai appris l'existence de cette version il y a plusieurs années, en visitant justement le château d'If, où elle était vantée comme la meilleure adaptation réalisée à partir du très volumineux roman de Dumas. En près de 6h, elle retrace en effet  fidèlement la trame, mais aussi l'ambiance très noire, et finalement très peu romantique de l'oeuvre. Chose paradoxale, car Monte-Cristo/Dantès bénéficie bien souvent de l'image du justicier-dandy, étrangement véhiculée par l'imaginaire collectif, et forgée sans doute aussi par les adaptations précédentes, ou suivantes (voir celle réalisée par Josée Dayan avec Gérard Depardieu), qui ont un peu, voire beaucoup, aseptisé le propos. Pour ceux qui ont lu le roman, ou qui auront vu cette adaptation avec Jacques Weber, on peut dire que tout y est : la dureté de l'âme de Dantès, et son inflexibilité extrême. Que l'on s'y entende bien : Monte-Cristo n'est pas un héros, il n'a d'autre but que d'assouvir sa vengeance, et il le fait d'ailleurs avec une sorte de joie mauvaise. Il n'oeuvre ni pour le bien, ni pour le mal : il applique avec méthode et froideur sa propre loi, celle du talion. Jacques Weber incarne à merveille cet aspect du personnage, calculateur et manipulateur, servi par une réalisation très froide, quoiqu'un peu distante, et une magnifique galerie de personnages secondaires, dans lesquels on retrouve d'éminents acteurs comme Roger Dumas ou Henri Virlojeux, ainsi que quelques acteurs étrangers. Certes, l'image a vieilli, la qualité de la bande sonore n'est sans doute pas toujours au rendez-vous, mais c'est effectivement l'une des meilleures adaptations existantes, car infiniment respectueuse de l'oeuvre originale. Elle rend magnifiquement hommage à la réelle noirceur du personnage emblématique créé par Dumas et Auguste Maquet en 1844.

A voir !

2 commentaires:

Flo a dit…

Salut, j'espère que tu vas bien ^^
Je connais bien sûr cette adaptation, de nom, ou même d'affiche, mais je craignais qu'elle ait trop vieillie, ou résume trop ce magnifique roman, comme c'est le cas pour certains films sur Les Misérables. En tout cas, ton article renouvelle mon intérêt pour cette adaptation.

Clelie a dit…

Coucou Flo !
Je vais très bien, je te remercie !

C'est certain que l'adaptation a un peu vieilli, surtout la bande-son. Néanmoins, j'ai vraiment une grande affection pour le Monte-Cristo de Jacques Weber, très différent de ce que l'on a pu voir dans d'autres adaptations, car collant au plus près au personnage créé par Balzac.

Je te la conseille !

J'espère que tu te portes bien aussi de ton côté !

A bientôt.