12 janvier 2017

Victoria (ITV 2016)


Minisérie de 8 épisodes de Oliver Blackburn, Tom Vaughan et Sandra Goldbacher.

D'après le roman éponyme de Daisy Goodwin, "Victoria".

Avec Jenna Coleman (Victoria), Rufus Sewell (William Lamb, viscount of Melbourne), Tom Hughes (Albert of Saxe-Coburg & Gotha), Catherine Flemming (Duchess of Kent), Peter Firth (Duke of Cumberland), Paul Rhys (Sir John Conroy), Nigel Lindsay (Sir Robert Peel),...

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A la mort de son oncle, William IV d'Angleterre, la jeune Victoria devient à l'aube de ses dix-huit ans, la nouvelle monarque de l'un des pays les plus puissants d'Europe. Desservie par sa jeunesse et son inexpérience, la jeune femme peine à trouver ses marques au sein de ce système rigide, tandis qu'elle cherche à se défaire de l'influence de sa mère et de son ambitieux conseiller, Sir John Conroy... Grâce au soutien indéfectible de son premier ministre, Lord William Melbourne, Victoria parvient à affirmer son autorité dans un pays en pleine mutation, et ce malgré les pressions politiques et celles, plus insidieuses de sa propre famille...

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Cette série produite par ITV et diffusée en 2016, s'attarde sur les premières années du règne de Victoria, depuis son accession au trône en 1837, jusqu'à la naissance de son premier enfant en 1840, une période relativement brève, donc, mais qui contient son lot d'événements notables.

Le roi William IV d'Angleterre étant mort sans héritier légitime, la couronne revient à sa nièce Victoria, jeune femme de dix-huit ans, que sa famille pense incapable de gouverner. La jeune monarque, campée par la resplendissante et impériale Jenna Coleman, peine quelque peu à trouver sa place, et ne trouvera aucun soutien du côté de sa famille, entre une mère qu'elle méprise, le conseiller de sa mère qui tolérerait tout à fait d'installer une régence pour servir ses propres ambitions, et un oncle paternel qui ne cache pas sa rancoeur à avoir été écarté de la succession. Lors de ses premières apparitions publiques, Victoria est impressionnée, gauche, et elle trouvera un surprenant appui auprès du premier ministre, Lord Melbourne (interprété par le ténébreux Rufus Sewell), qui lui offre conseils et protection.

Jenna Coleman et Rufus Sewell


Leur entente est d'ailleurs si manifeste que Victoria, encore célibataire, finira par être surnommée "Mrs Melbourne"... La série s'est évidemment jetée dans la brèche, exploitant cette rumeur pour présenter une délicieuse histoire d'amour contrariée entre les deux protagonistes, avec d'un côté une jeune femme aux sentiments exacerbés, excessifs, et de l'autre un Lord Melbourne paternaliste, dévoué - et secrètement épris de la reine - interprété avec brio par Rufus Sewell qui use merveilleusement de ses regards énigmatiques et de son charisme de héros tourmenté... Du reste, ce couple au summum du romantisme est simplement magnifique à l'écran...

Rufus Sewell (Lord Melbourne)

Quant au prince Albert, le neveu du roi des belges Léopold Ier, et le propre cousin de Victoria, campé par Tom Hughes, osons dire qu'il est complètement transparent, ou peut-être pire que cela : il est antipathique au possible. Son personnage apparaît immédiatement comme un jeune homme sans envergure, presque détestable. On peine vraiment à se demander ce que la reine peut bien lui trouver, sinon qu'il apparaît davantage comme un parfait dérivatif à son attachement contrarié à Lord Melbourne. Le personnage peine vraiment à susciter la sympathie du spectateur, même si il semble s'amender quelque peu dans les deux derniers épisodes...

Tom Hughes (le prince Albert de Saxe-Cobourg et Gotha)

Du reste, la série est absolument charmante au niveau visuel : les images sont splendides, extrêmement soignées, les costumes, les décors, tout y est éblouissant et offre à tout point de vue un spectacle complet et attachant. Alors bien sûr, au point de vue de la réalité historique, la série est très respectueuse du contexte général, dépeint merveilleusement l'époque et ses carcans, mais elle est peut-être loin du compte quand elle évoque et enjolive l'attachement de la reine à son premier ministre, qui demeure malgré tout le point de convergence des 5 premiers épisodes. Cela dit, Lord Melbourne et la reine Victoria s'appréciaient, dit-on, énormément, et même lorsque ce dernier ne fut plus le chef de son gouvernement, la reine continua d'entretenir avec lui une correspondance assidue. Correspondance à laquelle elle dut mettre un terme, sous les insistances du prince Albert, qui la voyait d'un très mauvais oeil... Mais il n'y eut apparemment rien de plus qu'une profonde amitié entre la monarque et l'ancien ministre whig. En bon coeur de midinette que je suis, je ne peux pas nier que le postulat de la série ne soit pas à tout point de vue irrésistible à l'image... A vrai dire, on ne peut que s'en régaler, et on envoie allègrement au diable la réalité historique...




Une très belle et charmante série à visionner donc, sans modération, qui bénéficie également d'une magnifique bande originale. Ci-dessous, un extrait du splendide générique d'ouverture, ainsi qu'un aperçu du premier épisode :



2 commentaires:

clairebelgato a dit…

cette série a l'air romantique à souhait ! Par contre, je tique devant les faux yeux bleus de Jenna Coleman !

Clelie a dit…

Ouiii, c'est une très belle série romantique. Mais attention, ce n'est pas complètement guimauve non plus, il y a un très bon équilibre entre l'aspect historique de la série et le côté fleur bleue... Disons qu'elle est juste très bien réussie ! Mais je suis d'accord, moi aussi j'ai tiqué devant le regard bleu de Jenna Coleman, qui donnait vraiment une drôle d'impression... Je me demandais pourquoi elle avait ce regard étrange, jusqu'à ce que je me rende compte que l'actrice a les yeux marrons et qu'elle portait des lentilles de couleur... En tout cas, je recommande vraiment, parce que c'est une série qui fait vraiment beaucoup de bien... Un peu de douceur dans ce monde de brute... :)