18 août 2009

La Poupée Sanglante et La Machine à Assassiner de Gaston Leroux

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Résumé

Benedict Masson, relieur d'art et poète de génie, mais atrocement laid, se meurt d'amour pour sa voisine, la belle Christine Norbert, la fille de l'horloger et la fiancée du prosecteur Jacques Cotentin. Benedict la sait amoureuse d'un étrange personnage, aux allures de statue de cire, qu'elle cache dans sa chambre... Qui est cet homme que nul ne voit jamais, et qui semble dénué de paroles et presque de vie ?
Cependant, quand Christine demande à Benedict de bien vouloir accepter un emploi à ses côtés chez le Marquis, qui la poursuit de ses assiduités, Benedict ne sait pas encore qu'il va être précipité dans une fresque horrifique dont il va devenir à la fois l'acteur et la principale victime. Accusé injustement de multiples meutres, le poète est jugé et condamné à monter sur l'échafaud... A moins que le prosecteur ne ravisse auparavant son âme à la mort...

Mon avis

Ce roman à deux volets de Gaston Leroux est à l'image des romans horrifiques et fantasmagoriques dont seul cet auteur de génie a eu le secret. A la fois très éloigné de la saga des Rouletabille et son style d'intrigue policière, à la fois proche du Fantôme de l'Opéra par la profondeur des personnages qu'il présente, La Poupée Sanglante et la Machine à Assassiner ont leur marque propre (même si on peut bien entendu faire le rapprochement avec le Frankenstein de Mary Shelley). Si on retrouve le style journalistique et précis de Gaston Leroux (dont c'est ici une des dernières oeuvres, publiée en 1923), l'utilisation répétitive de l'italique, sorte de choc "visuel" supplémentaire pour le lecteur qui ne peut s'empêcher d'y attacher toute son attention, les romans sont empreints d'un inévitable parallèle entre le scientifque et l'occulte, entre le rationnalisme et la croyance populaire, entre l'esprit cartésien et l'imaginaire le plus effroyable. Car si certains passages peuvent paraître tout bonnement farfelus, le contenu demeure profondément sombre et réfléchi, suggèrant des interrogations éthiques ou spirituelles qui laissent le lecteur pensif, voire grave.

En deux mots, il s'agit là d'une oeuvre qui ne peut laisser indifférent, qu'elle nous atterre ou qu'elle nous glace.


Si on peut sans aucun doute rapprocher certains personnages de ces romans avec ceux du Fantôme de l'Opéra (notamment au niveau de l'héroïne, dans la similitude des prénoms), ils entrent tout à fait dans une catégorie différente. Chrisine Norbert n'a pas grand chose à voir avec la Christine Daaé jeune et naïve, entièrement effrayée, presque passive et soumise du F de l'O. Christine Norbert est déterminée, impétueuse, en un mot l'antithèse de son (presque) homonyme.

Benedict a une âme semblable à celle d'Erik, malheureuse, géniale, mais violente. Une idée commune les unit : la grandiloquence de leur parole, voire la mégalomanie de leurs actes (puisque peu à peu, chez Benedict/Gabriel, l'absence de parole, est compensée brutalement par une apparence glacée et des actes grandioses, qui envahissent finalement à eux seuls tout l'espace narratif).

Reste aussi l'aspect non négligeable du vampirisme évoqué dans ces romans, qui hante véritablement toute la lecture, et que l'auteur parvient à expliquer d'une façon pour le moins suprenante et quasiment... scientifique... !


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A noter qu'une adaptation de la Poupée Sanglante a été tournée dans les années 70 sous la forme d'un téléfilm, avec Yolande Folliot, Jean-Paul Zehnnacker et Ludwig Gaum, malheureusement indisponible depuis de nombreuses années...

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La Poupée Sanglante et la Machine à Assassiner de Gaston Leroux, disponibles aux éditions Motifs.

8 commentaires:

Jigé a dit…

Salut amie d’Outre-Atlantique, c’est tout à fait par hasard, au gré de mes explorations des blogs, que j’ai atterri ici.

Beau blog (et bien illustré). Bravo! À part G. Leroux, il y a bcp plus d'auteurs anglais cependant. Tout le monde aime Conan Doyle, et son Holmes est un classique qu'on apprécie.

NOTE. Mon blog, qui parle officiellement de la connaissance de soi est un endroit magique où tu trouveras de quoi t’encourager à faire une fabuleuse découverte: toi-même. Et tu t’apercevras qu’on est un inconnu pour soi-même. Une partie de mon temps est consacrée à le faire connaître, alors si le cœur t’en dit tu es bienvenue.
Amicalement,
Jigé

Kepherton a dit…

J'ai adoré ces deux romans de Gaston Leroux. Ils font partie de ses oeuvres indépendantes (donc hors des cyles Rouletabille et Chéri Bibi) mais sont vraiment FA-BU-LEUX !!!

Ta chronique est très intéressante.

Clelie a dit…

Bonjour Jigé et merci pour ton message.
J'ai visité ton site, j'y reviendrai ;-)

Bonjour Kepherton et merci également pour ton commentaire sur la Poupée Sanglante.
Je trouve cette oeuvre plutôt à part dans les romans de Leroux que j'ai lus jusqu'à présent. Il est terriblement marquant.

A très bientôt,

Clelie

La liseuse a dit…

Je note ! c'est tout à fait ce que j'apprécie dans mes choix de lectures. et puis c'est l'occasion de découvrir un nouvel auteur et français qui plus est !

Clelie a dit…

Bonjour La Liseuse et merci pour ton commentaire !

Gaston Leroux est un auteur que j'apprécie énormément, j'espère qu'il te plaira autant qu'à moi !

j'ai visite ton blog, il est absolument intéressant et magnifiquement fourni ! Je place un lien vers ton site dans mes blogs amis ;-)

A bientôt.

Flo a dit…

Je viens de dévorer La Poupée Sanglante et la Machine à Assassiner ! C'était sensationnel, je crois que j'ai même préféré cette lecture à celle du Fantôme de l'Opéra. (Même si Erik me touche plus que Benedict, ce qui n'est pas peu dire). Encore une fois, nos avis se rassemblent. \o/

Aly Baby a dit…

J'ai bien aimé le livre..
Mais je n'ai pas bien saisi la fin..
Pouvez vous m'expliquer ? ^_^

Clelie a dit…

Bonjour,

Désolée pour avoir tant tardé à répondre... A la fin du roman, il est dit que Christine essaye de recréer l'automate Gabriel. Lorsqu'elle y parvient, et qu'il ne reste plus que "la pièce maîtresse" à y placer, càd "l'âme" de Benedict, celle-ci a disparu, alors qu'elle l'avait précieusement conservée. On peut supposer que son mari est sans doute derrière cette mystérieuse disparition, ne voulant pas voir sa femme lui échapper à nouveau...

C'est bien de cet épisode dont vous parlez ?